DE LA BONNE MÉTHODE POUR BATTRE VALLS

DE LA BONNE MÉTHODE POUR BATTRE VALLS Les français dans leur grande majorité ne souhaitaient pas que l’actuel Président de la république soit candidat à sa propre succession. Ils l’ont fait savoir si fort et de manière si péremptoire, que celui-ci en effet a renoncé à faire acte de candidature pour la prochaine présidentielle. Le rejet suscité par l’homme et sa politique était donc immense. Que l’on en prenne la mesure : Les Français auraient pu souhaiter battre François Hollande lors des prochaines élections présidentielles. Ils auraient pu même, pourquoi pas, souhaiter le battre à plate couture, voire même l’humilier d’un score déshonorable. Mais il faut croire que cela n’était pas encore suffisant pour assouvir leur colère à son égard. Ils voulaient plus. Ils voulaient l’humilier tout de suite en le disqualifiant, en lui interdisant même de prendre le « départ de la course ». Et l’on voudrait nous faire croire que les mêmes français, souhaitent véritablement voir son alter-ego, son premier ministre social-libéral autoritaire, l’exécuteur et inspirateur de sa politique, être candidat à sa place ? Si les français n’ont pas voulu de la candidature de Hollande ce n’est diantre pas pour se coltiner celle de Valls. Les Français, je parle là des Français que ça concerne, ceux de gauche, les salariés, les ouvriers, les chômeurs, les pauvres, les petites gens, les agriculteurs chassés de leurs exploitations et poussés au suicide, ceux aussi qu’ils appellent les « classes moyennes » et qu’ils pressurent toujours plus, ceux mêmes qui vivent bien mais ne tolèrent pas de vivre ainsi juchés sur la misère sociale, tous ceux-là j’en suis sûr sont comme nous, à défaut de pouvoir interdire à Manuel Valls d’être candidat, ils ont à cœur de le battre comme plâtre. Et puisque la machinerie du « système », grinçante et brinquebalante c’est tout de même mise en en action pour nous imposer coûte que coûte cette candidature, nous faire accroire contre ce que nous croyons vraiment, qu’elle est celle que les Français préféreront parmi les nombreuses candidatures aux « primaires de gauche », alors nous sommes offensés et ne voulons plus seulement battre Manuel Valls, nous voulons l’humilier, le disqualifier aussi. Battre Valls à défaut de pouvoir faire campagne pour Gérard filoche interdit de primaire » c’est la position de repli minimale sur laquelle s’est retranché celui-ci avec ses amis et soutiens. Et à cette fin, fidèles à leur ligne de conduite ils poursuivent leur campagne pour assurer le succès des primaires socialistes, prétendant que plus il y aura de votants à celles-ci et plus la défaite de Manuel Valls sera probable. Rien n’est moins sûr. Rien ne permet de l’affirmer en tous cas. Ce calcul n’a rien de scientifique. Nous pensons certes pour notre part qu’Arnaud Montebourg est le mieux placé pour être désigné. Mais ce ne sont là que des supputations insuffisamment fondées. Le grand nombre des candidatures au premier tour de la « primaire » laisse présager une dispersion des voix. Chacun des candidats ne fera qu’un petit score d’une quinzaine de pour cent (entre 10 et 20). Il suffira dans ses conditions d’un nombre en vérité fort limité de suffrages (100 000 ou moins, dans l’absolu, si 2 millions d’électeurs votent à ces primaires) pour faire la différence et assurer la qualification des candidats du deuxième tour. Cette circonstance rend très volatils les résultats escomptés, et n’autorise guère les perspectives trop précises. C’est l’hypothèque mathématique qui a justifié la candidature express de Vincent Peillon afin de parfaire la dispersion des voix pour éviter qu’un autre candidat ne se détache trop dès le premier tour et prenne ainsi l’ascendant sur Valls. Quant au deuxième tour, les Peillon, Bennhamias, De Rugy, c’est le rôle qui leur est dévolu, se rallieront à Valls après avoir œuvré à ratisser le maximum de suffrages en sa faveur. Alors !… Et si c’était le contraire qui se produisait ? Si la mobilisation de la droite du PS avec le renfort de voix centristes voire de droite tout court, venues à la rescousse assurait tout de même la qualification de Valls ? Celui-ci ainsi investit par les « primaires citoyennes » ne deviendrait-il pas, même s’il leur agrée mal, ce fameux candidat unique de « la gauche » que les Filochards et autres gauchistes-socialistes appellent de leurs vœux pour battre la droite à ce qu’ils disent ? Et ces « petits » malins ayant joué ainsi leur intégrité politique, à la roulette russe ne se verraient-ils pas dès lors, pris à leur propre piège, contraints d’aller au bout de leur logique et de rallier la campagne de cet ostrogot honnis de tous ? Ne seraient-ils pas en devoir dès-lors de nous persuader que la politique ultra libérale et antisociale de la droite c’est tout de même mieux quand c’est « la gauche » qui la fait ? Ils ne le feraient pas ? Rien n’est moins sûr non plus. Avez-vous songez qu’en pareil cas ils seraient accusés de « jouer contre leur propre camp », de miser « sur la défaite de la gauche » de « favoriser le scénario attendu d’un deuxième tour Fillon/Le Pen » ? Autant d’arguments forts selon leurs dispositions d’esprit, de nature à leur faire avaler la couleuvre. Au demeurant l’argument de la nécessité de désigner un candidat unique de la gauche pour assurer la victoire de celle-ci est une vaste supercherie à deux étages. Premier étage. Chacun sait bien qu’une victoire électorale « de la gauche traditionnelle » en 2017 est impossible. La droite sociale-libérale du PS a trop démoralisé « la gauche » sociale et celle-ci va lui infliger une terrible sanction que ne peuvent plus circonvenir les gesticulations vaines de la gauche du PS qui s’est couchée à trois reprises devant Valls et son 49-3, en refusant de faire chuter le gouvernement par une motion de censure commune avec la droite. Il ne dépend pas de Montebourg, Filoche ou Hamon de changer à cette étape le cours des choses. L’argument de la candidature unique prétendument pour permettre « la victoire de la gauche » a un autre sens véritable. Il s’agit d’une candidature unique pour sauvegarder l’unité du PS et limiter les dégâts électoraux inévitables. C’est dire que la préoccupation de ceux qui militent pour celle-ci est avant tout politicienne. Ils songent à sauvegarder la place clé et le rôle stratégique du PS comme cheville de la « gauche de gouvernement » et parti de l’alternance politique, plus semble-t-il qu’à défendre les intérêts de la population laborieuse. Deuxième étage. « La victoire de la gauche » pour laquelle ils militent. Mais c’est quoi la victoire de la gauche ? La victoire du Social-libéralisme, la politique économique et antisociale de la droite faite par des politiciens qui s’autoproclament de gauche ? Nous en avons à faire quoi de cette victoire-là ? Ce ne serait pas la nôtre, ce ne serait pas celle des travailleurs, ce ne serait pas celle de la « gauche sociale ». Ce serait celle d’un parti de l’illusion et du mensonge et de ses véritables amis du capital et de la Banque. Nous n’en voulons pas de cette victoire-là. Nous lui préférons même la défaite qui signerait enfin l’effondrement du PS. Supposons maintenant quelques instants, les hypothèses d’école ne sont pas interdites, que Manuel Valls soit effectivement battu, qu’un candidat de « la gauche du PS », Hamon ou Montebourg soit effectivement investi par les primaires. On en appellera nous dit alors Gérard Filoche à Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot pour écrire un programme commun de gouvernent et désigner « un candidat unique de la vraie gauche ». Attention Gérard, pas toi ! Aurais-tu oublié quelques-unes de tes références ? Ne te souviens-t-il pas que c’est en « farce » le plus souvent que l’Histoire se répète ? S’il s’agit au bout du compte de faire un programme de gouvernement et un candidat unique avec Jean-Luc Mélenchon, pourquoi subordonner cette perspective aux résultats et conséquences improbables des primaires socialistes ? Pourquoi ne pas aller voir Mélenchon et discuter avec lui tout de suite des conditions du soutien à sa candidature, du mouvement « Filoche 2017 », donnant ainsi le signal d’une montée en puissance de celle-ci ? Ce qui fait la force de Mélenchon dans le contexte actuel c’est sa rupture totale avec le PS et le concept de « Gauche de gouvernement »qui donne de la clarté à son discours. Ce serait un suicide politique pour lui que de revenir par la fenêtre à la « gauche socialiste » de brouiller de la sorte son message, de trahir ainsi les espérances qu’il suscite et les électeurs disposés à le rejoindre qui se sentiraient floués par un tel tripatouillage. Ce qui fait le potentiel de Jean-Luc Mélenchon ce n’est pas un retour aux fondamentaux de la gauche, c’est au contraire « la réinvention totale », une possible recomposition d’une gauche authentique d’alternative sociale. Oui, les travailleurs, les salariés, la population laborieuse, les agriculteurs qui souffrent, « les dites classes moyennes » et tous leurs alliés et amis peuvent à l’occasion de ces élections présidentielles obtenir une vraie victoire électorale, non pas en volant bien sûr à la rescousse d’un PS aux abois mais en contribuant à le défaire définitivement, ouvrant la voie à une recomposition du paysage politique national. Or pour cela il faut battre Manuel Valls, certes, mais non pas en se précipitant pour voter aux élections primaires de la gauche, afin en vérité de sauver la crédibilité du PS. Il faut au contraire boycotter ces primaires, afin que la participation insignifiante des français à celles-ci disqualifie le PS et le ridiculise. Qu’importe dès-lors si Manuel Valls tirait son épingle du jeu des primaires dans de telles conditions, ce serait un bien mauvais départ pour affronter l’épreuve du premier tour des Présidentielles où il s’effondrerait entrainant son parti dans sa chute. La route serait enfin libre pour travailler à la recomposition d’une vraie gauche de transformation sociale, et à l’étape actuelle il ne fait guère de doute que Jean-Luc Mélenchon est une composante et une chance essentielle de celle-ci. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Samedi 7 Janvier 2017

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