DICTATURE « NO PASARAN »

DICTATURE « NO PASARAN » L’état d’urgence décrété le 13 novembre 2015 dans la foulée de l’attentat du « Bataclan » a été depuis prorogé 3 fois, puis une 4ème après l’attentat de Nice du 14 juillet 2016. Voilà donc plus de 18 mois déjà que la France vit sous le signe de ce régime attentatoire aux libertés, qui avait été prolongé jusqu’à juillet 2017 (20 mois) afin de couvrir tous le temps du processus électoral, présidentiel et législatif. Or, ce n’est pas fini. Prenant à prétexte cette fois l’attentat de Manchester « l’Élysée a annoncé (le 24 mai) que le gouvernement soumettrait en juillet au Parlement un projet de loi de prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre 2017 » (source Wikipédia). Deux ans ! Nous serons alors rendus à deux ans d’existence d’un « état » théoriquement exceptionnel. Il s’agirait à présent de couvrir la période estivale et les manifestations culturelles et populaires qui émaillent celle-ci. De prolongation en prorogation « l’état d’urgence » ne devient-il pas la normalité ? Ne veut-on pas nous accoutumer à ce régime de restriction des libertés individuelles afin de nous l’imposer comme l’état normal de fonctionnement de nos institutions ? Oui, bien entendu. C’est bien de cela qu’il s’agit. Ils s’apprêtent à franchir l’étape suprême, à graver dans le marbre de la « légalité » institutionnelle, ce qui n’était jusque-là qu’une disposition d’exception. Le locataire de l’Élysée dit vouloir proroger une nouvelle fois l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre afin de se donner le temps pendant l’été de concocter, pour en prendre la relève, une loi qui en copierait les dispositions essentielles. Une loi qui ferait de « l’état d’urgence », le mode normal, pérenne, de fonctionnement de nos institutions et des libertés publiques. Ces dispositions que Macron veut faire rentrer dans la loi ordinaire, sont des dispositions répressives qui ont pour but de mâter bientôt la contestation sociale dont il se doute bien, dans le contexte de la politique ultralibérale agressive qu’il prône, qu’elle finira par éclater. Cela fait longtemps déjà que François Hollande et son équipe, craignent une explosion sociale et cherchent les moyens législatifs et répressifs de la contenir. « La voie des sans voix » a vu venir cela de fort loin. Pour ne pas être surpris nous n’en sommes pas moins indignés. La cinquième République s’apparentait déjà d’avantage à une Monarchie élective constitutionnelle qu’à une République démocratique. Avec ces évolutions récentes elle est entrée dans l’ère de la « Dictature constitutionnelle ». Dictature constitutionnelle, oui ! Le mot n’est pas trop fort. D’autant plus que les évolutions enregistrées ces derniers mois ne se limitent pas au seul arsenal législatif. Elles touchent également au fonctionnement de nos institutions en commençant par la toute première, la désignation du Président de la République. Nous l’avons-dit dans de précédents articles, Emmanuel Macron n’a pas été légalement élu, il a été coopté à la tête de l’Etat. L’élection présidentielle n’a été qu’une sinistre mascarade organisée afin de faire croire au « peuple » que c’est lui qui avait choisi. Emmanuel Macron avec 66,1 % des suffrages exprimés au second tour, chacun le sait bien en vérité, est malgré tout mal élu, si l’on tient compte de l’abstention et de plus de 4 millions de bulletins blancs et nuls. Approximativement, à peine plus d’un tiers des Français ont déposé dans les urnes un bulletin à son nom. Or dans ce nombre il y en a encore un grand nombre qui l’on fait à contre cœur, contre leurs convictions, » pour faire barrage à Marine Le Pen ». Ces suffrages-là sont des suffrages extorqués. Ces électeurs-là sont des électeurs floués et donc nécessairement mécontents. Mais au bout du compte la conclusion qu’il convient d’en déduire, c’est qu’Emmanuel Macron n’est pas l’élu légitime de la majorité de la nation, pas même l’élu du tout, mais bien un « dictateur » imposé par ruse au peuple à la faveur d’un suffrage manipulé. J’ai entendu récemment Philippe Martinez, faire lors d’une interview cet état des lieux : Abstention, plus « blancs et nuls », plus suffrages donné pour faire barrage au FN sans la moindres caution au programme de Macron, afin, je suppose, dans son esprit, de rappeler le pouvoir aux réalités, donc à plus de prudence et de modestie. Mais Philippe Martinez a refusé pourtant d’acquiescer lorsque le journaliste lui a demandé s’il contestait la légitimité de l’élection de monsieur Macron. Je conçois bien la gravité que cela aurait-eu, venant d’un haut responsable syndical, si celui-ci avait poussé la logique de son propos jusque qu’à contester la légitimité de l’élection du Président de la République en titre. C’EST POURTANT CE QU’IL FAUT FAIRE. Le véritable statut de Monsieur Macron, bien que « paré » du titre de Président de la République, est en vérité celui de « Dictateur » selon le sens que l’on donnait à celui-ci dans la Rome antique. Or il est encore temps d’arrêter cette dérive autoritaire de notre République et de stopper le bras de fer de ce Dictateur en herbes. Précisément en contestant sa légitimité. La première des conditions à réaliser est de ne pas donner au dictateur la majorité parlementaire qui lui permettrait de couvrir d’un autre « voile démocratique » la réalité autoritaire de son pouvoir. Les électeurs français se sont fait flouer. 43 % seulement d’entre eux ont voté pour lui au second tour des élections présidentielle le 7 mai. Et sur ce pourcentage un grand nombre l’ont fait sans le moindre accord même par défaut avec le programme de Macron, mais uniquement, comme contraints, par la volonté de barrer la route au F.N. Alors soit c’est chose faite. Mais il ne faut pas poursuivre sur ce chemin suicidaire, il ne faut pas donner à cet usurpateur du pouvoir les outils législatifs et politiques qui lui permettrait de se maintenir malgré tout en imposant aux Français la calamiteuse politique ultra libérale dont la finance l’a missionné. Le calage des élections législatives dans la foulée des présidentielles est une disposition récente, qui a été conçu exprès pour faire bénéficier le Président de la République nouvellement élu de ce que l’on appelle « l’effet présidentiel » afin de lui permettre de réunir une majorité parlementaire à son service. Alors certes les caciques du système sont persuadé que cette belle mécanique va fonctionner une fois encore et que « leur président Macron » aura lui aussi « sa » majorité sur mesure. Cela est certes malheureusement probable, le « système » l’a voulu ainsi. Sauf ! Sauf, qu’il y a tout de même cette fois un os dans le potage. Pour que « l’effet présidentiel » joue pleinement aux législatives, encore faut-il qu’il y est un véritable effet présidentiel. Or dans le cas spécifique de l’élection d’Emmanuel Macron, celui-ci est tout à fait contestable comme nous venons de le voir. Certes il est mal élu, mais élu tout de même au sens d’une fraction importante des français. Certains, parmi ceux-là, auront effectivement pour soucis de lui donner les moyens de gouverner. Mais les autres, tous les autres, la majorité réelle des français accrue de tous ceux qui ont voté pour lui pas pour sa politique, ceux-là n’ont aucun intérêt à lui procurer en sus les meilleurs moyens de les battre. Au contraire. Macron et son premier ministre veulent user « des ordonnances » pour conduire pendant la trêve estivale une offensive sans précédent contre les salariés et le droit du travail contre les libertés publiques. Il y a un moyen simple de les en empêcher, c’est de ne pas ne pas leur donner la majorité parlementaire qu’ils attendent. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Vendredi 2 juin 2017.

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