LAMPEDUSA, CALAIS, FINIR LA BARBARIE CAPITALISTE

LAMPEDUSA, CALAIS, FINIR LA BARBARIE CAPITALISTEDeux faits sont survenus, dans l’actualité, qui illustre, chacun à sa manière, « l’HORREUR ÉCONOMIQUE » de nos temps et le cynisme sans mesure des dirigeants politiques de « nos pays dominants ».1 – À Calais, des immigrés syriens, fuyant la guerre et les destructions dans leur pays, se sont fait rudement éconduire par les autorités de la perfide Albion qu’ils avaient cru être le havre de leur sécurité. Voilà trois ans que « La France, Les USA, l’Angleterre mettent, par rébellion armée interposée, la Syrie à feu et à sang. Voilà trois ans qu’ils prennent des airs de donneurs de leçons, qu’ils pleurent leurs larmes de crocodile sur les victimes du conflit et les dizaines de milliers de réfugiés qui s’agglutinent aux frontières turques ou jordaniennes, qui cherchent refuge en Irak ou au Liban. Et ce sont ceux là, la France, l’Angleterre et les États-Unis, tellement responsables des malheurs qui accablent ses populations, qui ont l’indécence, l’outrecuidance, l’ignominieuse audace de refuser l’hospitalité aux « victimes collatérales » de leurs menées agressives, de leurs visées criminelles, des turpitudes de leur politique internationale ?.2 –Dans le même temps, tout près de l’Ile de Lampedusa, une embarcation surchargée d’immigrés venus de l’Afrique subsaharienne, a fait naufrage, provoquant à quelques centaines de mètres de leur terre promise, la mort de 350 êtres humains de couleur noire.L’économie planétaire, sous la férule de l’impérialisme économique, fonctionne tout entière pour le profit de quelques-uns et non pour la satisfaction des besoins des peuples. Quelques nations dominent cette économie mondialisée, et les autres, asservies, par divers moyens et sous diverses formes, leur sont des réserves de matières premières (charbon, pétrole, diamants, bois précieux, uranium,…) des fournisseurs de produits agricoles de base (banane, café, cacao,) des réserves de main-d’œuvre bon marché, voire même des décharges pour leurs déchets industriels. Les économies de ces nations serves, entièrement inféodées aux besoins du marché occidental ne peuvent décoller, ni se consacrer à la satisfaction des besoins de leurs populations. L’exode rural s’accentue, la misère vient s’agglutiner dans d’immenses bidons villes à la périphérie des grandes villes. Alors, des hommes et des femmes encore jeunes veulent échapper à cette fatalité, venir tenter leur chance dans ce qui vu de là a figure « d’Eldorado » capitaliste.Les pays de « l’eldorado » se claquemurent dans leurs frontières, dans leurs « espaces Schengen », sur l’autre berge, le côté château, de la grande douve (mer méditerranée) derrière « leurs rideaux de fer» (frontière mexicaine des USA), et refoulent les assaillants de la misère sans ménagement. Les capitaux sillonnent le monde à leurs grés et tel des rapaces s’abattent où bon leur semble pour faire leurs razzias de richesses, ou de forces de travail disponibles. Les chefs d’État, les « managers », les diplomates, les journalistes, les intellectuels, les militaires occidentaux se déplacent librement sur toute la surface du globe pour assurer la défense de leurs intérêts le service et la sécurité des capitaux. Mais les travailleurs misérables eux se voient refuser le privilège de cette libre circulation dont les dirigeants prétendent pourtant qu’il est un droit inaliénable des hommes. « Nous n’avons pas vocation, disent-ils hautains, à accueillir toute la misère du monde ». Eh oui, ils s’arrogent celle de le gérer le monde, de l’exploiter, de le diriger de le maintenir dans le servage et la nécessité, mais ils n’ont pas vocation d’ouvrir leurs portes et leurs cœurs à la misère répandue dont ils sont pour une large part responsables.Les quinquagénaires d’aujourd’hui, se rappellent de l’Odyssée de « boat-peoples» qui fuyaient le Vietnam libéré et se noyaient parfois en mer de Chine. Ceux-là n’étaient pas alors obligés de quitter leurs pays, ils auraient pu faire le choix de participer à sa reconstruction et à panser ses plaies, ils préféraient celui de l’exode pour les horizons capitalistes de la réussite individuelle. Vous vous souvenez pourtant de la propagande hystérique d’alors des médias occidentaux qui n’avait pas de mots assez durs pour cette admirable nation insurgée à laquelle, en vérité, ils ne pardonnaient pas de les avoirs vaincus. À présent que déferlent sur « la grande mare », venues d’Afrique, les embarcations de fortune des va-nu-pieds » de l’économie mondiale globalisée, on ne les entend guère s’indigner « les médias occidentaux ». Leurs récriminations quand ils en formulent vont aux victimes et aux vigiles qu’ils leur ont désignés. À ces pauvres pays qui ne sont pas capables de retenir leurs jeunesses, à ses gouvernements impuissants qui ne prennent pas les dispositions appropriées, aux pays « barrières » qui les protégeaient de la déferlante et ne le font plus depuis qu’ils sont, avec leurs armes sophistiquées et leurs troupes d’élite, allés y « foutre » le souk)L’empathie, l’émotion, l’indignation ou la colère, ne sont à ceux-là, les maitres du monde et la cohorte de leurs serviteurs, que des matières premières, comme d’autres, que leurs médias achetés moulinent, quand les maitres le jugent utile, pour justifier leurs exactions et leurs crimes, leurs rapines et leurs saccages.Mais les peuples, que disent les peuples ? L’HORREUR ÉCONOMIQUE serait-elle devenue la complexion de nos mentalités ? N’enjambe-t-on pas des jeunes gens qui encombrent comme des épaves humaines les trottoirs de nos villes ? Aurait-on ravalé notre empathie, comment s’émouvoir encore pour quelques centaines de traines savates dont le destin n’a pas voulu qu’ils viennent jusque-là manger de notre pain ?Lampedusa, Calais, les peuples sont subjugués, tétanisés, cela ne durera pas. Ces deux faits qui viennent de se produire à plusieurs milliers de kilomètres l’un de l’autre, et pourtant tellement concomitants, dans le temps et dans les causes, font honte à la conscience humaine là où elle subsiste. Ils provoquent l’émotion sincère « des hommes de bonne volonté ». Nous ne sommes pas des hommes de bonne volonté. Les larmes et les prières ne sauraient apaiser notre dégout ni notre colère. Que souffle enfin le vent de la révolte, que l’on en finisse enfin avec la barbarie capitaliste. Voilà notre cri, voilà notre crédo.6 octobre 2013.

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