VALLS .. EN ROUTE POUR L’HUMILIATION

VALLS ..EN ROUTE POUR L’HUMILIATION 60Nous avons expliqué antérieurement ( ……..) que le problème de la Gauche n’était pas de gagner les prochaines élections présidentielles, mais seulement de limiter les dégâts. Tenter de sauver le rôle pivot du PS dans ce conglomérat. Après avoir subi les affres d’une terrible tempête sous son crâne, François Hollande s’est sagement rangé à l’idée que sa candidature à sa propre succession était le pire des scénarios. Alors Valls a été désigné pour aller au Charbon à la place. Et bien que ce dernier fasse bonne figure pour donner le change, il est pleinement conscient qu’il s’agit là d’un cadeau empoisonné qui lui échoit. Car Valls, en effet, est-ce tellement mieux que Hollande ? A-t-il vraiment plus de chances de limiter les dégâts. Rien n’est moins sûr. Il partage totalement les pires aspects du bilan de Hollande et il s’est signalé en plus par son autoritarisme et sa défense. du social-libéralisme. Valls ou un autre d’ailleurs, ce serait du pareil au même. Montebourg ferait peut-être un petit peu mieux, 3 à 6 % de plus, mais son score resterait tout de même infiniment bas. Quel que soit le candidat de « la gauche » il sera humilié, car les électeurs en ont soupé de cette prétendue gauche et veulent lui faire payer très cher son autisme, son mépris, son arrogance, et sa malhonnêteté. Alors, s’il n’est pas humilié lors des primaire « de la gauche », ce ne sera pour « Manouel la muleta » qu’un recul pour mieux sauter sur les cornes du fauve de l’opinion populaire. L’humiliation n’en serait que plus terrible au premier tour de l’élection présidentielle. Alors pourquoi s’interrogera-t-on, confronté à une telle perspective si peu enthousiasmante et peu porteuse pour la suite de sa carrière politique, Manuel Valls a-t-il accepté d’endosser la veste du « sacrifié » ? Parce que lui et ses compères : Hollande et Macron ont entrepris d’opérer une recomposition de la base électorale du PS, ouverte sur le centre et la droite, les chefs d’entreprises. D’assumer pleinement le destin « social-libéral » décomplexé du PS. A peine l’opération lancée, peuvent-ils se permettre de se coucher face à l’adversité ? Il leur faut au contraire relever le gant. Il leur faut défendre leur projet. Si Hollande renonce il faut, coûte que coûte que quelqu’un d’autre monte au créneau à sa place A défaut ce serait l’implosion assuré du PS (parti de gouvernement), et l’échec lamentable de ce tournant assumé vers son avenir social-libéral. Alors, quoiqu’il en coûte il faut faire face à l’adversité. Valls a dit qu’il allait défendre le bilan de ce quinquennat. Diable bien sûr, c’est le sien. Ne le pas défendre, le critiquer, pour lui ce serait se tirer une balle dans un pied. Mais l’inverse est tout aussi vrai. Le défendre c’est se tirer une balle dans l’autre pied, s’exposer au risque d’une terrible sanction électorale. Valls est un crâneur. Et ça lui plait bien au petit catalan hargneux. Il sait fort bien qu’il est hors de question d’envisager sérieusement une victoire aux présidentielles de 2017, et pas même un score honorable, Mais s’il parvient à s’imposer aux primaires « de gauche », ce qui n’est pas joué d’avance. S’il parvient à être le candidat investi de « la Gauche » pour les présidentielles de 2017, il prend acte en vérité pour l’avenir (2022 ou 2027) en devenant ce que la presse nomme « un présidentiable. Voilà qu’elle est malgré tout sa motivation personnelle dans cette affaire. L’échec de Lionel Jospin dès le premier tour des élections présidentielles de 2002, avait créé un traumatisme dans la frange de l’électorat de « gauche » qui l’avait abandonné mais s’en repentait. Ce ne sera pas le cas en 2017. Cette foi les électeurs sanctionneront de sang-froid et en pleine conscience des conséquences, dusse la sanction provoquer l’anéantissement du PS. Au point de vue des classes laborieuses le PS est une calamité, un piège, un carcan. Sa disparition serait une bénédiction car elle rouvrirait l’espace des possibles. Le scénario qui se met en place pour les prochaines Présidentielles rend cette hypothèse accessible. C’est une aubaine historique dont les classes laborieuses, les électeurs modestes de » notre pays doivent se saisir sans états d’âme. Valls et sa clique « sociale-libérale », veulent aussi d’une certaine manière en finir avec le vieux PS de Gauche d’Epinay. Ils veulent recomposer un nouveau parti calqué sur le modèle du parti démocrate américain sans attache sociologique précise, sans aucune dépendance « sociale-économique » à une quelconque classe laborieuse susceptible de lui demander des comptes. Les autres, les « frondeurs » la « gauche socialiste », accepteront-il de partager ce destin qui est la négation de toutes leurs convictions et leurs engagements ? Ou préféreront ils s’en inventer un autre ? Alors oui ! Il faut prendre Valls et sa clique au mot. Et puisque recomposition il doit y avoir, en profiter pour recomposer, sans eux, un véritable parti « de Gauche », ou plus exactement un véritable parti des travailleurs et des classes laborieuses entièrement indépendant du PS quel que soit le nom qu’il adoptera. La candidature de Manuel Valls qui cristallise tous les rejets et toutes les crispations est d’une certaine manière la meilleure chose qui pouvait advenir dans cette perspective. Que le rejet de Manuel Valls soit aux électeurs Français une motivation supplémentaire pour précipiter la mort politique du PS.. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 7 décembre 2016.

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