COURS ELEMENTAIRE D’ANTIFASCISMEIntro : Dans un précédent article intitulé « Alerte diffamation » je faisais état d’une agression verbale dont j’ai été victime le 27 Janvier. Or cette affaire a pris depuis une dimension nouvelle avec la publication d’une photo accompagné de commentaires calomnieux et au demeurant mensongers. Dans l’attente d’autres réactions de ma part et de celle de mes amis défenseurs des libertés et des démocrates, je publie aujourd’hui cette « leçon d’antifascisme » à l’intention des « ostrogoths » qui agressent un homme dont ils ne savent rien, mais qui passionnera aussi j’en suis sûr tous ceux qui y découvriront un éclairage de la question qui leur avait peut-être échappé.P.S.1 – Faisons d’abord connaissanceMes amis, je sais que vous allez pester de cette « intrusion ». Quoi ! direz-vous, Patrick Seignon, le fasciste, l’ami de « des Tours et des Lys », le « Rouge-brun », a l’audace de venir « déposer sa merde » sur nos plates-bandes ? Mais je fais confiance aux « grands amis de la démocratie libérale » et de « la liberté d’expression que vous prétendez êtres. Après ce premier mouvement d’humeur un autre viendra (peut-être) celui de l’intelligence et des lumières dont vous êtes encore à temps de faire preuve. Alors vous serez heureux d’avoir eu le bonheur de me lire, et fiers d’avoir appris quelque choses.Je sais aussi que vous allez pester de cette formule « chers amis », pourtant fort civile. Vous allez pester parce que moi que vous traitez en ennemi, ai l’audace, goguenarde, je l’admets, de vous appeler « mes amis ». Ce n’est pourtant pas faux. Par l’intention par la « déclaration » au moins vous êtes « antifascistes ». Quoique je n’en fasse pas une spécialité je le suis culturellement moi aussi mais par la connaissance et par la conviction. Moi plus que vous, car moi au moins je sais de quoi je parle, vous pas. J’ai lu vos textes, je les ai analysés, décortiqués, et il en ressort que vous les « antifas », étiquetés, labellisés, vous ne savez pas ce qu’est le fascisme Un homme tel que moi qui peut faire état de 60 années d’engagement fidèle et sans faille dans le mouvement ouvrier syndical, politique et révolutionnaire, adhérant à la CGT à 15 ans, au PC et JCF à 16, délégué au congrès de fondation de la LC à Mannheim en 1969, membre du comité central de la LC de 1969 à 1971, auteur de plusieurs livres et brochures, « Social bonapartisme et classe ouvrière », « la Social-démocratie est morte » « Des armes pour la Palestine », « loi Aubry la grande arnaque » de diffusion assez confidentielle je dois bien l’admettre, et plus récemment « SUD a-t-il perdu le nord », à paraitre ; animateur d’un Site web où figure des centaines d’articles faisant foi de sa probité intellectuelle ; un homme qui a participé à toutes les luttes politiques et sociales de son temps, (contre la guerre du Viet Nam, Grève générale de 68, contre l’invasion des chars soviétiques en Tchécoslovaquie, contre le coup d’Etat de Pinochet au chili, aux manifestations féministes pour la liberté de l’avortement, contre les procès de Burgos, contre la détention de Bobby Sands, contre l’installation des fusées Pershings en Allemagne, à la Grève SNCF de 1971, de 1986, à la mobilisation contre la première guerre du Golfe, aux grèves de 1995, aux manifestations contre les réformes des retraites, et quoique retraité présent dès le premier matin des Gilets Jaune et toujours là 3 ans après ; un tel homme vous en conviendrez ne peut être qualifié de « fasciste » ou de « rouge brun », que par des ignares ou des fous furieux.Je rechigne encore à vous « étiqueter » « fous furieux ». C’est pourquoi je suis enclin plutôt, pour l’instant, à vous imaginer « ignares ». Cela n’est pas bien méchant, vous en conviendrez, car contrairement à la folie qui la plupart du temps est incurable, l’ignorance peut se réparer par l’étude. Or, moi qui viens d’étaler mon « curriculum vitae », imprégné d’histoire et de culture ouvrière et marxiste, qui a fait en quelque sorte les « universités de la vie », qui n’est pas avare de son savoir, je suis disposé à vous « éclairer ». C’est la raison pour laquelle me voilà « dans votre pré-carré », je viens vous offrir un enseignement entièrement gratuit un « cours magistral quoique élémentaire sur le fascisme » dont j’espères vous ferez le meilleur usage.2 – Cours élémentaire d’antifascisme.Il convient d’abord, pour être « anti quelque chose » de bien identifier et connaitre « la chose » dont on se propose d’être « l’anti », se garder des idées fausses et prémunir contre les préjugés. Or, Je lis en date du 14 janvier, dans un texte qui est en quelque sorte votre crédo, le manifeste fondateur de votre « collectif », cette définition du fascisme :« Nous devons être capable d’analyser l’extrême droite » … « Notre antifascisme ….. » N’avez-vous pas le sentiment de sauter « du coq à l’âne », d’un concept à l’autre ? Etes-vous bien sûr « qu’extrême droite et fascisme sont des choses équivalentes » ? Votre antifascisme est très clair affirmez-vous. A cette lecture ça n’apparait pas.