TOUT ET SON CONTRAIRENajat Vallaud-Belkacem se prend les pieds dans le tapis.Revenant d’une promenade, j’eus l’occasion d’entendre sur mon autoradio une grande partie de l’émission « Tous Politiques » (France Inter / France 24 / Le Parisien). Najat Vallaud-Belkacem porte-parole du gouvernement et ministre des Droits des femmes, » en était l’invitée, ce dimanche 29 septembre. Celle-ci qui protestait de la bonne foi du gouvernement auquel elle appartient voulait démontrer qu’avec les « emplois d’avenir », « contrats de génération », et autres emplois aidés, celui-ci redistribuait du pouvoir d’achat. Et comme ces interlocuteurs paraissaient sceptiques, elle contre-attaqua. « D’ailleurs – dit-elle – il faudrait voir à ne pas nous accuser de tout et son contraire. Ce gouvernement est celui qui a fait le plus d’effort pour l’amélioration de la compétitivité des entreprises. » Soit, on le lui concède. Le malheur pour la petite dame, c’est que cette phrase contredit la précédente. Chacun sait que « compétitivité » est d’abord synonyme de baisse des salaires et donc de récession du pouvoir d’achat. Dès lors si l’on s’enorgueillit d’avoir œuvré si bien et si efficacement pour la baisse de la masse salariale, comment peut-on dans le même temps prétendre que l’on a redistribué du pouvoir d’achat. Il est certes possible que l’on ait distribué différemment le pouvoir d’achat existant, d’ailleurs déjà ponctionné, et que certaines catégories de salariés bénéficient d’une partie des ponctions que l’on a faites sur d’autres. Mais si l’on a véritablement fait reculer le pouvoir d’achat des salaires et améliorer ainsi la compétitivité, cela signifie nécessairement que de manière globale l’on a confisqué plus de pouvoir d’achat, que l’on en a distribué.Najat Vallaud-Belkacem qui reprochait à d’autres de le faire, n’a-t-elle pas dit elle-même « le tout et son contraire » ?2 octobre 2013.
