SOUS LE DRAPEAU DE LA LIBERTÉ.LETTRE AUX GILETS-JAUNES « DETERS. »Bien que je l’ai nommé ainsi, cette lettre en vérité s’adresse à tous les Gilets-jaunes « déters » ou non, à tous les citoyens libres, à tous les résistants au régime actuel.Voilà que les prix des carburants à la pompe ont dépassés et de loin les niveaux atteints en 2018 qui avaient allumé le mouvement des gilets-Jaunes. Or, en 2022, rien ou presque ne se passe.Alors certains s’indignent, s’énervent, prennent à parti tantôt les syndicats « vendus », tantôt les français « trop cons », tantôt les manifestations des samedis « trop molasses », tantôt moi-même et d’autres qu’ils appellent « les moutons ». (Des injures dont ils nous gratifient c’est sans doute la plus délicate). Ceux-là voudraient transformer en manifestations contre la casse-sociale les manifestations pour la vérité sanitaire et la défense des libertés. Transformer des manifestations populaires pacifiques en libre débordement de la colère. Ils se sont autoproclamés « les déters », c’est-à-dire les déterminés.Conséquence de la politique de discrédit et d’usure que Macron a appliqué aux « Gilets-Jaunes, ceux-là ne sont pas très nombreux. Croient-ils vraiment que des déprédations et des actions coup de poings sont de nature à éveiller les consciences ? A leur gagner un soutien large ? N’est-ce pas en s’appesantissant sur les violences, réelles ou supposées, des gilets-jaunes que dans un passé récent, le pouvoir est au contraire parvenu à les discréditer et à les isoler ?Alors, à défaut d’être, certains voudraient tout de même se bercer d’illusion. S’illusionner soi-même, sur la possibilité immédiate d’une véritable réaction sociale en « embauchant » au service de leur fantasme les manifestations de la liberté. Mais quand bien même y parviendraient-ils, ce ne serait tout de même qu’un simulacre.La véritable solution du problème, de cette mobilisation populaire si nécessaire et qui se fait tant languir, n’est pas dans le « truchement » volontariste et artificiel d’une manifestation par une autre ? Ce n’est pas en s’affichant à dix devant avec une banderole contre « la casse sociale » que l’on transforme une manifestation contre le passe-vaccinal en manifestation contre la hausse des carburants ou pour la hausse des salaires ? Tout aussi légitimes soient ces dernières revendications. Non, amis, ce ne sont pas les manifestations pacifiques des samedis après-midi qui font ombrage à la mobilisation sur les revendications sociales, ou « s’éloigneraient de l’esprit des gilets-jaunes ». C’est que le CONTEXTE. Le fond des choses est entièrement différent, et défavorable au surgissement d’une telle mobilisation Rien ne sert de pester, d’insulter « des soufres douleurs » de circonstances, de se précipiter de son plein grès au fond de l’impasse, de se cogner la tête contre les murs. Mieux vaut réfléchir avant d’agir et adapter son mode d’action aux contingences environnementales. Bien entendu pour cela, encore faut-il les avoirs bien comprises. Comme j’étais affairé à écrire ce qui précède, je découvrais par hasard « que ceux de mes amis qui m’insultent » les « déters » comme ils disent, appelaient à une manifestation sur les revendications sociales samedi 26 matin à 10 heures 30, place de Verdun à Tours. Très bien, me suis-je dit immédiatement, c’est ce qu’il faut qu’ils fassent. C’est ce qu’il faut qu’ils tentent plutôt que de jouer aux morpions dans une autre manifestation. Et moi bien sûr je leur ai immédiatement souhaité le plus grand succès possible, dans cette entreprise. Je souhaitai ce succès aux initiateurs, mais plus encore au réveil nécessaire du peuple. Si vous réussissez tant mieux. Qu’elle bonne nouvelle ce sera. J’en serai ravi. Je vous féliciterai et ne vous insulterai point et vous rejoindrai dans ce combat. Le succès toutefois n’était pas assuré. C’est ce que je craignais. Car moi, lorsque je subi des déboires, j’ai pris la saine habitude depuis longtemps, plutôt que me mettre en colère contre autrui, de m’interroger sur moi-même et réfléchir aux causes objectives et profondes de mes échecs. Et, comme je réfléchissais ainsi à cette dernière initiative des « déters » je me disais que celle-ci s’annonçait mal. Ce Samedi matin ils ont en effet réunies 20 personnes. Nul pourtant ne les a contrariés. Ils ne peuvent accuser personne de leur échec.Alors, peut-être vont-ils enfin lâcher leurs nerfs et accepter de réfléchir.La recherche de l’explication passe par la réponse à ce questionnement : Pourquoi les ouvriers, les salariés, les auto entrepreneurs et artisans, les paysans, les couches populaires ne parviennent-elles pas à se mobiliser actuellement ? Qu’elles en sont les raisons véritables et profondes ?.Pour ma part, je peux leur proposer deux pistes de réflexion :La première tient au contexte électoral. De tous temps les syndicats ont tenu à assurer « la paix sociale » en période électorale. Mais cette fois plus que tout autre, car ce qu’ils redoutent le plus c’est la victoire possible de Madame Le Pen, et à cette raison ils préfèrent de facto soutenir Macron. Ce qui signifie ne pas permettre « d’épisode de troubles sociaux » qui à proximité des élections scellerait la défaite de celui-ci. Aussi s’ingénient-ils à parer toute velléité de révolte et de généralisation du mouvement social, en le divisant, le morcelant et l’éparpillant.La seconde tient au contexte sanitaire. Ou pour dire plus vrai, aux conséquences de l’épisode de « dictature sanitaire » que nous subissons et dont nous ne sommes pas encore sortis nonobstant quelques signaux trompeurs délivrés à des fins électoralistes. En distillant la peur le pouvoir politique a habitué une large majorité de français à l’obéissance passive aux injonctions les plus ubuesques et contradictoires, sans esprit critique. Les partis politiques dits de gauche ou d’opposition, la totalité des organisation syndicales ont validé, fait accepter, collaboré même activement à l’exécution de toute ces mesures apportant ainsi leur contribution à la mise au pas du peuple. C’est cet état d’esprit d’obéissance passive qui verrouille les capacités de mobilisation populaires.Si bien que la prochaine vaste mobilisation, qui surgira, cela arrivera tôt ou tard, devra, préalablement ou simultanément faire sauter ce verrou.Revendiquer c’est contester. On ne peut apprendre au peuple à obéir et du même mouvement s’étonner qu’il ait perdu le réflexe contestataire.Il est souhaitable en effet que la contestation monte d’un cran, et même « d’un grand ou deux ». Il faut que les Français en grand nombre se lèvent et réagissent, il faut que la colère populaire enfle, il faut que la violence révolutionnaire du peuple s’exprime. J’ai dit « LA VIOLENCE RÉVOLUTIONNAIRE », celle qui pour en inventer d’autres, renverse les Républiques, non pas celle désespérée qui renverse des poubelles et des barrières de chantier.Il ne s’agit pas de se défouler, de passer sa colère en cassant quelques mobiliers urbains ; Il s’agit de gagner à la cause (révolutionnaire) le plus grand nombre possible de nos concitoyens, de se préparer, de s’organiser, de s’équiper, pour subvertir un régime honni, qui, un passé récent l’a montré, n’hésitera pas à recourir aux pires violences et pires exactions pour réprimer la révolte.Pour parvenir à ces fins, il faut certes que chaque classe, groupe social, catégorie professionnelle, formule et défendent ses revendications propres. Mais il faut surtout que tout se mouvement du peuple converge sous le signe de revendications unifiantes qui posent la question centrale du pouvoir.La question « des libertés » est de cette nature. C’est elle actuellement qui constitue le point de convergence de la totalité de la contestation sociale. C’est elle qui promet la victoire.Être déterminé, ce n’est donc pas s’énerver, c’est savoir choisir le chemin de la victoire et s’y tenir résolument. « VOS » revendications, gilets-jaunes « déters » ? seront satisfaites, non si vous vous isolez mais au contraire, si, sous le drapeau de la liberté vous contribuez à faire enfler le fleuve de la contestation. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mardi 22 mars 2022.PS: J’ai différé la plublication de cet article de plusieurs jours pour attendre de connaitre le résultat de la monilisation spécifique « G.J. » de ce samedi Matin.
