LA VÉRITÉ SUR LES MANIFESTATIONS ANTIFACISTES DU 16 AVRIL

LA VÉRITÉ SUR LES MANIFESTATIONS ANTIFACISTES DU 16 AVRILLors de la manifestation intitulée « antifasciste » du samedi 16 avril à Tours dont je vous ai entretenu hier (« Grand guignol »), nos interlocuteurs agressifs ont prétendu manifester tout autant contre Macron que Le Pen. « Ni Macron ni Le Pen » était leur mot d’ordre. Ainsi pensaient-ils se préserver de l’accusation de « rouler » pour Macron.Nous avons expliqué dans ce précédent article pourquoi le « ni ni » était une fadaise et qu’il s’agissait en vérité de faire campagne pour Macron. Nous n’y reviendrons pas.Un manifeste commun a été édité pour appeler à ces dites « manifestations antifascistes », contresigné par 350 groupes associations et organisations, c’est lui qui fait foi du sens réel qu’avaient ces manifestations. (Nous le publions en annexe avec les 72 premières signatures.). Penchons-nous un peu sur ce texte : Il y est écrit, « L’extrême droite est à nouveau présente au second tour de l’élection présidentielle, forte d’un niveau de voix jamais atteint. Nous refusons de la voir accéder au pouvoir. »Les choses ici sont bien claires et ne prêtent à aucune confusion. Il s’agit bien du refus de l’accession au pouvoir de la seule Marine le Pen et pas d’un quelconque « ni Macron NI Le Pen. »Les auteurs de ce texte justifient ensuite leur prise de position :« Les causes en sont diverses et anciennes, elles ont été analysées et sont connues. Les responsabilités sont à chercher du côté des politiques ultralibérales menées depuis des années qui ont exacerbé les injustices et les inégalités sociales, » etc. Or, il s’agit là d’une vision bien tronquée de l’Histoire. Cette façon de dire les choses est une manière, par trop tendancieuse d’absoudre « la gauche » (les partis socialistes, communistes et les organisations syndicales), de ses responsabilités, elle qui a contribué à faire avaler au peuple toutes les couleuvres ultralibérales lorsqu’elle ne les a pas servies elle-même. « Nos organisations les ont combattues, comme elles ont dénoncé les attaques portées contre les libertés. » Prétendent les auteurs. Elles les ont défendues certes, mais bien mollement diront nous. Parfois même les stratégies de défense mises en place avaient d’avantage l’allure de plans d’organisation de la défaite que celle d’une volonté offensive. « Elles les dénonceront encore demain, sans désemparer face à l’adversité. » insistent-ils. Mais permettez-nous d’en douter. Le passé récent en présage mal. Ceux qui se sont couchés devant les lois liberticides, qui ont accepté de se museler eux-mêmes, qui n’ont pas défendu les libertés fondamentales, comment pourrions-nous croire qu’ils se mobiliserons demain. D’ailleurs ils ne le promettent même pas. Ce qu’il promette s’est de « dénoncer » pas de se battre contre. Et de poursuivre : « L’urgence, aujourd’hui, c’est d’affirmer collectivement la force des idées et des valeurs qui nous rassemblent. Elles sont constitutives de la démocratie et totalement incompatibles avec la haine, la xénophobie, la démagogie nationaliste et la mise en opposition de tous contre tous que portent les mouvements d’extrême droite. » Or, c’est exactement l’inverse que font déjà certaines des organisations signataires de cet appel, qui lancent des exclusives contre les manifestations anti passe et pour la défense des libertés. Non, la démocratie ce n’est pas « la forces des idées et des valeurs qui VOUS rassemblent », ce doit être « la force des idées et des valeurs qui nous rassemble tous, citoyens d’un même pays ». Mais surtout ce doit être le respect du droit des minorités, et dans ce domaine vous êtes plutôt mal engagé.