LE SCANDALE DU DINER DU CRIF

LE SCANDALE DU DINER DU CRIF 69Le diner du « CRIF »* s’est tenu cette année le mercredi 22 février au soir dans un grand hôtel du quartier Montparnasse. C’est devenu, depuis Nicolas Sarkozy, un Rendez-vous obligé du Président de la République*, un peu comme si « la République » était tenue d’aller chaque année renouveler son serment d’allégeance à la communauté Juive. Voilà donc une République « jalouse maladive » de sa laïcité, quand il s’agit de foulard islamique et de prières dans les rues, qui pousserait son interprétation obsessionnelle de la laïcité jusqu’à légiférer sur les modes vestimentaires de ses citoyens. Prête à s’insurger contre les signes religieux « ostentatoires » et autre « burkini » arborés dans l’espace public, et qui va comme un rite annuel s’agenouiller devant le Conseil des institutions religieuses de la communauté Juive. Le moins que l’on puisse en déduire c’est que les plus hautes autorités manque de cohérence en matière de respect de la « laïcité », de lutte contre le « communautarisme » et de séparation des cultes et de l’État ». A elle toute seule cette circonstance constitue déjà un déni et un scandale. Or, il y a plus. Cette année le Président de la République n’était pas seul à se conformer à ce rituel obligé. Proximité des élections présidentielles oblige les candidats à la magistrature suprême étaient allé eux aussi solliciter l’adoubement du nouveau président du CRIF. Un peu comme si le sacrement de celui-ci était le feu vert indispensable à qui aspire d’endosser la charge de premier personnage de « la République laïque ». Drôle de contorsion intellectuelle vous en conviendrez. Mais le scandale ne se limite pas encore à cela. Il y a plus, et encore plus grave. Voilà que monsieur Francis Kalifat s’érige en censeur et en directeur de conscience de la République. Voilà que la manifestation mondaine se transforme en « meeting électoral dinatoire ». Le journal « Le Figaro », auquel nous empruntons des extraits de son compte rendu, ne s’y est d’ailleurs pas trompé qui titrait « La présidentielle s’invite au dîner du Crif ». Les candidats à l’élection présidentielles, avons-nous dit, figuraient au nombre des invités. Oui, mais pas tous. Seuls Fillon, Macron et Hamon en étaient, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen n’avaient pas été conviés à la raison que se sont « des extrémistes ». Voilà comment Monsieur Kalifat a justifié cet ostracisme : «Ceux qui, en France, ont un problème avec les juifs et Israël ont presque toujours un problème avec la démocratie, l’État de droit et les libertés individuelles.» Et de conclure: «Je ne dis pas que tous les Français musulmans, tous les sympathisants du Front national et tous les sympathisants de l’extrême gauche sont antisémites. Je fais le constat que les antisémites sont surreprésentés dans ces trois groupes. Pour cette raison et parce que leurs programmes sont dangereux pour la France, le Crif appelle à faire barrage à l’extrême droite et à l’extrême-gauche aux prochaines élections.» Cette immixtion d’institutions communautaires et religieuses dans la campagne électorale est nous l’avons déjà dit, proprement scandaleuse. Voilà que le Président du Crif s’avise de décerner des cartons rouges en « irrecevabilité » à deux courants politiques majeurs du débat national qu’il qualifie d’extrémistes. Bon, je ne ferai pas de plaidoyer ici pour réfuter « l’extrémisme » attribué à Marine Le Pen et au F.N., qu’ils fassent cela eux-mêmes. Mais Mélenchon un extrémiste ? Alors que le programme de celui-ci n’est pas même anticapitaliste. Vouloir apposer sur Mélenchon, le parti de gauche, ses électeurs, la marque infamante de l’antisémitisme présumé aux raisons, non démontrées, que les antisémites dans ses rangs seraient » surreprésentés » On est là dans l’arbitraire et dans l’insulte. En toute logique de tels propos devraient faire l’objet de poursuite pour injure publiques. Mais au fait, qui est-il vraiment ce monsieur Kalifat pour prononcer de telles « fatwa » ? Non je ne veux pas parler de son curriculum vitae, de sa personnalité ni de ses titres, mais uniquement des idées qu’il professe et des références sur lesquelles il se fonde. « Prenant alors la défense d’Israël – «une démocratie, un État de droit et un pays de libertés» rapporte Le Figaro. Eh oui, parce que le Crif, « Conseil représentatif des institutions juives de France » est un animal amphibie, tantôt reptile tantôt poisson, tantôt institution religieuses tantôt institution communautaire, tantôt représentant « des juifs de France » tantôt Lobby français de l’Etat d’Israël, tantôt parole du Rabbinat, tantôt voix du sionisme. La République obtempérant à l’injonction du lobby d’un Etat étranger ! Voilà qui ajoute une couche supplémentaire, au scandale que nous dénonçons. Mais songez un peu, ce monsieur qui « excommunie » « les extrémismes » de droites et de gauche, nous dit de l’Etat d’Israël qu’il est une démocratie, un Etat de droit, et un pays de libertés ! Qu’elle impudence ! Un Etat dont l’acte fondateur fut une guerre d’épuration ethnique, établie par la colonisation sur des terres volées à un peuple pourchassé, un Etat confessionnel, un Etat qui discrimine les populations arabes, un Etat qui depuis soixante ans ne s’est plié à aucune des résolutions de l’ONU, qui dresse des mûrs entre les populations, qui assiège depuis de longues années un petit territoire exiguë où croupit une population misérable, qui agresse, tue et détruit les biens, en se fichant pas mal de toutes les conventions sur la guerre. Comment peut-on oser dire qu’un tel Etat est un Etat de droit, libre et démocratique. Monsieur Kalifat ne fait-il pas preuve là d’une terrible partialité et d’un extrémisme sans limite ? A quel titre donc l’extrémiste Sioniste que se révèle être monsieur Kalifat, peut-il se permet-il jeter l’opprobre sur d’autres extrémismes selon sa définition ? Et sa définition même de l’extrémisme politique n’est-elle pas déformée par le poste d’où il l’observe la réalité situé à l’autre extrémité de la palette des jugements ? «Depuis l’année 2000, la courbe de l’antisémitisme ne connaît ni de pause, ni cessez-le-feu» sans compter «les propos, gestes et postures antisémites aujourd’hui cachés derrière l’antisionisme», avait-il dit aussi. Oui, monsieur Kalifat est un extrémiste sioniste qui voudrait, pour faire taire toute contestation internationale de la politique colonialiste agressive israélienne, assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme afin de le criminaliser. Voilà pourquoi le Crif entretien cette prégnance trouble entre institutions religieuses et institutions communautaires, entre défense de la judéité et défense d’Israël. Eh bien non monsieur le Président, qu’on vous le dise, en ce qui me concerne je ne courberai pas la tête, je ne baisserai pas les yeux, je vous le re redit bien en face et bien haut : « quoique vous le contestiez, je ne suis pas antisémite mais je suis, reste et resterait un antisioniste résolu, et les courbettes que viennent vous décerner chaque années les représentants de notre République n’y pourront rien changer, elles ne m’engagent à rien. S’il arrive que des rois se mettent à genoux de leur plein-gré, les peuples ne font cela que sous la contrainte. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fe ». Samedi 25 février 2017. Avant Sarkozy, l’Etat était représenté au diner du Crif par le Ministre de l’intérieur.

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