LE PLAN « M » Alors que Macron s’acharne à dépasser le « clivage droite/gauche », dernière empreinte subliminale dans la représentation politique actuelle, des clivages sociaux fondamentaux, Je m’attache pour ma part à restaurer une vision claire de cette frontière-là que l’on appelle la frontière de classe, qu’aucun Schengen ne peut effacer. Sa connaissance et sa reconnaissance est indispensable à l’intelligence politique. La frontière de classe, entre le capital et le travail, passe non seulement entre Fillon ou Juppé et nous, mais aussi entre Hollande, Macron, et nous. Car les uns et les autres, à quelques nuances insignifiantes près, sont tous les serviteurs de la même politique et de la même domination, celle du grand capital et de la finance. Je ne m’abaisserai donc pas à entrer dans leurs querelles de larrons. Je ne m’abaisserai donc pas à perdre le sens des réalités, au point de cautionner les autres, qui ne valent pas mieux loin s’en faut, en jetant l’opprobre sur les uns. Je serai même plutôt tenté de décerner une épithète infamante à ceux qui n’hésitent pas à utiliser des méthodes de bandit et à mettre en péril leurs « propre institutions » pour parvenir à leurs fins. L’épouvantail Le Pen, entre leurs mains, est un chien virtuel qu’ils instrumentalisent pour conduire le peuple comme un troupeau de brebis. La peur irrationnelle du « croquemitaine » doit-elle être un moyen de nous gouverner comme un peuple d’enfants et nous conduire où ne voulions pas aller, de nous priver de nos propres choix, de nous faire courber l’échine toujours face à la volonté « des maitres » Ceux-là, les Maîtres, les pouvoirs de l’ombre qui sont aussi les pouvoirs réels, ce qu’il est dans l’air du temps de désigner par ce sobriquet indéfini « le Système », ne se limitent pas à présenter, financer ou soutenir un ou des candidats que les électeurs seraient libres de valider ou pas, par le suffrage universel comme il se doit en « démocratie », ils mettent le corps électoral en situation d’élire obligatoirement leur candidat, celui ou l’un des deux qu’ils ont adoubés et qu’ils patronnent. Et pour parvenir à cette fin ils échafaudent des plans, manipulent tripatouillent, manigancent et complotent. Il y avait le plan « A », le plus simple, François Hollande briguait un deuxième mandat selon la règle institutionnelle qu’ils veulent instituer, mais il serait battu au deuxième tour, Alain Juppé était à ce stade le véritable candidat du système, le prochain Président de la République ? C’est pourquoi il y avait aussi un plan « J » pour le cas ou François Hollande ne passerait pas le cap du premier tour, ou Alain Juppé (la droite dure dans un gant de velours) serait confronté à Marine Le Pen au deuxième tour. Alors au nom de la démocratie ils appelleraient au « Front Républicain » contre le « Front National », à voter Juppé au deuxième tour. Marine Le Pen serait battue, ils n’en doutaient pas alors,65 contre 35 %, De plus en ce cas les deux partis traditionnels de l’alternance seraient à peu près maintenus dans leur légitimité et leurs prérogatives. Dans ce plan le rôle du « petit Macron » se limitait à jouer les ramasseurs de voix de droite et du centre au profit de François Hollande, afin de déplacer à droite le spectre électoral du PS qui perdrait des voix à gauche. Oui mais les choses ne se sont pas déroulées tout à fait selon ces plans « idylliques ». D’abord, le Président sortant s’est fait sortir, ne pouvant pas même prendre le risque d’une candidature dont le sort était scellé d’avance. Il eut risqué une humiliation terrible dès le premier tour, induisant un péril, au-delà de la survie du P.S, pour le bipartisme et l’alternance politique eux-mêmes. Ensuite il y eut le séisme des élections primaires de la droite auxquelles Alain Juppé, donné gagnant par tous les savantissimes observateurs et « spécialistes », politologues et duhamels, fut battu à plates couture. François Fillon porté par son succès écrasant dans une primaire qui était