IL EST TROP TARD POUR AVOIR PEUR.

IL EST TROP TARD POUR AVOIR PEUR. Comme Chacun sait, la peur et une émotion faite pour nous prévenir du danger et nous permettre d’y échapper ou nous mettre en mesure de lui faire face. Mais quand le danger est là et qu’il n’y a plus moyen de l’éviter, alors la peur ne sert plus à rien, elle est même dangereuse et contre-productive à cause de son effet « tétanisant » A ce stade il ne convient plus d’avoir peur, il faut faire face et se défendre.* Avec l’étrange séquence électorale que le pouvoir sortant vient d’imposer aux Français, nous voilà acculés au fond d’une impasse face à deux dangers imminents dont l’un n’a rien à envier à l’autre. Et chacun des deux serpents tente de nous convaincre, qu’il est « moins pire que l’autre. Nous met en demeure d’opter pour la peste ou le choléra, de choisir le mode auquel nous préférons être « boulotés », de cautionner par notre vote la nature de notre propre martyre. Il n’est pas vrai en effet que le danger que représente Macron pour les salariés et classes populaires et pour la souveraineté du peuple soit moins grand que celui que représente Marine Le Pen pour les partisans de la mondialisation sauvages et pour la morale républicaine. C’est même l’inverse qui est le plus probable. (D’autant que le danger Lepenniste n’est plus ce qu’il était. Nous y reviendront demain) La thèse idiote sur laquelle ils se fondent est que le rejet des français est celui d’une classe politique usée et corrompue et de l’alternance droite gauche au service d’une seule et même politique. Ils prétendent y remédier par une sorte de « melting-pot » politique où tout le monde se retrouverait « uni » par-delà les vieux clivages droite/gauche, cimenté par l’opposition commune au « danger Lepenniste ». Mais gardez-vous de l’irrationnel, respirez un grand coup et essayez de réfléchir posément un seul instant : Si les Français en ont soupé du système de l’alternance, de la relève alternative droite/gauche, c’est bien parce que ce système avait pour finalité de les tromper et de toujours faire la même politique pour le plus grand profit des possédants. Or que proposent-ils, de se réunir tous ensemble dans une sorte d’Union Nationale nauséabonde, d’en finir avec le clivage droite/gauche, oui mais, pour faire encore et toujours et en pire la même politique au service de la Finance. Alors, pourquoi voudriez-vous que les français adhèrent d’avantage à cela ? Parce qu’ils les prenent pour des idiots et qu’il suffirait de mettre en tête de proue du navire de la finance le visage juvénile et le regard transparent d’un androïde, pour leur faire croire qu’il s’agit d’un nouveau bateau ? Et pire encore. N’est-ce pas se « foutre » carrément des Français que de proposer comme remède au rejet de la collusion droite/gauche, l’affichage d’une collusion impudique, « le mélange des genres » dans une vaste union orgiaque » Le Danger macroniste est bien pire. Car la politique qu’il s’apprête à faire s’attaque à « notre contrat social » et menace de détricoter toute la réglementation et les équilibres sociaux. Elle ne peut qu’accroitre les colères déjà accumulées et amasser les matériaux d’une explosion sociale cette fois incontrôlable. Qu’est-ce ? De quoi résulte le « danger lepenniste » tant pointé ? De quarante années de trahisons des intérêts et d’humiliations des classes populaires. Et quel remède de cheval proposent-ils ?… D’en prendre pour cinq ans encore et en pire. Le danger macroniste qu’ils opposent est pire car sous prétexte de nous en prémunir il creuse encore un peu plus le trou de la République et jettera la France, mais cette fois dans le contexte d’une crise sociale exacerbée, dans les bras du FN. Alors, Le Pen ou Macron ? Macron ou Le Pen. Le danger, ou plutôt les deux dangers sont là face à nous et il ne s’agit pas de choisir l’un ou l’autre. Il faut se mettre en défense et nous préparer à lutter contre l’un et l’autre. Et la première disposition à prendre dans ce sens c’est de refuser l’affaissement moral que constituerait la caution que nous apporterions à l’un ou l’autre par nos votes. Abstention, vote blanc, vote nul, vote Mélenchon au deuxième tour ou « carton rouge » qui sont des votes nuls aussi, qu’importe ! Mais pas une voix populaire, pas la moindre caution pour l’un ou l’autre de ces deux dangers. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 26 avril 2017.

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