L’AVEU D’ÉCHEC D’OBAMAHier, des forces spéciales des États-Unis sont intervenues dans deux pays africains. De leur propre initiative, sans aval des autorités des pays concernés ni bien sûrs sans le moindre mandat de l’ONU. Ils ont, disent-ils, déclaré la guerre au terrorisme et s’arrogent le droit de poursuivre « les terroristes » n’importe où sur la planète. Cela au mépris de la souveraineté et de la susceptibilité des États humiliés. N’est-ce pas la manière la plus outrancière d’affirmer leur souveraineté sur ce qu’ils considèrent être leur empire planétaire ?Certes, c’est cela et rien moins. Mais, et c’est le revers de la médaille, c’est aussi autre chose. En 2OO1, au lendemain des attentats du 11 septembre, Georges W Bush déclarait, disait-il, la guerre au terrorisme. En vérité à tous ceux qui refusaient le leadership américain. Dans sa brutalité, cet homme frustre, parvint à s’aliéner la France, qui fit usage de son droit de véto au Conseil de Sécurité de l’ONU, pour refuser de s’engager dans la meurtrière coalition américaine contre l’Irak. L’épisode eut pour effet, ceux-ci se passant de l’aval de l’ONU, de projeter les USA sur le devant de la scène internationale et de les mettre en situation d’assumer seul les conséquences désagréables de leur politique agressive. Telle était la faute de Bush cadet qu’il convenait de corriger au plus vite. Cette correction serait, quel qu’il soit, la mission première du président des États-Unis qui lui succéderait. Et il est vrai qu’à la réalisation de cette tâche un élu démocrate serait mieux placé.Le candidat démocrate « du système » fut cet élu. Il s’appelait Barak Obama et, cerise sur le gâteau, il était de race noire. Les médias occidentaux à la solde focalisèrent sur cet aspect des choses. L’Amérique où les noirs, se battaient encore, dans les années soixante et dix, pour l’obtention des droits civiques, élisait, moins de cinquante ans après un président noir. C’était la magie de l’Amérique, le retour du rêve américain. Un noir, un « démocrate », n’était-ce pas au demeurant la promesse de la fin de la politique internationale arrogante et agressive des États-Unis ?Certes, Sarkozy avait fait allégeance dès avant à son prédécesseur, l’abominable Mr Bush Junior. Il faut dire que par le caractère impulsif et brutal et par l’inculture, les deux hommes avaient quelques affinités. Il eut d’autant plus de faciliter à accéder aux doléances de la nouvelle administration Obama. Lui qui, ministre de Jacques Chirac dans le gouvernement de Villepin, regrettait publiquement que la France n’ait pas pris part à la coalition internationale contre l’Irak. Il n’eut pas de peine, quand ses amis américains en émirent le souhait, à endosser le costume du père Fouettard dans l’affaire libyenne. Dès lors, Les USA pouvaient se retirer de l’avant-scène, se limitant à tirer les ficelles de leur théâtre de marionnettes et fantoches. Ils allaient ainsi, défenseurs des droits de l’homme et des peuples, étendard de la démocratie planétaire, se tenant, dubitatifs, à l’écart de l’interventionnisme franco-anglais, se donner des allures de modérateur, redorer leur blason terni, faire remonter leur côte de popularité dans le monde arabo-musulmanLes promesses électorales nous a apprit Charles Pasqua sont faites pour ceux qui veulent y croire. Il en va de même des vessies, elles ne sont des lanternes que pour ceux qui consentent à s’illusionner. Le président des USA, qu’elle que soit la couleur de sa peau, et c’est ainsi qu’il se révéla, était le président de la première puissance mondiale qui aspirait au statut de leader d’un empire planétaire unipolaire..Le jeu de rôle s’est fracassé sur la réalité syrienne. Le masque est tombé quand Obama, contraint de sortir de sa réserve a voulu intervenir militairement quasiment seul et sans aval du Conseil de Sécurité. Quand il a avoué que ses motivations, nonobstant la « démocratie » et les questions humanitaires, étaient la défense des intérêts cruciaux des États-Unis d’Amérique. Alors, ceux-ci ont renoué avec leur statut de puissance agressive et de « gendarme du monde ». Ils voulaient s’en garder, mais se retrouvent à nouveau aux avant-postes et en subiront sous peu les conséquences dans les opinions arabes. C’est dans ce contexte que surviennent les expéditions punitives en Libye et en Somalie. Manière, peut-être aussi de laver l’affront que la diplomatie russe leur a infligé sur le dossier syrien. Ces démonstrations de force et d’arrogance ne sont-elles pas en vérité que des rodomontades ? D’aucuns voudront bien sûr nous les faire prendre pour des actes de bravoure. Mais ce ne sont en vérité que les gesticulations du désarroi, un aveu d’échec de la politique internationale de l’administration Obama.7 octobre 2013.Des ennuis techniques nous ont obligés à retarder la publication de cet article qui aurait du paraître hier avant minuit.
