DÉFENSE DE LA C.G.T. C’était il y a 5 jours, le 15 juin, au lendemain de la manifestation Nationale contre la loi El-Khomri, qui a réuni un million de protestataires à Paris, vous avez entendu, le concert des salauds, des graines de dictateurs, dictateurs en herbes et dictateurs en exercice. Tous faisaient Chorus contre la CGT et menaçaient de s’en prendre au droit de manifester. 1 – Tromperie : Le Président de la république en tête qui donne le « la » et son premier ministre ont poussé leur charge contre la CGT qui serait responsable des violences en marge des manifestations, et envisagent sérieusement la possibilité d’interdire les manifestations sociales. Un des reproches que « l’establishment » adressait à celles-ci était de dissiper les forces de l’ordre de leur taches prioritaire de sécurité des populations face à la menace terroriste. L’autre était d’entraver le bon déroulement de l’Euro de football. Or depuis que celui-ci a commencé les désordres incidents et troubles à l’ordre public se sont multipliés du fait des « supporters des club » et des hooligans. Pourquoi diable Hollande et Valls ne proposent-ils pas d’interdire « la MANIFESTATION footballistique à la marge de laquelle se produisent ces incidents ? 2 – Chorus contre la CGT : Alain Juppé qui après une traversée du désert et un allé retour outre Atlantique chez nos cousins du Québec prétendait avoir changé, être devenu un autre homme sans les bottes où il se tenait trop raide en 1995, rechausse aussitôt ses bottes, renoue avec ses raideurs d’antan, se déclare partisan de l’interdiction des manifestations. Graine de dictateur Sarkozy prétendait lui aussi avoir tellement changé. « Chassez le naturel il revient au galop ». Le voilà qui renoue avec ses fondamentaux, appelant à la responsabilisation pénale et financière de la CGT. Il semble vouloir indiquer au gouvernement les outils « légaux » dont celui-ci pourrait faire usage pour la mettre à genoux. Légaux les moyens que suggère Sarkozy ? Autant, mais pas plus que la rétroactivité des lois de Vichy, car il s’agit ni plus ni moins que d’instaurer une notion de responsabilité collective en dépit de toutes les traditions et jurisprudences du droit français. Le FN est lui avant tout soucieux de ne pas s’aliéner une partie de ses électeurs potentiels. Il y va donc d’un grand écart. Si Florian Philippot déclare que les salariés que le gouvernement ne veut pas entendre ont raison d’avoir recours aux moyens utiles de se faire entendre. Deux jours après Gilbert Collard, avec l’intention probable de lui faire contrepoids, déclarait : « si j’avais eu une once de pouvoir j’aurais déjà interdit ces manifestations ». S’il « avait une once de pouvoir » ? Mais que serait-ce alors s’il avait la totalité du pouvoir ? C’est ainsi que l’avocat, non membre du Parti lepéniste nous rappelle, en nous glaçant les sangs, que ce parti « dé-diabolisé » entend rester tout de même le parti de « l’ordre nouveau ». Louis Aliot y est allé lui aussi de sa partition, empruntant la ligne médiane. La CGT n’est qu’un « groupuscule », laissons la faire. Depuis Jean-Pierre Raffarin c’est solidarisé avec Maitre Collard dont il a repris presque mot à mot la déclaration. Le Ministre de l’intérieur pour sa part s’efforce d’impliquer directement la CGT dans les violences en tentant d’accréditer l’idée que des membres de son service d’ordre « s’en sont pris à des policiers ». Mais il y a là une distorsion des faits et des notions. Tout d’abord parce que les déprédations infligées aux biens par des groupes à la marges des manifestations ne saurait être imputés aux manifestations ni aux manifestants, et que la sécurité des biens des personnes et des manifestations relève de la responsabilité du ministère de l’intérieur et de la compétence des policiers. Il en va autrement des affrontements éventuels entre forces de l’ordre et manifestants qui sont d’une toute autre nature. Et il n’y a pas de raison ni morale ni légale d’incriminer des manifestants brutalisés qui réagissent en situation de « légitime violence ». Nombreuses sont les manifestations de l’histoire sociale et politique qui ont donné lieu à de tels affrontements, sans qu’aucun pouvoir politique n’en déduise l’idée perverse de s’en prendre au droit de manifester lui-même. 3 – Profession de mauvaise foi. La CGT organisatrice des grèves et des manifestations, la CGT qui appelle aux nouvelles journées de mobilisation des 23 et 28 juin. Mais sacrebleu, il ne s’agit pas de la CGT toute seule, mais bien d’une intersyndicale regroupant 7 organisations de salariés, étudiants et lycéens (CGT, CGT-FO, SUD, FSU, UNEF, FIDL, UNL). Cette « FOCALISATION » manigancé contre la CGT démontre on ne peut plus clairement la mauvaise foi de ceux qui s’y adonnent et donne à entrevoir leurs desseins cachés. Et bien entendu les médias serviles et la meute des journalistes soldés ce sont mis au service de cette chasse sans états d’âmes. Mais c’est quoi donc qu’ils ont dans la tête, ou derrière, tous ces prétendants dictateurs, ces statues de Mussolini, ces émules de Franco et de Pinochet, ces fils de fer de madame Tchatcher, « ces enfants de Pétain » ? C’est de mettre un point final à la transformation du paysage syndical français en reléguant la CGT à la marge, ou mieux en la liquidant, et en promouvant avec la collaboration active des chiens de berger et de leurs moutons un syndicalisme « maison » intégré et docile. Et cela explique la focalisation particulière sur la CGT, car elle est l’incarnation de l’histoire du syndicalisme français de lutte de classe, et venir à bout d’elle c’est à leur sens venir à bout de lui. Souvenez-vous du mot de Martin Niemöller « lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils onr enfermé les sociaux-démocrates je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. » Il ne faudrait pas que l’on puisse appliquer un jour la formule à la situation que nous vivons : « Quand ils s’en sont pris à la CGT … etc. » La CGT-FO appartient au même tronc historique … Et SUD en rompant avec la CFDT s’est placé de facto lui aussi sur le terrain du syndicalisme de classe. La CGT réduite, et sauf à capituler, ces centrales seraient sans nul doute les prochaines cibles. Si d’aventure les voyous du gouvernement et du MEDEF parvenaient à leurs fins, s’ils venaient à bout de réduire la CGT, croyez-vous qu’il y aurait encore, avant longtemps, une place dans ce pays pour un syndicalisme vraiment indépendant et de lutte ? Et cette catastrophe surviendrait là, précisément au moment où la condition ouvrière et salarié se dégrade cruellement, au moment où il faudrait au contraire accumuler les matériaux et les forces d’une contre-offensive généralisée des classes prolétariennes. On est libre bien sûr de partager ou pas les options et les orientations de la CGT. Je ne les ai pas toutes ni toujours partagé moi-même. Mais confronté au travail de sape gouvernemental celle-ci se trouve aujourd’hui du fait de la conjoncture, dans la position de « gaillard d’avant » du mouvement syndical français. Nous devons réagir comme un seul homme, nous mettre en défense. La CGT c’est nous ! « No Pasaran ! » Car si le gaillard tombe nous savons très bien que c’est toute la citadelle qui sera menacée, probablement prise et asservie. « Nous sommes tous CGT ! » Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Lundi 20 juin 2016.