elle-même un succès pour « les républicains », partait gagnant dans la course présidentielle, cela dessinait le scénario probable d’un deuxième tour Fillon/Le Pen. Alors, pour remplacer le « Président sorti » au pied-levé il y eut un plan « V » comme Valls , d’ailleurs plutôt foireux, car le Premier ministre qui avait endossé toute la politique antisociale de François Hollande, n’était pas le mieux placé pour remplacer celui-ci. D’ailleurs, comme convenu, il fut à son tour sorti et humilié par des « primaires de » gauche » elles-mêmes humiliantes pour le P.S. Les aveugles voulurent voir alors dans La qualification de Benoit Hamon une chance de rebond du PS qui prenait ainsi ses marques à gauche. Mais en réalité cet évènement scellait le sort de ce parti, disqualifié à ce stade comme parti d’alternance et de gouvernement et légitimait le recours à un plan « M », comme Macron. Jusque-là l’opération Macron qui avait consisté en une simple manœuvre de recomposition à la marge du spectre électoral d’une « nouvelle gauche » de droite, fut promue au statut d’alternative pleine et entière. Il ne s’agirait plus seulement, de rabattre vers le PS des électeurs traditionnels de la droite et du centre, mais de recomposer autour d’Emmanuel Macron un nouveau parti d’alternance (de gauche) sur le modèle du parti démocrate américain, ce qui implique l’assimilation ou à défaut la liquidation du vieux P.S. d’Epinay. Cependant ce délitage de la gauche et de la droite favorisait « le vote Le Pen et Marine gagnait des points dans les sondages. Le duel au deuxième tour : Fillon/ Le Pen, ou Macron/Le Pen, devenait de plus en plus probable et n’avait de cesse de les inquiéter. Macron à cause de son inexpérience et des difficultés à faire adhérer l’électorat de gauche à sa personne, Fillon à cause de la brutalité de son programme et des risques d’un mauvais report au deuxième tour, même pour barrer la route à Madame Le Pen. Au demeurant François Fillon avait un autre défaut rédhibitoire à leurs sens, sa volonté de recentrer la politique internationale de la France à l’égard de la Russie. Le même reproche que le parti international de la guerre « Clinton, Bush, Obama, Hollande …… » adresse à Donald Trump. Aussi souhaitaient ils en revenir à leur plan initial, le plan « J », pour cela il fallait déclencher le plan « T » comme tueurs, sortir Fillon pour faire la place à Juppé. « L’AFFAIRE » était sous le coude – Il y en a probablement comme ça plusieurs dizaines qui attendent dans des tiroirs ou sous des coudes le moment opportun de « servir ce que de droit ». – Feu vert, et hop, un indic de l’ombre délivre les infos au Canard enchainé qui ne fait que son travail, et les juges c’est « leur job » aussi, s’abattent sur « le truc » comme la misère sur le monde. Fillon sonné s’accroche. Il est sûr que ni le fond ni les arcanes de la procédure ne permettent sa mise en examen. Alors imprudent il s’aventure : « je retirerai ma candidature si je suis mis en examen ». Qu’à cela ne tienne. On apprend peu après qu’il sera convoqué sous quinzaine pour être mis « en examen ». Voilà qu’on s’agite dans le « Landernau de droite » on ressort le plan « B », qui n’est qu’une resucée du plan « A’ comme « J » (Juppé). Fillon ne peut plus tenir. Des amis lui ont déblayé le terrain, Juppé se croit autorisé à revenir. Prudent toutefois il laisse ses lieutenants saper encore l’édifice. Il ne veut pas apparaitre comme le tueur, il s’aliènerait en ce cas une partie de l’électorat filloniste dont une fraction non négligeable se tournerait vers le vote Le Pen. Fillon va jeter l’éponge. La place sera libéré Alain Juppé pourra revenir en « sauveur de la droite. Macron, Fillon ou Juppé, Marine Le Pen, sustentée par ce foutoir, sera-t-elle vraiment battue ? Ils commencent à en douter. « Le mieux à faire et le plus court » ne serait-il pas de la neutraliser ? Ils tentent les mêmes méthodes de bandits qu’ils ont appliquées à François Fillon. Mais à défaut d’y parvenir, ils