ET MAINTENANT ? Ils nous ont enfumés avec leurs élections primaires et la participation prétendument en hausse qui patine en vérité largement en dessous des 2 millions d’électeurs quand leurs primaires de 2012, les premières du genre, en avaient réunis 2,7 millions. Le but de cette arnaque ? Donner de la crédibilité, ils appellent ça « légitimité », à la candidature de ce parti, et la doter ainsi, pensent-ils, d’une force particulière, comme si elle émanait « du peuple’. Le peuple, tu parles, 58 % de 1 million 7 à la louche, soit 986 000 électeurs, 2,5 % du corps électoral de la France. Une fraction de l’électorat n’est pas l’expression la volonté de l’électorat, seul le suffrage universel de tous les électeurs peut se prévaloir d’une telle vertu. Et c’est avec cet argument vicié que Hamon part en quête du « rassemblement de la gauche ». Sommes, en quelque sorte Mélenchon et Jadot de se rallier à sa candidature « labellisée ». Le « label P.S. » la belle affaire ! Pas le moins du monde un label de qualité. Plutôt l’assurance pour le « consélecteur » de se faire enfler, tromper, ridiculiser, rouler dans la farine. C’est du poulet de batterie, Rien à voir avec le label rouge. Le P.S. réussit là à n’administrer qu’une nouvelle preuve du caractère antidémocratique des primaires « Une arme » psychologique dont il entend user pour s’arroger un droit de tutelle pour dicter leur conduite aux autres composantes de ce qu’il est convenu d’appeler « la gauche ». , pour confisquer « la gauche » à son profit, interdire de la sorte l’expression d’autres courants de pensées. Or, cette approche des choses n’a en vérité rien de naturel ni d’obligatoire. Pourquoi devrait-ce être à Mélenchon et Jadot de s’effacer et non à Hamon. S’il est vraiment aussi préoccupé qu’il le dit par la nécessité qu’il y aurait à présenter une seule candidature de gauche, pourquoi donc ne s’efface-t-il pas lui-même au profit de Mélenchon qui en qualité de candidat de gauche défendant les valeurs de celle-ci est bien mieux placé « et plus sérieusement labellisé » que lui ? L’argument de « la crédibilité » et des chances pour un candidat de gauche de figurer au second tour de l’élection présidentielle ne tient pas d’avantage. En guise d’argument il s’agit surtout d’une argutie. Il est loin d’être prouvé en effet que Hamon ait plus de chances que Mélenchon de figurer au second tour. En ce qui nous concerne nous sommes même certains du contraire. Nous sommes bien entendu sans illusions excessives. Pour l’un comme pour l’autre, les chances sont réduites de franchir l’épreuve barrage du premier et de figurer au second tour de la présidentielle. Mais il ne fait pas l’ombre d’un doute que si Mélenchon, pour l’heure, parait avoir peu de ces chances, Hamon en a encore bien moins, quoique que puissent en dire les sondages menteurs. En effet, et à supposer que Mélenchon et Jadot se rallient, les électeurs de gauche auraient le sentiment de s’être fait flouer une fois de plus, avec ce tripatouillage au sommet, avec cette nouvelle mouture d’une gauche de gouvernement « relookée » après la « gauche plurielle » et autres déclinaisons du même tonneau de plus en plus frelatées. Après le renoncement de Hollande, l’élimination de Valls et leur bouderie de la primaire P.S., ils auraient le sentiment humiliant d’être retournés à la case départ. De s’être fait flouer encore. Et ils feraient payer cher, très cher mais d’une autre manière, leur arrogance à qui s’aviserait de vouloir les abuser ainsi une nouvelle fois. Parce qu’il est en rupture totale avec cette gauche « de gouvernement » et donc apte à capter le mécontentement populaire, Parce qu’il incarne une rupture incontestable avec ce passé de « la gauche et avec le P.S., Jean-Luc Mélenchon est très certainement bien mieux placé que Benoit Hamon. La véritable préoccupation de Hamon et de ses coreligionnaires ce n’est pas sa présence improbable au second tour de l’élection présidentielle, mais de sauvegarder le leadership du P.S, de faire une nouvelle fois main basse sur « la gauche ». C’est de marginaliser rendre inaudibles, ou mieux faire taire cette autre gauche qui est en train de s’émanciper, et de la faire capituler avant que d’exister vraiment, de la marginaliser. Jean-Luc Mélenchon n’acceptera pas, nous en sommes convaincu, ce marché de dupes. Renoncer à sa propre candidature au nom de l’unité de « la gauche » (qu’elle gauche ?), face à la dictature politique d’un P.S. aux abois, serait rien moins qu’une capitulation en rase campagne, pire même, bien plus humiliante encore que celle de d’Alexis Tsipras face aux instances Européennes. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 2 février 2016.
