POURQUOI MELENCHON ?

POURQUOI MELENCHON ? Je ne suis pas de ceux qui se déterminent à voter pour un candidat en raison de « sa jolie gueule », de « ses qualités oratoires », ni de la « prestance ou de la robe » de sa « faire valoir social ». Je ne suis pas de ceux qui se déterminent non plus à voter pour un candidat en raison de « ses promesses électorales (ou autres). Charles Pasqua l’a dit, et c’est le mot par lequel il s’est inscrit dans l’Histoire, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Plus étonnant encore, bien que je connaisse à peu près le contenu des programmes des aspirants à la Présidence de la République, et que ceux-ci contribuent à ce que je les approuve ou les combatte, ce n’est pas non plus ce qui détermine mon vote. Nous sommes sous l’empire de la 5ème République, et je l’ai dit et souligné maintes fois, le Président élu de celle-ci, investi par le suffrage populaire direct est dépositaire de la souveraineté nationale et donc souverain lui-même. Il n’est en rien tenu de respecter le programme d’un parti et pas même le sien propre. Mais alors direz-vous, comment vous déterminez-vous ? Je me détermine en fonction des opinions réelles des candidats et du spectre électoral qu’ils sont susceptibles de cristalliser autour d’eux. De la manière dont ils peuvent ou pas faire « bouger les lignes », du bout de chemin que l’on peut faire ensemble dans le bon sens. J’entends dire ici où là que Jean-Luc Mélenchon qui d’enorgueillie lui-même de marcher dans les pas de Mitterrand, son Mentor, pourrait bien parvenu au pouvoir nous la jouer aussi « Jarnac » que son maitre. Ce n’est pas impossible en effet, mais ce n’est pas déterminant. D’abord parce qu’entre ceux qui promettent la liquidation du système de couverture sociale et ceux qui promettent de le maintenir et même de le consolider, il est logique que les salariés choisissent de parier sur les seconds même s’ils ne sont pas certains qu’ils tiennent leurs engagements. Ensuite, parce que le contexte et les taches historiques à l’ordre du jour ne sont pas les mêmes. Mitterrand se proposait d’enterrer la mobilisation sociale rémanente qui avait survécu à Mai68, de marginaliser le PCF et d’intégrer le mouvement syndical au système, de doter la 5ème République d’un parti « socialiste de gouvernement », de parvenir ainsi au « bipartisme » et au fonctionnement de « l’alternance politique ». Toutes fins auxquelles il est parvenu. Mais qu’elles sont les taches que le moment historique propose à Mélenchon ? Nonobstant son admiration décalée pour le « roi » de l’arnaque politique, c’est à la liquidation du parti Socialiste d’Epinay œuvre de son maitre que l’histoire l’invite à procéder, et à la recomposition d’un véritable parti de gauche, donc au réarmement moral et politique au moins partiel du mouvement social et ouvrier. Ce n’est qu’un bout du chemin certes, mais dans la bonne direction. Je lui en sait grès et c’est donc la première raison pour laquelle je voterai Mélenchon dimanche prochain. Mitterrand en transformant le PS en parti de gouvernement et par les « pas » réalisés sur le chemin de l’alternance et du bipartisme, avait voulu consolider le fonctionnement de la 5ème République. Mélenchon en liquidant le PS, et recomposant un nouveau parti de gauche, liquide le bipartisme et les conditions du fonctionnement de l’alternance, ouvre ainsi la crise institutionnelle de la 5ème République à laquelle il se propose d’ailleurs de mettre un terme au profit d’une 6ème République. Pour ma part je ne suis pas d’accord ni avec le thème de la 6ème République, ni avec celui de « l’Assemblée constituante » à froid, sensé en élaborer la constitution. Je suis partisan de la convocation d’une « Assemblée constituante » mais d’un autre type, une « Assemblée constituante populaire » convoquée dans le cadre d’une vaste mobilisation des classes laborieuses du pays, pour donner naissance, non à une énième République bourgeoise-capitaliste, mais à la première République sociale, (ou la deuxième après « la commune de Paris »). Je ne suis donc pas d’accord avec les solutions proposées pour succéder à « La Monarchie élective » actuelle mais je suis d’accord pour précipiter celle-ci dans les abysses. Et ce petit bout de tour de la roue de l’Histoire, le vote, Jean-Luc Mélenchon peut le réaliser. Voilà la deuxième raison pour laquelle je voterai Mélenchon dimanche prochain. Enfin, il y a une troisième raisons pour laquelle je voterai Mélenchon dimanche prochain, peut-être la plus importante, car il s’agit de « Guerre et Paix ». Je l’ai redit-hier dans l’article « MACRON NO ! », il existe un parti de la guerre soutenu par la finance internationale qui conduit l’Humanité tout droit dans le mur d’une troisième conflagration mondiale, qui pourrait bien dégénérer en conflit nucléaire, ridiculisant les jolis discours de certains bellicistes sur « la cop 21 », la « lutte contre le réchauffement climatique » ou « la sauvegarde de la planète « . Je tiens rigueur à Nicolas Sarkozy et François Hollande d’avoir réassociée la France au « commandement intégré de l’OTAN » et inféodée aux USA la politique internationale de notre pays à laquelle le Général De Gaulle avait rendu sa fière indépendance. Jean-Luc Mélenchon est partisan de la sortie de l’OTAN et je ne peux donc que l’appuyer sur ce point entièrement. . Contrairement à Hamon qui s’est fait le chantre du discours belliciste se voulant par-là l’héritier légitime de François Hollande, et de Macron le candidat officiel du système de la finance qui endosse entièrement cette politique, Jean-Luc Mélenchon tient lui un discours diplomatique de « raison », d’apaisement, de paix et de négociations, conforme aux intérêts véritables des peuples et de notre « belle bleue ». Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Vendredi 21 avril 2017.

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