« Les utopies sociales font place à un idéal de société où les travailleurs et travailleuses seraient soumis-es à un-e patron-ne, à l’État, à leur mari ; une société où le patriotisme remplacerait la solidarité. »Est-ce bien là votre définition du fascisme, aussi fausse que creuse ? Ne venez-vous pas plutôt de décrire à gros traits la société capitaliste libérale telle qu’elle sévit depuis deux siècles ? L’inféodation de l’ouvrier au patron, conséquence du salariat est le fait du système capitaliste de production, il ne constitue en rien une caractérisation spécifique du fascisme. Quant à l’aliénation à l’Etat réalité trois fois millénaires, elle ne peut vraiment pas être répertorié au nombre des spécificité du « fascisme », pas plus que la domination de la femme, résultant de la société patriarcale, cinq fois millénaire. C’est effarant, votre définition du fascisme est à peu près aussi précise que celle du lapin que voilà « c’est un animal qui a quatre pattes et une queue ». Pas étonnant à cette aune que vous voyiez des fascistes partout. Lisez donc plutôt :Le fascisme est né dans les années 1920 en Italie, en réaction à une puissante et longue vague de grèves. Cela était deux ans après la révolution Russe d’octobre 1917 ; l’enthousiasme révolutionnaire embrasait les cœurs des masses ouvrières partout en Europe, partout la révolution socialiste frappait aux portes des nations capitalistes. La bourgeoisie avait peur. La petite bourgeoisie attachée à la propriété privée avait peur des « expropriateurs » et « niveleurs » bolchéviques. Alors elle se cabra contre le mouvement ouvrier révolutionnaire, enrôlant contre lui la partie du prolétariat déstructuré par la guerre le chômage et la crise.Le fascisme c’est la réaction violente de la petite bourgeoisie pour conjurer la menace révolutionnaire. Pour autant la violence elle-même ne constitue pas non plus un critère spécifique de caractérisation du fascisme. La violence est intrinsèque à la société capitaliste libérale. Elle est partout. Dans la répression étatique, dans l’exploitation capitaliste, dans les guerres, etc. J’ai même connu récemment des « antifascistes » violents et provocateurs, et au demeurant menteurs. La terrible répression de la commune de Paris se produisit par exemple longtemps avant que le mot même de « fascisme » ne fusse inventé. Et ceux qui la menèrent furent les fondateurs de la plus « démocratique » des République française, la troisième », celle qui livra ses enfants comme chair à canon « aux démons de la guerre impérialiste » et en fusilla des centaines sans état d’âme lorsqu’ils refusaient de se battre.Les temps ont changé. L’URSS a disparue. Insulté, souillé par le stalinisme, le communisme est déconsidéré, marginalisé. L’ordre du jour actuel n’est pas à la révolution mondiale. Pas besoin de « contre-feu », pas de mobilisation révolutionnaire, pas de mobilisation fasciste non plus. Le fascisme n’existe pas aujourd’hui car les conditions de son existence ne sont pas réunies.Ce qui existe, ce sont des droites extrêmes, dures, radicales, nationalistes, racistes et homophobes peut-être, (la droite « macroniste » est au nombre de celles-ci, c’est même la pire et la plus dangereuse pour le monde du travail). Appelez les comme vous voulez, mais cela n’a rien à voir avec le fascisme. Le mot fascisme vient de l’italien : « fascio » faisceaux . Les fascistes italiens attaquaient les piquets de grève, tuaient des travailleurs grévistes, et les SA en Allemagne pré-nazie pourchassaient les juifs et faisaient régner l’ordre moral par les agressions et le meurtre. Madame Le Pen elle, est candidate aux élections présidentielles. Vous définissez « le fascisme et l’extrême droite que vous confondez » comme les ennemis de la démocratie libérale. Mais ce que vous appelez la démocratie, n’est-elle pas elle-même son propre ennemi, ne creuse-t-elle pas son trou toute seule lorsque 20 % des voix donnent 5 députés à un parti et 400 à l’autre ?L’antisémitisme et l’homophobie non plus ne sont pas spécifiques du fascisme et ne peuvent servir à le définir. L’antisémitisme religieux existait dans toute l’Europe bien avant l’antisémitisme raciste auquel il a servi de « terreau ». L’Amiral Horty qui pris le pouvoir en Hongrie sur les décombres de la révolution de « Bella Kun » inventa la chasse aux « Judéo-communistes » bien avant que Hitler n’en ait eu l’intuition. Le Général Russe-blanc, Dénikine qui proposait froidement d’exterminer la moitié de la population russe du temps, si la « sauvegarde de la Russie traditionnelle le nécessitait » était un antisémite force 10, ni fasciste ni hitlérien. C’est sous le signe de la chasse aux « Judéo-communistes » que l’antisémitisme religieux, latent ou chronique dans toute l’Europe a été « transcendé » en antisémitisme raciste. Quant à l’homophobie elle est un chancre des sociétés patriarcales et machistes, et n’est pas non plus un marqueur spécifique du fascisme.Non, la vraie, la seule définition qui vaille en est la suivante : Le fascisme c’est la mobilisation violente de la petite bourgeoisie et du prolétariat déstructuré contre le mouvement ouvrier révolutionnaire.Enfin, et ce sera la conclusion de ce premier volet, le fascisme qui enrôle des fractions du peuple excédées par l’état des choses existant, parce qu’il veut préserver la propriété privée des moyens de production, a besoin de dévoyer la colère des masses de leur ennemi réel « la classe capitaliste » vers des ennemis de substitution (des leurres pour les imbéciles). Tel est le rôle dévolu à « l’antisémitisme » à « l’Homophobie » etc. Or, il est paradoxal de constater la similitude de votre propre conduite avec celle des fascistes avérés. S’agit-il d’un effet miroir ? Vous aussi afin de détourner les colères légitimes de l’ennemi du peuple Macron, que vous semblez vouloir ménager, éprouvez le besoin de lui substituer un leurre, « votre juif de service » en la personne de Patrick Seignon. Vous aussi, comme les staliniens d’autre fois tentez de dissimuler votre opportunisme politique par des dithyrambes fanatisées, sans concession, mais en apparence seulement Patrick Seignon. 8 février 2022.
