L’IGNOBLE RACCOURCI HISTORIQUE DE BERTRAND DELANOË

L’IGNOBLE RACCOURCI HISTORIQUE DE BERTRAND DELANOË Alors que Macron était à Oradour-sur-Glane pour parler des vertus salvatrices de la mémoire, manière de suggérer l’idée sans oser toutefois l’énoncer clairement, que le NSDAP d’Adolf Hitler et le F.N. de Marine Le Pen c’est pareil. Bertrand Delanoë s’est autorisé lui un raccourci historique plus direct pour faire des amalgames proprement ignobles. IL s’agissait de fustiger Mélenchon qui a refusé d’appeler ses électeurs à voter Macron ce qui est nécessaire selon lui pour « barrer la route à Mme Le Pen.. « Dans les années trente « l’extrême gauche Allemande avait refusé de choisir entre Hitler et la démocratie, on a vu le résultat », « balance » monsieur Delanoë. Le moins qu’on puisse dire c’est que celui-ci a une vision bien singulière de l’histoire. Ce qu’il a fait de la sorte ne s’apparente en rien, à un rappel Historique, encore moins à une leçon d’histoire, cet aparté est tout juste du niveau d’une brève de comptoir, quelque chose comme une boule puante, un raccourci ignoble. Elle n’est d’aucun intérêt pour l’édification des générations nouvelles, elle ne sert pas la mémoire. On ne fait pas œuvre mémorielle quand on tronque la réalité à ce point. Sans être trop long, rappelons tout de même que l’arrière-plan de cette Histoire des années trente c’est la première guerre mondiale, la révolution Russe, la révolution allemande, (1918 1919) qui précipita la reddition du IIème Reich et aboutit à la proclamation de la République de Weimar, les iniques traités de Versailles, de Saint-Germain et de Trianon, le soulèvement de 1923, l’occupation de la Ruhr par la France et le soulèvement de celle-ci, enfin la grande dépression de 1929. Telle est la toile de fond Historique qui environne l’apparition et la montée en puissance du nazisme. On voit déjà à ce descriptif que cela dépasse largement la seule question du positionnement politique des seuls communistes allemands. Où sont donc véritablement les responsabilités dans la montée de l’Hitlérisme ? Le moins qu’on puisse en dire à ce stade c’est qu’elles sont multiples. D’abord la guerre et la défaite allemande qui heurte le sentiment national et accumule les rancœurs. Ensuite l’arrogance de la France qui met l’Allemagne en coupe réglée et l’humilie avec le traité de Versailles et l’occupation de la Ruhr. Enfin les défaites successives des révolutions allemandes qui précipite le peuple ouvrier dans la colère et la désespérance. C’est sur ce terreau que le fascisme version allemande fera son apparition et prospèrera. Le fascisme n’est pas un phénomène politique circonscrit aux seules Allemagne ou Italie. C’est en vérité en ce temps un phénomène qui concerne toute l’Europe. C’est la « sécrétion» des plaies sociales et politiques laissées par la première guerre mondiale. Le fascisme prospère mieux dans les pays meurtris, déchirés ou humiliés par le règlement de la guerre. Les sociaux-démocrates ont pris part au gouvernement Ebert/Scheidemann issu de la « révolution de novembre 1918 qui négocie la reddition de l’Allemagne et le traité de Versailles, puis, début 1919 à la proclamation de la République de Weimar Ce sont eux qui en cette année 1919 vont écraser la révolution et la « ligue spartakiste » dans le sang, font assassiner Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. C’est alors le Social –démocrate Gustav Noske qui est aux commandes de la répression sanglante. C’est lui qui aux fins de cette tache va créer « les corps francs » des groupes paramilitaires fait tout exprès pour assassiner la révolution Il a fait appel à ces anciens soldats démobilisés qui ressassent la rancœur de la défaite et en veulent aux ouvriers révolutionnaires, aux déserteurs, aux juifs et aux communistes qu’ils tiennent pour responsables de la défaite Allemande. Le dernier sursaut de la révolution