ÉLECTIONS AMÉRICAINES,MA RÉPONSE A L’OUTRANCE DES MÉDIAS La campagne électorale, puis la victoire de monsieur Trump aux États-Unis, ont donné lieu ces derniers temps à un déchainement des médias occidentaux. Je brûlais d’écrire à propos de cette déferlante de bêtises et d’outrances à laquelle s’est prêté et se prête encore la meute hurlante des journalistes et chroniqueurs à la solde. Je cherchais un point d’accroche pour mon article. Je l’ai trouvé dans le propos de Frédéric Beigbeder qui nous a dit « La honte, la peur, et le dégoût « que lui a inspiré le résultat de l’élection américaine. C’était exactement ce qu’il me fallait. Le Hasard a voulu que je tende l’oreille samedi vers midi et que je découvre sur France-Inter la chronique de Frédéric Beigbeder. Ce n’est probablement pas une heure où j’écoute régulièrement la radio. Avant ce jour mémorable, Je ne connaissais Frédéric Beigbeder, ni d’Eve ni des dents ». Je perdais quelque chose. On croit savoir mais on ne sait pas vraiment ce qu’est l’ignorance pédante avant d’avoir découvert cet homme. Il en est sans nul doute l’archétype. Jugez-en plutôt. Frédéric Beigbeder éjacule sa colère son indignation et sa honte à propos des « excès langagiers » de la campagne électorale de monsieur Trump et reconnais s’être « planté lamentablement » puisqu’il avait prédit la défaite de celui-ci. Un homme qui reconnait humblement ses torts n’est peut-être pas totalement bête, me dis-je. Comme bien d’autres Monsieur Frédéric s’est trompé dans son pronostic parce qu’il s’est laissé aveugler par ses propres points de vues et sentiments qui lui ont interdit l’accès à l’analyse posée de la réalité objective. Cette manière impulsive de traiter l’information ne témoigne certes pas de l’intelligence de celui qui s’y adonne. Mais peut-être n’était-ce qu’un accident ? Nous sommes tous sujets à commettre de telles erreurs, à nous laisser égarer par de pareils aveuglements. Reconnaitre sa faute et en tirer toutes les conséquences, c’est rebondir, ne pas capituler au chant de sirène de « Dame bêtise ». Frédéric B reconnait qu’il s’est trompé. Nous sommes tout-ouïe. Peut-être va-t-il nous administrer dans l’instant la preuve d’un esprit éclairé dont témoignerait l’aptitude, ayant reconnu son erreur, d’en tirer toutes les conséquences. Nous ne le connaissions pas jusqu’ici, nous n’avions pas d’apriori, nous étions disposé à lui accorder une chance. Mais là, patatras, il repart de plus belle dans l’invective et l’insulte. S’il s’est trompé ce n’est pas parce qu’il n’a pas su appréhender la réalité, c’est parce que les électeurs américains sont trop bêtes et frustres et que cette réalité-là il ne pouvait l’apprécier vu la haute estime dans laquelle il le tenait jusque-ici. Oh certes, je suis allé me renseigner à son sujet sur la toile, il a des lettres le monsieur et sans nul doute la tête bien pleine. Mais comme chacun sait cela ne fait pas tout. Il y a la manière de gérer « son capital intellectuel », le service auquel on astreint ses capacités intellectuelles, et cognitives. Comme le disait un certain « Zadig et Voltaire » on n’est pas quitte d’avoir la tête bien pleine encore faut-il l’avoir bien faite. Ce que j’en ai entendu est édifiant. Celle de Frédéric B contient une bouillie insipide ingurgitée dans les écoles et les livres, mais mal digérée. Il est pour les maitres qui l’ont formaté et le rétribuent, dans la propagande servile et non dans le décryptage éclairé de la vérité. Ceux qui « engueule » les peuples sont fréquemment les tyrans ou les imbéciles. Les réactions des peuples sont souvent bien plus intelligentes que ne disent les professionnels de la bien-pensance démocratique. Songez un peu. Tout, de la culture, des structures sociales, de l’éducation, de l’école, de l’information, est fait pour masquer la réalité des rapports sociaux, économiques et internationaux, tout est fait pour tromper et abuser les peuples. Cette dernière élection américaine précisément