PRIMAIRES DE GAUCHE ?LES LAMENTATIONS DE CAMBADELIS Jean-Christophe Cambadélis, à la tribune de « la belle alliance populaire », a tenté de faire illusion en adoptant la tonalité du tribun pour en appeler encore une fois au rassemblement de « la Gauche ». Or ce qui fait le tribun véritable ce n’est pas seulement la tonalité mais l’étoffe du contenu. Or le contenu du discours « Cambabélien », se signale par le creux et l’inanité. Tu grattes, il n’y a rien dessous, rien dedans. Rien que de bien lamentables lamentations. « Oui, la primaire, c’est le moyen d’imposer l’unité, de faire en sorte que les familles séparées se retrouvent, ». dit-il Une unité bricolée, sans fond ni fondements, voilà à quoi aspire JCC. L’objectif ? Strictement électoral. De la « politique politicienne » au sens le plus péjoratif. Il s’agit uniquement de « sauver la maison PS et sa vocation de parti de gouvernement. C’est-à-dire plus prosaïquement, les prébendes et avantages de l’Etat, les milliers de bonnes places d’élus, de postes de la haute administration ou à la tête des grandes entreprises Mais les travailleurs, les classes laborieuses et populaires n’en ont cure de « sauver le PS ». Ce qu’elles veulent, c’est une politique de justice sociale, plus équilibrée, ne prenant pas dans les poches des pauvres pour redistribuer aux riches. Et elles s’en remettront au parti quel qu’il soit, fut-il à naitre, qui s’engagera dans ce sens. Jean-Cristophe Cambadélis lui travaille pour le système qui a comme finalité de conduire le « peuple » à se défausser de sa souveraineté pour en investir un leader fabriqué. A cette fin l’illusion de l’unité suffit puisqu’il s’agit d’une unité factice, bâtie autour de l’adhésion par défaut à un homme, et non à un programme, non à une politique. « et encore une fois, à mon tour, je lance un appel à ceux qui n’ont pas compris aujourd’hui que la modernité c’est que le peuple tranche et non pas de trancher à la place du peuple. » poursuit-il. Pas compris ? Quel mépris t’anime donc ? Cesse Jean-Christophe de prendre les autres pour des idiots. Nous avons très bien compris même si nous n’avons pas compris la même chose que toi. Même si nous ne voulons pas nous ranger à tes raisons. Non, ce n’est pas « la modernité » que le peuple tranche à la place du parti et de ses militants. Ce n’est qu’un « subterfuge » grossier dont la finalité est d’instrumentaliser définitivement le parti, de le vider totalement de sa substance politique, de le transformer en une réserve de petites mains au service exclusif d’une caste de « leaders imposée en vérité par des puissances décisionnelles extérieures avec le concours des médias et la presse people. Un parti de « godillot » entièrement dédié à la conservation, ou à la reconquête de la fonction présidentielle, au gré de l’alternance. « Populisme », dites-vous ? Ce mot dans vos bouches a quelque chose d’infamant. Ce serait l’épithète que mérites ceux qui flattent le peuple, « le caresse dans le sens du poil », dans le sens de « ses bas instincts ». Mais n’est-ce pas précisément ce que vous faites avec « les primaires » de flatter le peuple avec un prétendu progrès de la démocratie, de l’abuser avec l’acquisition d’un supposé pouvoir décisionnel supplémentaire ? Qu’est-ce que cela peut-il bien changer au fond des choses que ce soit Paul ou Jacques qui soit désigné pour faire une politique sur laquelle le peuple n’a plus aucun contrôle. Le seul choix décisif que le peuple ait à faire c’est de trancher au deuxième tour des élections Présidentielles entre Paul ou Jacques ou peut-être Marine. Or ce choix lui-même n’a de décisif que de savoir qui de Paul Jacques ou Marine occupera pour les cinq ans à suivre le fauteuil présidentiel. Car au-delà les électeurs, le peuple n’ont plus aucun moyen de s’assurer de ce que fera le Président. Et s’ils s’avisent de faire connaitre leur mauvaise humeur ou leur désaccord on les rabroue en leur disant (comme Cambadélis) qu’ils n’ont rien compris, qu’il y a eu un « déficit de « Com », qu’on va leur expliquer, et s’ils s’obstinent on les renvois dans les cordes avec mépris, à coup de 49-3 ou d’ordonnances. « Je lance un appel à Emmanuel Macron, à Jean-Luc Mélenchon : rejoignez la primaire de la gauche ». C’est que le premier secrétaire du PS sent bien que la réalité se délite sous ses pieds, que sa primaire s’oriente vers un fiasco. C’est pourquoi il voudrait que Macron et Jean-Luc Mélenchon l’aident à sauver ses meubles de famille, en donnant du sens à une initiative désuète. Macron peut bien faire ce qu’il veut, nous n’en avons cure Ce n’est qu’une bulle de savon soufflée par le système et les médias, un homme sans intérêt du point de vue des classes populaires. Mélenchon lui c’est autre chose. Se déclarer candidat à l’élection Présidentielle en snobant la primaire « de la gauche », c’est sans nul doute la meilleure chose qu’il est fait ces derniers temps. Cela lui assure dors-et-déjà une place de choix dans le paysage politique préélectoral et lui promet un immense succès. Ce serait une terrible erreur de sa part que de revenir là-dessus, que d’écouter le chant « de sirènes » de ce lamantin de Cambadélis. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 5 décembre 2016.