allemande a lieu en 1923 et se termina aussi par un bain de sang. Les sociaux-démocrates ont été les « versaillais » de chez eux. Qui peut s’étonner, connaissant cela, des prévenances à leur égard des ouvriers communistes et révolutionnaires, et du fait que ceux-ci sept ans seulement après, puissent considérer qu’il n’y avait guère de différence entre les sociaux-démocrates et les nazis ? La révolution a failli. C’est sans nul doute la Social-démocratie allemande, qui en tuant la révolution a ouvert l’ère du possible Hitlérien. Alors, avant de parler de la responsabilité politique, anecdotique au regard de cela, de « l’extrême gauche allemande, dans la victoire d’Hitler, conviendrait-il d’abord de vilipender l’écrasante responsabilité de la Social-démocratie aux mains rouges du sang des ouvriers et des révolutionnaires allemands. Les « Fraikorps », de Noske, le Social-démocrate » ont été dissouts en 1921. Nombre d’entre eux rejoignent les « S.A. » (sections d’assaut) du NSDAP d’Hitler. Aux élections de 1932, Hitler n’a pas de majorité absolue. Le président de la République, le maréchal Hindenburg rechigne le nommer à la chancellerie. Ce sont le banquier Hjalmar Schacht d’une part, et Von Papen le dirigeant du « Zentrum », le parti chrétien (l’Allemagne est majoritairement protestante luthérienne), qui intercèdent et obtiennent la nomination d’Hitler. Von Papen agit en connivence avec Monseigneur Pacelli le nonce apostolique, futur Pie XII et la bénédiction du Vatican, Pie XI, qui ont conclu« un deal » avec Hitler, la promesse de la signature d’un concordat à l’image de celui de Mussolini et du Vatican, en échange de leur soutien. Le concordat fut signé dès le 20 juillet 1933. Ces soutiens et ces responsabilités sont bien plus grandes et bien plus évidentes on le voit que celle du cours gauchiste du Parti communiste allemand qui refusait de faire l’unité avec les assassins sociaux-démocrates pour « barrer la route à Hitler ». L’eussent il fait que cela à ce stade n’aurait probablement rien changé. Conclusion : Monsieur Delanoë serait bien fondé s’il veut parler de manière intelligente et équilibré de la responsabilité politique des communistes Allemands dans l’avènement d’Hitler, de désigner d’abord sans détours les responsabilités autrement plus grandes de la « Social-démocratie » (SPD) du parti du « centre » (Chrétien) et de l’Eglise de Rome. A cette condition il pourrait être entendu et mieux compris. Et de cette approche plus conforme de la réalité historique il pourrait aussi tirer un bénéfice immédiat pour son analyse de la réalité Française actuelle. Car il ne fait de même aucun doute que la vraie responsabilité dans la poussée électorale du FN en France, incombe aux partis de l’alternance droite/gauche et à la politique qu’ils ont fait ensemble depuis 30 ans. Et qu’au regard de cela le refus de Jean Luc Mélenchon de donner une consigne de vote n’est qu’un épisode bien anecdotique et de peu de conséquence. Sans compter que les contextes historiques sont complètement différents et que le F.N. n’a rien de comparable avec le NSDAP, comme nous l’avons écrit dans notre article du 27 avril « REEVALUATION DU DANGER LEPENNISTE », sinon dans les esprits tordus de ces falsificateurs d’Histoire que sont Bertrand Delanoë, Macron et toute leur ribambelle. Et que monsieur Delanoë veuille bien méditer cet adage de mon cru : qu’en matière d’Histoire, comme dans d’autres domaines d’ailleurs, « les raccourcis sont rarement les chemins les plus courts qui conduisent à la vérité. »(*) Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Samedi 29 avril 2017. (Lors de la mise en ligne de l’article j’ai oublié un morceau de phrase (les plus courts) de cet adage. J’ai rectifié le texte le 1er mai à 16 heures.)

Please follow and like us:
0
Tweet 20
Pin Share20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Instagram
Retour en haut