a donné de cela un témoignage éclatant et glaçant. Tout, tous les moyens politiques médiatiques, internationaux ont été utilisé pour dicter au peuple américain son vote obligatoire pour Hillary Clinton. Et malgré cela il n’a pas obtempéré, ne s’est pas laissé dicté sa conduite. Cette capacité de résistance intellectuelle et de persistance de son libre arbitre n’est-elle pas, en soi même déjà, une manifestation d’intelligence du peuple ? Alors certes, dans sa forme, la réponse du peuple n’agrée pas à l’establishment politique ni à la cohorte des intellectuels, journalistes et chroniqueurs de « la bien-pensance démocratique ». Mais il en va dans cette affaire comme dans la précédente. Il ne faut pas engueuler le peuple sur lequel on a jeté pour le faire taire une chape de plomb sociale et culturelle et qui parvient à s’exprimer tout de même. Il ne faut pas d’avantage s’indigner du chemin que cette expression emprunte d’abord quand on a claquemurées les institutions pour n’en laisser pas d’autres. Là encore le dernier exemple des élections américaines apporte un éclairage cru à notre propos. Bernie Sanders incarnait une autre voie et une autre forme possible d’expression de la colère et des angoisses du peuple américain. Mais les élections et la machine électorale sont des outils du « système ». Il n’y a pas de place à l’investiture démocrate pour un Bernie Sanders. Un candidat qui n’offre pas toutes les garanties pour la pérennité du « système », ne peut accéder à l’investiture. La machine est faite pour le réduire et l’isoler. Alors battu aux primaires Bernie Sanders a appelé à voter pour Clinton, la candidate de l’establishment du système et de la guerre. Le piège s’est refermé sur une possible expression sociale de la colère et des angoisses populaires. Elle est comme l’eau la colère il lui faut trouver un passage. Lequel lui restait-il sinon le vote Trump ? C’est cela même le « claque murage » institutionnel dont nous parlions. Alors, quand le peuple s’exprime de la sorte parce qu’on ne lui en a pas laissé d’autres moyens, n’est-ce pas un peu cynique et pédant que de lui en faire le reproche ? Pour notre part, ceux qui nous lisent fréquemment n’en doutent nullement et les autres l’ont déjà subodoré, nous ne tenons pas Monsieur Trump en grande estime. Il ne fait certes pas partie de ces élites » qu’il épingle, qui ont pour mission de gérer et d’assurer la pérennité du « système ». Mais, capitaliste milliardaire il est un membre à part entière du système lui-même. Nous ne croyons pas que la doctrine sociale qui l’anime, fondée sur l’accaparement privé de la richesse sociale et la loi du profit capitaliste, est de nature à solutionner les problèmes du peuple américain. Mais Hillary Clinton non plus. Or elle a un défaut rédhibitoire à notre sens : son discours guerrier. Trump est raciste sexiste et grossiers ? C’est vrai, ce n’est pas bien. Mais madame Clinton voulait précipiter le monde dans l’Apocalypse. Qui dira que c’est mieux ? Des destructions massives sur toute la planète, des millions de morts de blessés de mutilés, des séquelles graves des maladies pour des décennies ou des siècles, n’est-ce pas bien plus grave et condamnable encore ? Pourtant je n’ai pas entendu les esprits bien-pensants s’en indigner. Ils ont préféré faire la sourde oreille à ce sujet et tenter de nous illusionner avec le « progrès » que constituerait l’accession d’une femme à la Maison-Blanche. « Plutôt la femme que l’infâme » a titré « malin » le « Canard enchainé » Mais la femme était-elle moins infâme que l’homme ? Monsieur Trump veut dénoncer l’accord international de la «COP 21. » et rouvrir les mines de charbon. Ce n’est pas bon pour la planète. Mais les, ou la guerre, l’usage des armes modernes, l’impact écologique et humain que cela présage, n’est-ce pas au moins, voire plus dommageable encore pour notre pauvre vieille pomme ridée ? Je n’ai pas entendu pourtant les esprits bien-pensants s’en émouvoir. Et