LA DICTATURE DÉVOILÉE

LA DICTATURE DÉVOILÉE Elle est malade la République » avons-nous titré il y a quelques jours. Elle est malade en effet. Le parlement vient de proroger l’état d’urgence pour la troisième fois. On s’installe dans la logique sécuritaire de la dictature. « On s’installe dans la logique sécuritaire de la dictature » Qu’est-ce à dire ? Non pas bien sûr que l’on s’installe dans la dictature politique. Il y a fort longtemps que notre prétendue République 5ème du nom, fille du vrai faux coup d’Etat (Putsch d’Alger) du 13 mai 1958, n’est qu’une dictature dissimulée sous un tchador démocratique. Mais elle faisait oublier sa réalité en donnant le change, sur le plan des libertés individuelles. La loi sur « le mariage pour tous » avait cette fonction d’inscrire le quinquennat de François Hollande sous le signe « des libertés ». « Chez nous disais-t-on fréquemment devant le zinc du bistro, rendez-vous des philosophes de comptoir, « on est libre de dire ce que l’on veut, de critiquer le gouvernement autant qu’on le souhaite. » Ce qui n’empêchait nullement d’ailleurs, le gouvernement de s’en « fiche » éperdument et de n’en faire qu’à sa tête, c’est-à-dire selon la « feuille de route » du grand patronat et de la haute finance. Or, vous vous êtes rendus compte que cela n’est plus exact, ne relève même plus d’aucune réalité. Les attaques contre les libertés individuelles se multiplient, tous azimuts (interdiction de fumer dans SA voiture, interdiction de la fessée, installation de compteurs électriques espions qui vont à vos lieux et places, moduler votre consommation, éteindre la lampe où vous étiez en train de lire.). Nous ferons, un de ces jours, un bilan hallucinant de cette dérive autoritaire et dirigiste, qui s’immisce au plus intime de nos vies privées. L’Etat d’urgence ? Les plus éclairés n’étaient pas dupes, il s’agissait en vérité, plus que d’un authentique moyen de lutte contre « le terrorisme » d’un outil d’encadrement des libertés individuelles. Le gouvernement, en effet, conscient de sa félonie à l’endroit des travailleurs et salariés, redoute depuis longtemps une radicalisation politique et sociale, et entendait se munir ainsi de l’arsenal législatif nécessaire à la contenir ou la réprimer. La véritable « radicalisation » qui les inquiètes est bien celle-là et non la radicalisation islamiste, qu’ils ont instrumentalisé de diverses manières. Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris n’ont été qu’un prétexte à la mise en œuvre de cet arsenal non nécessaire pour lutter contre le terrorisme, mais qui pourrait s’avérer tellement utile pour juguler un temps, l’explosion sociale qui couve. L’interdiction de manifester signifiée, en vertu des dispositions de l’état d’urgence, à plusieurs citoyens, a levé le voile sur la réalité. Rien à voir avec les buts affirmés de « l’état d’urgence » de lutte contre le terrorisme. Quant aux motifs invoqués pour « justifier » ces interdictions ils sont « foireux ». Si les personnes visées se sont réellement rendues coupables de violences et de dégradations des biens, l’Etat possède un arsenal juridique suffisant pour les sanctionner sévèrement. Alors pourquoi vouloir imposer des interdictions de manifester anticonstitutionnelles ? Interdiction de manifester faite à des personnes qui se sont, nous dit-on, rendus coupables de violences …… Et demain interdiction de manifester à toute personne susceptible par son profil ou ses idées politiques de se rendre coupables de violence. On n’en attendait pas moins de lui, Nicolas Sarkozy, « de la graine de dictateur » lui aussi, invité ce soir du journal de 20 heures de « France-2 » faisait une proposition en ce sens, et de la surenchère aussi, suggérant de rendre civilement responsables les organisateurs des manifestations des dégâts qui se produiraient dans leurs sillages. Et plus fort encore, interdiction pourquoi pas, de toute manifestation risquant de provoquer un trouble à l’ordre Public. J’extrapole ? Je suis hors sujet ? Le croyez-vous vraiment ? Que nenni ! Ça a même déjà été essayé. « Remember you », il n’y a pas si longtemps, c’est sur de tels « attendus » que le Conseil d’Etat et plusieurs préfets justifièrent l’interdiction des spectacles de Dieudonné. On voit où conduit un tel engrenage : à l’encadrement juridique du droit de manifester, tel que les seules manifestations possibles resteraient les possessions religieuses et les « pardons » bretons, et bien entendu les « prières publiques » organisées par les « bénits oui-oui » de la bande à Berger qui ne manifestent d’ailleurs jamais vu qu’ils ne contestent rien. Un parlement croupion qui ne sert à rien, auquel on demande son avis quand on est certain qu’il abondera dans le sens du gouvernement, et que l’on annule à coup de 49-3 s’il rechigne ou émet un avis contraire. L’ état d’urgence » qui bafoue les libertés publiques fondamentales. Le voile démocratique en est levée, notre « République » est une Satrapie. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 22 mai 2016

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