DU POUVOIR DE NUISANCE DES NIAIS EN POLITIQUE

DU POUVOIR DE NUISANCE DES NIAIS EN POLITIQUE Il y a au Parti Socialiste (Socialiste telle est l’étiquette mystificatrice, sans aucun rapport à la réalité), de braves gens à l’esprit simple, prêts à croire à « ces promesses qui n’engagent que ceux qui y croient », disposés à prendre les vessies pour des lanternes, disponibles pour une « rencontre du troisième type ». Bien leur en fasse. Mais ceux-là, bien que parfois de manière non intentionnelle, n’en trompent pas moins leur public et nuisent aux causes qu’ils prétendent défendre. Nous ne sommes pas tenus de les croire ni de les subir. J’en ai connus des braves garçons (et filles, elles ne sont pas exemptes) de cette complexion-là. Ils ne sont pas méchants, ils sont même plutôt drôles et gentils. C’est pourquoi malgré la confusion de leurs jugements on peine à leur en faire grief. Chez certains peuples amérindiens les « fous » et « les niais » étaient mêmes protégés. Mais c’est pourtant à cette raison qu’ils sont parfois nuisibles, si on leur accorde trop d’attention, à l’équilibre du « jugement » public et donc aux causes qu’ils prétendent partager. Au PS, les fous et les niais ne résident d’ailleurs pas seulement parmi les adhérents lambda. Il faut dire qu’un tel parti dont le fondement est établit sur un grand écart entre ce qu’il prétend être et ce qu’il est vraiment, constitue un terreau favorable au foisonnement de cette engeance. Et comme ils sont nombreux au PS, les fous et les niais, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’ils soient représentés jusque dans les plus hautes instances du parti, groupe parlementaire compris. Ainsi y-a-t-il au PS, nous n’en doutons pas, et parmi les députés même, des gens qui sont sincèrement préoccupés de la condition populaire, des salariés et des ouvriers. Des gens qui sont opposés par exemple à la généralisation du travail des dimanches, ou à la liquidation de la loi des 35 heures, qui sont en désaccord profond avec l’actuel projet de « loi travail » (El-Khomri). Mais ces « braves gens » finissent toujours, d’une manière ou d’une autre, par accepter un compromis ou une « synthèse » avec les « malins qui gouvernent vraiment » au prix d’un arrangement avec leur conscience ou bien capitulent-ils sans gloire devant l’oukase du 49 3. Si ils sont vraiment, comme ils prétendent, « OPPOSES » à la politique « social-libérale » du gouvernement, si ils la juge véritablement néfaste pour les classes populaires, ne devraient-ils pas en toute logique s’y opposer jusqu’au bout, sans lésiner sur les moyens ? Or, quand le gouvernement souhaite faire usage du 49-3, l’article « couperet de la constitution », il doit au préalable solliciter un vote de confiance de l’Assemblée, les députés peuvent alors présenter et voter une « motion de censure » et si celle-ci recueille la majorité le gouvernement n’a guère d’autre issue que de démissionner. Dans ce cas, qui c’est déjà produit depuis le début de la mandature de François Hollande, la droite présente « sa » motion de censure, tout exprès bien marquée à droite et non consensuelle, et des députés de gauche (communistes, écologistes, ou gauche socialiste), qui ne veulent pas donner foi aux arguments de la droite en présentent une autre à leur propre sauce. Si bien qu’aucune des deux ne réunit la majorité et le gouvernement pourtant mis en minorité de facto, impose tout de même sa volonté, et les victimes désignées, les couches populaires, les salariés et ouvriers sont en définitive et comme à chaque fois « les dindons de cette farce cynique ». Pourquoi les choses se passent-elles ainsi ? D’abord parce que la droite, pour des raisons de politique politicienne (alternance oblige) souhaite marquer son opposition au gouvernement prétendument de gauche. Mais pour autant elle ne veut pas vraiment mettre en échec le gouvernement, et elle a à cela deux raisons. 