puis, ils usent sans vergogne de la mauvaise foi la plus crasse. Monsieur Trump disent-ils a été élu avec ¼ seulement des électeurs américains et avec moins de voix que Clinton. Est-ce une découverte pour ces gens-là ? Auquel cas elle serait une preuve éclatante de leur ignorance. Est-ce une nouveauté que le Président de « la plus grande démocratie du monde » est élu presque toujours, approximativement, par un quart des électeurs américains ? Citez m’en un seul, depuis belle lurette qui a vraiment mieux était élu que ça ? Alors oui user d’un tel argument aussi éculé pour contester la légitimité de l’élection de Monsieur Trump relève de la plus indigne des mauvaises fois. Monsieur Trump a été élu avec moins de voix que Madame Clinton ! Donald Trump a été élu avec 306 grands électeurs contre 232 pour Madame Clinton. Telle est la constitution et le système électoral américain fondé sur une sorte de suffrage universel direct/indirect. Faut-il changer la constitution américaine et son système électoral ? Il fallait le dire avant. Ceux qui s’offusquent de l’élection de Donald Trump dans le cadre de ce système et qui étaient tellement sûr de la victoire nécessaire d’Hillary Clinton, ce seraient pourtant bien accommodés de celle-ci dans les mêmes conditions. Ce qui encore une fois témoigne de leur grande mauvaise foi et de leur malhonnêteté intellectuelle. Ils découvrent aussi tout à coup que Bernie Sanders exprimait également les colères et les angoisses du peuple américain. Mais comme lui n’a pas gagné et qu’il est à ce titre « inoffensif » ils consentent à le gratifier des qualités de « la raison ». En raccourci : Bernie Sanders fondait ses thèmes de campagne sur la raison, il a perdu. Donald Trump fondait les siens sur « les peurs » il a gagné. Autrement dit le peuple est ignare, il n’entend pas la voix de la raison mais réagit comme les animaux « à l’instinct et aux terreurs ». La victoire de monsieur Trump est donc la victoire des imbéciles. Mais nous avons, nous, montré précédemment que la victoire de monsieur Trump était surtout la seule voie que le système politique laissait possible à l’expression des colères et des angoisses populaires. Que les électeurs en aient usé ne démontre nullement leur bêtise mais au contraire leur bon sens salvateur. Monsieur Trump veut créer de l’activité économique et des emplois en développant un programme de grands travaux. « Ah oui, mais c’est bien sûr » disent ces méchants propagandistes de la bien-pensance démocratique, « Il va mettre de l’argent dans les caisses de beaucoup d’entreprises dont la sienne… Ce n’est pas négligeable. » Ajoutent-ils sarcastiques » (chronique géopolitique de Bernard Guetta sur « France-Inter »). Parce que d’autres et chez nous même n’en mettent pas de l’argent dans les caisses des entreprises sous forme de réductions d’impôts et d’emplois subventionnés ? De cadeaux à Bernard Tapie et de Crédit d’impôts à la « Société Générale », Et ne s’enrichissent-ils pas personnellement en largesses et remerciements divers « pots de vins » et « rétros-commissions », conférences idiotes rétribuées des millions d’euros », etc…..Si l’on veut faire grief à un homme des défauts intrinsèques au système capitaliste, alors c’est ce système lui-même qu’il faut critiquer et tous les profiteurs et « les gavés » qui en vivent et non le seul monsieur Trump.. Monsieur Trump que tout au long de la campagne électorale américaine presque tous les journalistes et chroniqueurs du monde ont presque toujours désigné du sobriquet méprisant de « le milliardaire ». Eux qui sont les apologistes du système fondé sur l’enrichissement personnel. Eux qui font habituellement de l’enrichissement le summum de la réussite sociale. Eux qui sont les chiens de garde du système des milliardaires. Eux qui jappent sous la table aux pieds des maitres pour se voir dévolue les miettes du festin. Ah, les méprisables Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 16 novembre 2016.
