L’EXCEPTION DE LA LOI À PROPOS DU REPOS DOMINICAL.

L’EXCEPTION DE LA LOIÀ PROPOS DU REPOS DOMINICAL.« Ces gens-là » parlent faux. Ils ne disent pas « nous allons faire baisser les salaires », ils disent « nous prenons des mesures pour améliorer la compétitivité des entreprises ». Ils ne disent pas « nous avons comme objectif de réduire la couverture sociale des Français », ils disent : « nous faisons baisser les charges des entreprises », ils ne disent pas « nous allons continuer à réduire les emplois industriels aussi longtemps que les salaires nationaux seront plus élevés que ceux de la Thaïlande ou de la Roumanie », ils disent « nous faisons de l’emploi notre priorité », etc.Il y a en effet diverses philosophies en matière « d’esprit des lois ». Certains ont recours parfois « aux lois d’exception ». Ceux que certains appellent encore « les sociaux-démocrates » pratiquent eux « l’exception de la loi », c’est même un de leurs stratagèmes favoris.C’est dire qu’ils édictent ou défendent des lois sociales : la retraite à 60 ans, « grande conquête de la Gauche de 81 », les 35 heures, « grande conquête de la Gauche de 97 », le droit au repos dominical. Ils prétendent même vouloir défendre fermement celles-ci. Pas question de les abroger, ni même d’en contester le principe. Leur technique à eux c’est la loi-cadre. Ou, à vrai dire, la loi-cadre-vide. Celle qui édicte un principe jamais appliqué. La loi qui « encadre ». « Allez donc vous faire encadrer » semblent-ils dire en effet tout bas à l’adresse des salariés. Il en va ainsi du droit à la retraite à 60 ans, ils affirment ne pas y toucher, mais allongent à 43 les annuités nécessaires donnant droit à une retraite à taux plein, modifient de surcroit le mode de calcul des pensions, si bien qu’en vérité plus personne ne pourra partir à l’âge ouvrable. Il en va de même pour la semaine de 35 heures, qui sortit des administrations est déjà devenu l’exception dans le secteur privé, submergée qu’elle est par les dérogations d’entreprises, débordée par la pratique massive des heures supplémentaires. La loi c’est le droit au repos dominical. À la loi, il y a, et c’est bien naturel, des dérogations. Certains secteurs comme la santé par exemple le nécessitent. La loi ce doit être la loi, et les dérogations ne devraient être que de l’ordre de ces « exceptions » qui, dit-on, confirment les règles. Ils sont d’accord. Le droit au repos dominical, c’est la loi, le Code du travail. Ils ne toucheront pas à ce principe nous disent à son de trompe ces « faux-culs ». « Nous ne transigerons pas sur le repos dominical », tonitrue Benoit Hamon ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation. C’était le 28 septembre. Le surlendemain « À l’issue d’une réunion lundi à Matignon entre le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et les ministres Sylvia Pinel (Commerce), Michel Sapin (Travail), Benoît Hamon (Consommation) et Pierre Moscovici (Économie), mission a été confiée à Jean-Paul Bailly de faire des propositions de réforme fin novembre. » (le Point.fr, 30 septembre 2013)Et bien sûr, comme Benoit Hamon l’avant-veille, Michel Sapin, lundi matin, jure aussi ses « grands Dieux» qu’il « ne s’agit en aucun cas de « toucher à cette règle » du repos dominical. » Non bien sûr. C’est bien vrai qu’ils « n’y toucheront pas. Fidèles à leur méthode ils la videront seulement de sa substance. Que croyez-vous donc que va faire la « mission Bailly », sinon étendre encore les dérogations, tant, qu’à la fin c’est la loi qui deviendra l’exception. « 2 octobre 2013.

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