1) La droite n’est pas d’accord avec les lois présentée par le Parti Social libéral, non pas sur le fond mais parce qu’elle voudrait aller encore plus loin. Elle ne souhaite donc pas mettre véritablement ces textes en échec au su que « tout est bon qui est déjà pris ». 2) D’autre part elle ne souhaite pas ouvrir une crise institutionnelle qu’entrainerait probablement la « chute » du gouvernement et qui pourrait s’avérer le début de la fin de « la cinquième « publique. La sauvegarde des institutions héritées de Charles De Gaulle et Michel Debré a plus d’importance à son sens que toute victoire politique conjoncturelle. Quant à la présentation d’une deuxième motion de censure, (de gauche), sous l’apparence d’une ferme opposition à la politique du gouvernement, ce n’est en vrai, objectivement, qu’une « feinte » une ruse pour sauver la mise à celui-ci et voler au secours de sa politique. Et alors, si vous collez le nez de nos gentils « demeurés » sur l’incohérence de leur conduite, ils vous répondent. On est contre ceci ou cela, mais on souhaite tout de même que « la gauche gagne » (Benoit Hamon). Or, suggèrerons-nous, est-ce bien la gauche qui gagne, et quoi, quand on laisse passer des lois ultra libérales anti-ouvrières ? La loi « El-Khomri » a cristallisée contre elle une opposition populaire massive. Les gentils fous vont-ils encore une fois nous berner ? Vont-ils encore sauver celle-ci au prétexte qu’ils veulent faire « gagner la gauche » ? Certains ce sont déjà ralliés au projet du gouvernement, car prétendent-ils, de nombreuses concessions ont déjà été faites et le texte actuel n’a plus rien à voir avec le texte d’origine. Mais en vérité le but ultime de la « loi travail », étant de faciliter les conditions de licenciements, afin de permettre aux employeurs de moduler leurs effectifs au plus près de la charge de travail et des carnets de commande. (Flexibilité des effectifs et dans les fait la fin du CDI), c’est cela l’essentiel et à cet égard tout le reste est secondaire et accessoire. Ainsi, tant que ce dispositif subsiste la « loi travail doit être combattue. L’accepter, au prétexte fallacieux de surtaxes sur les CDD ou toute autre leurre, qui ne seront d’ailleurs jamais appliquées, ce ne serait rien autre que se dédire et tromper ses mandants. Et, dans le cas d’usage du 49-3 par le gouvernement, laisser passer l’oukase, au prétexte que l’on ne veut pas se compromettre avec la droite, ce serait une terrible trahison, à laquelle la niaiserie ne saurait-être une excuse suffisante. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Samedi 7 mai 2016. LE SALAIRE DE LA TENDRESSE (Petit additif à l’article d’hier : « Du pouvoir de nuisance des niais en politique. ») Un ami m’écrit par « courriel » : « Tu qualifie de niais les députés de la Gauche-Socialiste et d’autres qui adopteraient la même attitude qu’eux en cas de recours par le gouvernement à l’article 49 – 3, pour faire passer en force la loi El-Khomri. Ne crains-tu pas d’y être allé un peu fort et même d’avoir été un peu injuste aussi ? Un peu fort car à la limite de l’injure et du mépris, un peu injuste car la quasi-totalité d’entre eux possède un bagage universitaire et intellectuel peut compatibles avec « la niaiserie » que tu leur prêtes. Ne crains-tu pas d’avoir été trop dur ? » Dur ? Absolument pas. C’est au contraire la tendresse qui m’a soufflé les mots que j’ai fait miens. C’est l’empathie constitutive de mon caractère et la philanthropie de ma démarche qui m’ont fait choisir cette caractérisation pour les définir. Si l’on devait chercher une autre explication que la niaiserie à l’attitude politique de ces gens-là, songez que ce ne pourrait-être alors que le cynisme. Et face à cette alternative je ne doute pas un seul instant, même si cela les a froissé un peu, que les intéressés préfèrent en définitive se voir appliqué l’adjectif pas bien méchant de « niais » plutôt que celui de « Cynique » avec l’abjection que cela sous-entend. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 8 mai 2016.

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