DU VENIN MÉDIATIQUE

DU VENIN MÉDIATIQUE C’était il y a deux jours sur « France 2 », au journal de 20 heures, par les soins de Laurent Delahousse. Le journaliste vedette avait consacré une page spéciale à la reprise de Palmyre par l’armée syrienne, et, pour la commenter il avait invité une femme, dont je n’ai pas noté le nom, qu’il présenta comme « une figure » de l’opposition. Le reportage en image dans le site archéologique mutilé était commenté de la sorte : certes les djihadistes avaient dynamité le temple de Bel et l’arc de triomphe, mais le site était tout de même « préservé » à 80 %. On avait le sentiment d’une volonté affichée de minimiser les destructions délibérées des barbares de Daesh. Je m’autorise ici à utiliser ce terme de barbare, trop utilisé à tort et à travers, qui a valeur de jugement moral, car il convient à des gens qui s’attaquent au patrimoine culturel et archéologique de toute l’humanité. Par contre la caméra s’attardait sur d’autres destructions dont on ne connaissait pas la cause mais qu’en termes à peine voilés le commentaire tentait d’attribuer à l’action de l’armée syrienne et aux bombardements russes. Les Russes ne se sont-ils pas enorgueillie eux-mêmes du soutien aérien qu’ils ont fourni à l’armée légale ? Bien entendu je ne saurai me prononcer là-dessus. Je ne connais pas le site ni les détails de l’opération militaire de reprise de Palmyre. Mais on avait le sentiment là, qu’au prétexte de ne pas infliger à celle-ci d’autres dégradations, notre média Français regrettait que l’armée syrienne en ait chassé l’EI. « Finalement, pour la sauvegarder, ne valait-il pas mieux abandonner à jamais l’idée de reprendre Palmyre à Daesh ? ». Puis Laurent Delahousse interrogeait son invitée Syrienne, et probablement parce qu’il voulait aller au plus vite au plus pressé, peut-être aussi parce qu’il craignait qu’elle s’attarde sur des considérations non essentielles aux fins de son ordure propagandiste, il s’avisa de lui souffler ce qu’il souhaitait lui entendre dire. « Alors vous, quand vous voyez ça, qu’en pensez-vous ? Qu’Assad et Daesh c’est pareil qu’il s’agit de deux barbaries entre lesquelles il n’y a pas à choisir ». (Propos approximatifs car rapportés de mémoire). Et son invitée de répondre en arabe que « non, Assad c’était pire, car tant qu’il serait là Daesh ne partirait pas ». Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 3 avril 2016. NB – Une représentante de l’opposition syrienne en France qui s’exprime en arabe, cela a de quoi surprendre. Héritage du temps « du mandat » de la société des nations » la Syrie est un des pays les plus francophones du Proche-Orient. De nombreux intellectuels y parlent couramment le Français comme une quasi deuxième langue maternelle. Et la France qui a materné le CNS et l’ASL, « douairière » de la dite opposition syrienne, ne trouve pour s’exprimer sur une chaine française de grande écoute qu’une représentante de l’opposition qui ne connais pas le Français ? Cela a de quoi surprendre et susciter quelques interrogations.

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