« MARIANNE » PRISE DE VOMISSEMENTS Je ne veux même pas me prononcer sur le fond de l’affaire. Et bien que celui-ci semble avéré, vous en serez peut-être étonné mais je ne jetterai pas ma pierre, je ne prendrai pas de part à la lapidation de « Pénélope et François ». Je n’ai jamais voulu hurler avec les loups, même lorsque la cible était un ennemi politique. Je ne suis partisan ni de la Charia, ni de la loi du Talion. Les méthodes policières appliquées à la politique et à l’histoire, me glacent les sangs, ne sont-elles pas annonciatrices des dictatures du même nom ? Les délateurs me font vomir et je suis infiniment mal à l’aise avec les lyncheurs. A tel point que je me sentirai même, contre toute attente, qu’elle qu’elle soit, de l’empathie pour la victime expiatoire offerte en holocauste. Les médias tournent La chose en boucle, François « l’incorruptible » est-il donc un pourri ? C’est probable. Mais aussi ahurissante que puisse paraitre cette affaire, moi, c’est son interface qui me scandalise le plus, qui focalise mon attention. Ce qui me sidère ce sont les méthodes de tueurs appliquées à la vie politique et qui putréfient le débat démocratique. Je ne sais plus quel député de la droite a dit qu’un évènement inattendu s’était produit qui rendait caduc le résultat des primaires. Ce sont donc bien, comme nous venons de l’écrire, ces affaires sorties de derrière les fagots, qui prennent le pas sur la décision démocratique, imposent des choix – qui émanent de qui au fait ? – aux électeurs médusés qui ne servent à rien. Certes les électeurs gardent symboliquement la décision, mais celle-ci leur échappe dans la réalité. Elle leur est dictée, imposée, rendue obligatoire par divers procédés qui relèvent du complot et de la manipulation d’opinion. Fillon cassé, mais pour quoi faire et au profit de qui ? De Macron disent les sondages menteurs. Voilà un blanc bec frais émoulu des guichets de la banque De Rostchild dont on nous martèle qu’il est l’homme qui monte. Mais avec quels argent, qu’elles instances occultes, quels moyens de bandits assurent-ils sa promotion ? Juppé sera-t-il le plan B. Il a juré ses grands Dieux que non. Tant que Fillion n’a pas capitulé, bien sûr. Mais si Fillon renonce ? Il en ira peut être tout autrement. Imaginez, des élections primaires de la droite, réussies celles-là, 4 300 000 votants, et François Fillon un candidat investi par une majorité écrasante 66 % et au bout du compte le battu serait le candidat de la droite aux Présidentielles. Bel exemple de démocratie. Bel exemple de la manière dont le « système » décide à la place des électeurs. Et si Fillon jetant l’éponge, Juppé s’en tenait à sa superbe et refusait véritablement d’y aller. Alors peut-être bien que Sarkozy « répondrait à « l’appel de la France ». Oui, Sarkozy, l’archi battu, l’homme aux cent casseroles, relevant le défi de la probité en politique, vêtu du costume de « sauveur de la droite ». Ah la belle victoire de l’ignominie démocratique que ce serait là. Mais que ce soit Fillon ainsi affaibli, Juppé ou Sarkozy, et si la droite, dite Républicaine pour se distinguer de l’autre, perdait en définitive ces élections Présidentielles jusque-là « gagnées d’avance », si le vainqueur non par amour mais par défaut était le candidat officiel du PS ou mieux ce Macron, l’homme lige du président sortant ? Imaginez la belle victoire de la démocratie que ce serait là ? La victoire de ceux qui étaient précédemment donnés « archi » perdants, dont le candidat naturel, le président sortant, avait dû renoncer tant il était impopulaire, dont l’ex Premier-ministre s’était fait battre lamentablement dans des primaires tant il partageait l’infamie du Président, dont les élections primaires elles-mêmes avaient été boudées par les électeurs indignés. Et ce seraient ceux-là qui au bout du compte sortiraient vainqueurs de cet imbroglio? Belle victoire de la démocratie et de ces démocrates avec des méthodes de Bandits. Oui mais direz-vous, les autres ne sont pas plus ragoutants, et s’ils tenaient une bonne bien grasse « affaire » ils ne se priveraient pas d’en faire usage. C’est vrai. Vous avez raison ! Mais, ce disant, qu’elle preuve irréfutable et définitive du « caractère démocratique » de nos institutions et de leur « bon fonctionnement » vous venez de nous administrer là. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Vendredi 3 février 2017.
