Non il ne convient pas de condamner la violence populaire.
Nous avons en France un pouvoir méprisant et ultra violent qui n’a eu de cesse de provoquer l’indignation et d’attiser la violence sociale. Et lorsque la colère éclate on condamnerait la violence de la rue donnant ainsi au pouvoir un blanc-seing, carte blanche pour la réprimer. On se déclarerait du côté de « l’ORDRE » que l’on voulait abattre ?
Un Général, Chef d’état-major de l’armée française, « la voix de son maitre » de l’Elysée, a récemment invité les parents de consentir au sacrifice de leurs enfants. En quelque sorte promis un avenir de mort et de souffrance, à notre jeunesse française dans un combat inutile sinon pour engraisser encore les ultra-riches.
N’est-ce pas cela la violence ?
Et lorsque la jeunesse que l’on veut assassiner, se rebelle, on dirait « ha, la méchante ! », on condamnerait sa violence à elle qui n’est qu’une réponse désespérée à la violence d’Etat ?
Cela ne veut pas dire, parce qu’on en comprends le sens et l’explique, que cette violence urbaine soit une réponse adéquate à la situation politique et sociale. Cette violence-là est l’expression d’une colère tout à fait légitime et compréhensible, elle n’est pas de nature à relever le défi du temps. Elle n’est pas une bonne solution, et même pas une solution du tout.
« Non, Sire ce n’est pas une révolution, c’est une révolte ! »
La Révolution viendra. Comme toute les Révolutions elle aura ses poussées de fièvre et de violence. Non elle ne brulera pas des poubelles et des mairies, non elle ne pillera pas les commerces, elle attaquera les institutions de l’Etat, elle mettra aux arrêts le chef de l’Etat et ses ministres, elle bousculera les forces de l’ordre et les éventuelles fractions de l’armée qui s’aviseraient de vouloir protéger le pouvoir contesté, elle prendra le contrôle de tous les centres de pouvoir, politiques et économiques, des usines, des banques, des chaines de télévision et des grands médias..
Nous n’y sommes pas encore tout à fait. Les émeutes survenue ce 17 octobre aurait pu être évité si les acteurs politiques du pays avaient pris leurs responsabilités. Si plutôt que de se préoccuper de la « stabilité des institutions » ils s’étaient préoccupé de la souffrance du peuple. S’ils avaient viré Macron lorsqu’il était encore temps.
Mais, foin de le virer cette ordure ce sont eux qui nous l’ont d’abord collé dans les pattes au prétexte de faire barrage à l’extrême droite ». Puis ils l’ont réélu au prétexte d’éviter « le pire », et enfin, lorsque 80 % des français au moins réclamaient son départ, et que la chose était possible par le vote du parlement, il ce sont arrangé pour le protéger, pour qu’il finisse son mandat. Dans les premiers jours qui suivirent les élections législatives anticipées d’après la dissolution, qui l’avaient privé de majorité naturelle, Mr Mélenchon n’avait-il pas dit qu’il n’en était pas « moins légitime et devait aller au terme de son mandat » ? Les Républicains se fissuraient, les voix d’une partie d’entre eux jointes à celles du RN et des insoumis pour censurer les gouvernements successifs concoctés par ce parasite l’eusse mis en situation de provoquer une nouvelle dissolution ou de démissionner. Mais Les députés ont tergiversé Ils ne voulaient pas « âmes vierges » se souiller la conscience en votant avec l’extrême droite. Ils ne craignaient pas pourtant de tremper dans la fange en prolongeant la vie politique de notre Néron national.
Alors, Alors !… Quand manifestement les acteurs politiques se révèlent incapables, ou complices d’un pouvoir exécrable, il est naturel que la colère finisse par exploser. Ce n’est pas la violence de la rue, ce ne sont pas les émeutiers du 17 octobre qui sont à condamner, mais bien Macron, ses Ministres et cette faune politique de droite et de gauche incapable de s’élever à la hauteur du défi du moment.
Cette irresponsabilité politique est gravissime. Oh, non pas à cause des violences qui en résultent, mais parce qu’elle a ouvert la voie à la réalisation des objectifs fantasmés de ce pouvoir pervers.
19 heures ce soir, conseil Ministériel de crise
20 heures, allocution officielle de Néron
21 heures ?…….
Depuis le temps des Gilets-Jaunes Macron n’a eu de cesse d’attiser la colère, de chercher l’affrontement. Nous y sommes, il a obtenu ce qu’il voulait. Il va pouvoir faire enfin son 18 brumaire.
Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 18 octobre 2026.
