DÉFENDERESSE DE L’ORDRE ANCIEN ET PARTISANE DE « L’ORDRE NOUVEAU » 68Madame le Pen a certes quelques raisons de croire à sa victoire prochaine. Mais ça n’en est pas moins une faute que d’enfiler le costume de « Présidente » avant que d’être investie de la fonction ; Selon l’adage populaire, « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. » Or, madame Le Pen, interviewé hier dimanche sur « Europe 1 », a adopté le ton solennel et grave qui sied au premier magistrat de France, pour réagir à propos des évènements de Bobigny. Elle s’est se faisant dévoilée. Elle a tombé le masque. « « Depuis des années, c’est l’immunité qui est à l’œuvre. Il faut passer un sacré tour de vis – si je puis me permettre – et redonner aux policiers les moyens de leur action ». « Un sérieux tour de vis » pour la jeunesse des banlieues indignée des mauvais traitements de la police. Mais où donc madame le Pen a-t-elle reléguées les moindres paroles de compassion souhaitables pour Théo. Où a-t-elle remisées les dures paroles nécessaires de condamnation des actes barbares des policiers ? « Par principe, – avait-elle dit précédemment – je soutiens la police, sauf démonstration par la justice que des actes en violation de la loi aient pu être commis ». Sauf que dans le cas d’espèce cela est avéré et qu’il n’est point besoin d’attendre le verdict de la justice pour savoir quoi en penser, et qu’en l’occurrence la position de Madame Le Pen apparait là comme une esquive, insultante pour la victime. Il conviendrait Madame de ne pas oublier qu’on ne vient pas à bout de maintenir la paix sociale et « l’ordre seulement avec des brimades et de la répression. Le F.N. dé diabolise, Le FN devenu par son discours et son programme le premier « parti de gauche » ? Mais le FN bien dans ses bottes, à l’aise dans sa posture favorite de parti de l’ordre. L’obsession de ’ordre, c’est ce qui a toujours caractérisé tous les partis de droite dure (ou extrême) à travers l’Histoire. Jusqu’à provoquer parfois eux-mêmes les pires désordres afin d’avoir l’opportunité de rétablir l’ordre d’une main de fer. L’ordre, mais c’est quoi donc Madame ? N’est-ce pas l’ordre existant ? C’est donc l’ordre déjà ancien. Défendre l’ordre c’est ne rien vouloir changer à l’état de choses existant. Mais comment peut-on à la fois défendre l’ordre existant et tout changer ? Il existe une méthode qui se résout à un subterfuge : En parant l’ordre ancien des habits neufs d’un « Ordre nouveau » Patrick Seignon. Lavoiedessansvoix.fr. Lundi 13 février 2017.