nous promettent un deuxième tour « Le Pen/Macron (ou Juppé, si celui-ci parvient à riper Fillon), dont Macron sortirait vainqueur, haut la main, avec 62 %. Eh oui, car tous appelleront alors « à faire barrage » à Marine le Pen. Ainsi font ils semblant d’en être sûr, ils réussiront à faire voter les français exactement comme ils veulent pour l’équipe et le programme que ceux-ci venaient pourtant de rejeter si rudement quelques semaines avant. Mais encore une fois rien ne va comme prévu par les grands stratèges du « système ». Fillon tient bon, il ne se retire pas. Le plan « B » c’est « Bérézina ». S’il veut revenir dans la course Juppé doit s’armer du poignard et donc se dévoiler. Plein de griefs et d’amertume, laissant entrevoir son sentiment réel ; il renonce définitivement ce lundi matin. Chu au baromètre aux environs de 10 % d’opinions favorables, François Hollande avait dû renoncer à briguer un deuxième mandat. Le parti censé être le sien et qui le soutenait, malgré les gesticulations vaines « des frondeurs » fut atteint par le même rejet populaire. Qu’est-ce qui motivait celui-ci ? A n’en pas douter l’ignominieuse conduite de ce Président « socialiste » qui avait prétendu que la finance était son ennemie avant de pratiquer une politique économique et sociale entièrement tournée vers la satisfaction des intérêts de la Finance : allègement des charges, compétitivité, c’est-à-dire diminution du coût du travail donc des salaires directs et différés ? Mépris du peuple laborieux, attaques multiples contre les droits acquis et les statuts de presque toutes les catégories laborieuses, extension du travail des dimanches, augmentation réelle du temps de travail, attaques réitérées contre la loi des 35 heures, précarisation du travail, augmentation du chômage, réductions des droits des chômeurs et injures à leur endroit, enfin cette attaque gigantesque contre le salariat en général que constitue « la loi travail ». Or c’est pour l’autre responsable de tout cela, pour le conseiller, pour l’inspirateur du Président de la République honni, pour ce Manuel Macron, qu’ils ont la prétention d’obliger une majorité de français à voter ? Dont on voudrait nous faire croire qu’il est un produit neuf et inventif au-dessus des clivages droite-gauche. Nous ne voulions plus entendre parler de « l’ami de la Finance », ni de son premier Ministre, on nous refile sa créature. On voulait voir abroger la loi travail il n’en est pas question. On voulait des retraites décentes, ce Macron nous promet, véritable provocation, pire que Juppé en 95, une mise à plat et au plancher, de tous les régimes de retraites. Et c’est pour cet homme-là que l’on veut nous contraindre à voter ? Exactement pour ce que nous voulions rejeter. Et nous devrions avaler la couleuvre au prétexte que Marine Le Pen est aux portes du pouvoir ? Les fins stratèges, qui avec leurs manigances ont « foutu » la zizanie dans ces élections, afin de propulser « leur champion » au Zénith, imaginent que les choses fonctionneront comme en 2002, quand les électeurs français, comme ceux d’une république bananière, donnèrent 82 % des suffrages à Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen, le papa de Marine. Mais depuis 2002 beaucoup d’eau a coulé sous le pont Mirabeau, Macron n’est pas Chirac, le second était le président sortant, le premier frais émoulu des guichets de la banque De Rothschild, s’est signalé surtout comme l’esprit maléfique de ce quinquennat désastreux. Pas sûr, mais pas sûr du tout que leur plan « M », fonctionne bien jusqu’au bout. Lui, (ou Fillon), que l’on ne compte pas sur moi en tout cas pour donner dans ce panneau, pour cautionner cette stratégie électorale idiote qui nous condamne à la servitude éternelle. Et cette fois je ne serais pas aussi isolé qu’en 2002. De nombreux électeurs adopteront j’en suis sûr la même attitude. Le plan « M » ce pourrait être alors « M » comme « Merdique » Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 6 mars 2016.
