LE JUGEMENT DE SALOMON (Syrie)

LE JUGEMENT DE SALOMON (Syrie) La Russie est intervenue en Syrie et cela, nous l’avons dit maintes fois, a redistribuée les cartes. Les USA qui voulaient faire la loi tout seul et redessiner à leur manière les frontières du Moyen-Orient, ont été dès lors obligés d’intégrer à leurs plans cette nouvelle donne. Intégrer à leurs plans ne veut toutefois pas dire renoncer à leurs desseins. Cela signifie seulement « adapter à la nouvelle situation les moyens de parvenir aux mêmes buts. Le but politique général poursuivit, par-delà le fait de se débarrasser des régimes honnis (laïque BAAS iraquien, Jamahiriya libyenne, laïque BAAS syrien, Islamique Chiite Iranien) est la « balkanisation » du Moyen-Orient arabe. Redessiner 3, 4, ou davantage d’Etats ethniques ou religieux, (Kurde, Chiite, Alaouites, chrétiens, sunnites, etc.) dans chacune des nations héritée du partage, en 1916, entre brigands impérialistes, de la dépouille de l’Empire Ottoman. Diviser pour régner en est la règle, mais aussi assurer de la sorte le leadership israéliens sur toute la région. Depuis l’intervention russe en Syrie, nous n’avons eu de cesses de mettre en garde contre la prétendue changement de cap des politiques américaines et française. Nous avons expliqué qu’il s’agissait seulement pour les puissances occidentales de se repositionner afin de poursuivre leurs mêmes buts par des moyens différents. Leur problème majeur étant, nous l’avons souligné, de mener la lutte contre l’EI sans rendre au contrôle de l’Etat légitime syrien les territoires qui lui avaient échappés. Pour cela, dans un premier temps il ne fallait pas laisser le champ libre à l’alliance de facto russo/syrienne. Il fallait rester dans le jeu, occuper du terrain (et du ciel), rester comme l’une des composantes de la solution. Maints évènements ont illustré jusqu’ici la justesse de notre lecture. Mais une récente proposition du département d’Etat américain vient de jeter une lumière crue sur cette réalité et confirmer notre analyse on ne peut plus clairement. Dans un entretien avec le « New-York time » John Kerry en effet vient de suggérer à la Russie le « partage des zones d’influences russes et américaines en Syrie ». (Article paru sur Sputniknews, samedi 21 avril) « Nous avons proposé de tracer une ligne, une ligne absolue, et de dire: vous ne la franchissez pas et nous non plus », a déclaré M. Kerry. Selon lui, les autorités russes sont en train d’étudier cette proposition. » (« infosmaintenant – Site de réinformation). Qu’est-ce « une ligne absolue » que les uns et les autres de part et d’autre de celle-ci n’ont pas le droit de franchir ? Une ligne de démarcation ? Un trop célèbre sinistre 17ème parallèle ? « Corée du nord/Corée du sud, Vietnam du nord/Vietnam du sud… Syrie de l’est et Syrie de l’Ouest ? La méthode est éculée. Il s’agit d’un piège odieux pour empêcher dans un premier temps la reconquête des territoires par l’armée syrienne, et ultérieurement pour poursuivre par d’autres moyens la guerre contre le régime légal syrien. Nous tremblons à la simple idée que la Russie puisse abonder dans ce sens et espérons très fort qu’il n’en sera rien. Cette odieuse proposition confirme tous les pronostics que nous avons faits depuis plusieurs mois concernant le prétendu changement de politique des USA et de la France consécutifs à l’intervention russe. » Ainsi dans notre article du 27 février devancions nous cette odieuse proposition de John Kerry : « Faisons la paix, propose-t-il, sur les bases de la situation présente, faisons la paix pour éviter que vous n’infligiez une défaite totale à vos ennemis nos amis, dépeçons la Syrie, chacun sa part, Bachar et ses amis Russes auront la leur, la Syrie « toujours » amputés de plus de 70 % de son territoire, mais la Syrie tout de même puisque vous y tenez tant. »(Trève en Syrie. Les intentions cachées de la diplomatie US) Mis devant un fait incontournable et à moins de faire tout de suite une guerre ouverte à la Russie, John Kerry devine que les USA ne sont plus en mesure de faire leur loi en Syrie. Alors il voudrait, père indigne, résoudre le problème selon le jugement du roi Salomon, fendre l’enfant en deux à partager entre la Russie et USA. Dans l’impossibilité d’obtenir une victoire militaire à court termes KERRY VEUT PARTAGER LA DÉPOUILLE DE LA SYRIE. La Russie c’est honorée jusqu’ici en s’en tenant à une ligne de conduite, celle du respect des frontières et de la souveraineté des États, qui a contribué à accroitre son « aura » internationale, Nous ne pouvons croire qu’elle accepterait tout à coup de se départir de cette conduite pour se livrer à des tripatouillages dignes des pires heures de l’Histoire coloniale. Il nous parait exclue que la Russie puisse accepter de discuter dans le dos des Etats existants et de leurs gouvernements légaux d’un partage de Brigands digne des accords secrets Sykes-Picot que la toute jeune révolution russe s’était fait un honneur de révéler au monde ? L’on sait quel fut en définitive le jugement de Salomon. Il débouta la mère indigne qui ne rechignait pas à faire fendre l’enfant en deux et le confia tout entier et sauf à la mère qui pour le sauver eut préféré le céder plutôt que de le voir périr. C’est ce qui adviendra de la Syrie. Elle sera toute entière, une et indivisible confié à la protection de la Russie si celle-ci s’en tient sans fléchir à sa ligne première. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 23 avril 2016.

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