« En rejetant Marine Le Pen, » Encore une fois on est pas là dans le « NiNi », « Ni l’un Ni l’autre », mais dans l’ostracisme clairement ciblé. Et la phrase se poursuit ainsi : «il s’agit d’empêcher l’avènement d’un projet de société destructeur de l’État de droit, de la république démocratique sociale et solidaire que nous défendons chaque jour.» Or, cette phrase est d’une construction particulièrement abjecte. Elle entretient sciemment la confusion entre la société « présente » et la société « rêvée », entre la réalité et les idéaux. « Il s’agit d’empêcher, écrivent-ils, l’avènement d’un projet destructeur ». Mais que faisiez-vos camarades aux temps chauds ? Vous dormiez ? J’en suis fort aise, réveillez-vous è présent. Le projet destructeur de vos valeurs affichées, il y a longtemps qu’il est à l’œuvre et a déjà fait bien des ravages. La république démocratique sociale et solidaire que vous défendez » N’a jamais encore existé, comment le projet Le Peniste pourrait-il être destructeur d’une chose qui n’existe pas ? Quant à détruire le peu de garanties démocratiques de nos sociétés occidentales, ça y est, c’est déjà fait, Macron s’est chargé du boulot et vous avez fermé les yeux. Enfin ce texte atteint à l’obscène. « Il s’agit de dénoncer son programme trompeur qui frapperait durement les plus faibles, les plus démunis, les femmes, les personnes LGBTI ou étrangères. » C’est du programme de Marine Le Pen que vous parlez ainsi. L’obscénité consiste en ceci que, ce constat s’applique, sans en rien retirer, et même plutôt en en ajoutant, à l’action et au programme d’Emmanuel Macron que vous voulez pourtant faire réélire en barrant la route à Marine Le Pen. Ensemble, écrivent-ils encore, « nous voulons réaffirmer que la devise « Liberté, Egalite, Fraternité » doit, plus que jamais, rester à l’ordre du jour, pour toutes et tous, sans exclusive ni distinction. Dans la diversité de nos approches et formes d’actions, nous voulons construire un destin commun de justice sociale et environnementale autour de l’égalité des droits, par le débat démocratique ». Voilà une profession de foi bien aguichante, mais bien creuse comme nous l’allons voir, C’est en effet probablement pourquoi avant-hier, place Jean-Jaurès à Tours, des « nervis antifascistes » sommaient notre amie Marie » de dire qu’elle ne voterait « ni Macron ni Le Pen, » à défaut de quoi il déchirèrent notre pancarte « Pas une seule voix pour Macron » et jetèrent nos tracts dans une poubelle publique ? Les pratiques en mettent « un sacré coup » à vos professions de foi démocratique..Et à la mauvaise foi aussi : « un dialogue social et civil renforcé, un État de droit qui garantisse pleinement nos libertés, une République laïque et solidaire, protectrice de l’arbitraire, riche de services publics confortés, reconnus, bénéficiant des moyens de leur pleine efficacité. » Toutes choses que Macron s’est employé à détruire cinq années durant, et duquel vous voulez pourtant assurer la réélection en acculant Marine Le Pen à la défaite.« Cette ambition commune serait gravement mise en cause avec l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. » Ne vous parait-il pas qu’elle l’est déjà après cinq années de pouvoir de Macron, et qu’elle le sera, pire encore, en cas de renouvellement de son mandat ? Et puis la chute. « C’est pourquoi, ensemble, nous invitons chacune et chacun à participer à de larges rassemblements populaires dans toutes les communes de France et à Paris, le samedi 16 avril 2022 autour d’un même appel : « contre l’extrême droite et ses idées, pas de Marine Le Pen à l’Elysée ». Pas de Marine le Pen à l’Elysée. Les choses ont ici la vertu d’être claires. Vos manifestations, pas « larges » du tout, nous en avons parlé hier, étaient donc bien des manifestations contre Marine Le PEN, Le slogan scandé « Ni Macron, ni Le Pen », n’était donc bien qu’un leurre pour tromper les plus naïfs et les faire agir contre leur propre intérêt. En résumé et en conclusion, les manifestations antifascistes du 16 avril étaient en vérité des « manipulations », des opérations de com au profit de la campagne électorale d’Emmanuel Macron, auxquelles vous avez apporté votre concours bénévole.Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 18 avril 2022.

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