LOI TRAVAIL : LA MAUVAISE FEINTE DE MANUEL VALLS

LOI TRAVAIL :LA MAUVAISE FEINTE DE MANUEL VALLS Voilà donc Madame El-Khomri définitivement réduite au rôle de « potiche », ou de « faire valoir » comme l’on veut. Valls est à la manœuvre, et il manœuvre en effet. Recul ? Réécriture, Détricotage ? Dialogue ? « Nouveaux départ » ? Ou feinte ? C’est selon les sensibilités ou arrières pensées de chacune des parties concernées. Dans cette affaire, le Premier-ministre, poursuit deux objectifs : 1) Donner à croire à l’opinion qu’il a vraiment reculé, qu’il a fait de véritables et importantes concessions.2) scinder le front syndical. Avec comme finalité de faire douter et faiblir la contestation. RECUL EN TROMPE L’ŒIL Afin de faire bouger les lignes Valls nous sert donc quelques amendements au projet initial. Le gouvernement « détricote sa loi » écrivent « Les Echos », « La loi travail vient d’être réécrite » claironne « Le Figaro » Or rien de tout cela n’est véritable. La loitravail reste égale à elle-même, tout aussi nocive et inacceptable pour les salariés. Même les passages réécrits, n’apportent aucune amélioration au texte initial, car il s’agit d’une réécriture en trompe l’œil. « Mesure symbolique de ce projet de loi, le plafonnement des indemnités prud’homales a été abandonné. En réalité, le barème des indemnités prud’homales sera seulement « indicatif », » En réalité est-il bien écrit dans «Le Figaro ». Car en vérité la mesure n’a pas été abandonnée du tout, elle a simplement changée de statuts. De « Barème par nature impératif » elle est devenue « barème indicatif ». Mais croyez-vous sérieusement que celui-ci sera pour autant moins effectif ? Que feront les conseillers prud’homaux quand ils en viendront à la question des indemnités sinon de s’en remettre « au barème » indicatif ou pas ? En « réalité » il s’imposera tout autant comme l’esprit de la loi. « Le projet de loi maintient la place centrale donnée à la négociation collective, en particulier en matière d’organisation du travail, mais en renforçant le rôle des branches en tant qu’organes de régulation ». Mais la négociation au niveau de l’entreprise autorise à s’abstraire de la loi. Qu’est-ce une prétendue loi dont on peut s’émanciper ? Un décor ? Une tromperie ? Tout, mais en tout cas pas une loi. « Pour les très petites entreprises et les PME, la possibilité de négocier avec un salarié mandaté par un syndicat sera élargie. » (le Home figaro.fr) Quand on connait le monde de l’entreprise, il ne fait aucun doute que cette disposition revient à livrer les salariés des petites entreprises au bon vouloir des patrons. Imaginez le brave type désigné qui ira se coltiner seul à la dictature « du boss », n’aurait-il pas intérêt à « filer doux » ? Imaginez le même qui sera mandaté au demeurant par un syndicat de collabos tel que celui de monsieur Berger. Et cet individu seul, au pouvoir de son patron, encadré par des traitres ira négocier les conditions de travail et de salaire de ses semblables ? « En matière de licenciements économiques, le gouvernement maintient l’évaluation des motifs au niveau national mais prévoit des garde-fous pour éviter les abus. » … « Mais il doit y avoir des garanties : les grands groupes ne pourront pas provoquer artificiellement des difficultés économiques sur leur site français pour justifier un licenciement sans être sanctionnés », » Dispositif creux et sans la moindre conséquence. Qui lèvera le lièvre ? Qui contrôlera en amont la stratégie de l’entreprise seul moyen de donner du sens à cette disposition ? DE LA SOUPE POUR MANUEL VALLS Dans l’intention de faire bouger les lignes Valls nous sert quelques amendements au projet initial. Recul ? Réécriture ? Détricotage ? Dialogue ? « Nouveaux départ » ?… Ou feinte ? C’est selon les sensibilités ou desseins de chacune des parties, avons-nous dit. Une des parties intéressées ce sont d’abord les journaux et grands médias en service commandé. Et comme de bien entendu pour ceux-là il s’agit « de recul, d’abandon, de réécriture, voire même de détricotage. Valls veut donner à croire qu’il a vraiment reculé, qu’il a fait de véritables et importantes concessions. C’est une condition qui lui est indispensable pour reprendre langue avec l’opinion. Alors bien entendu, tous les grands médias, propriétés des patrons, lui servent la soupe, font semblant de le prendre au sérieux, de croire a un réel recul du gouvernement. Tous entonnent le même refrain, Le gouvernement « détricote sa loi » écrivent « Les Echos », « La loi travail vient d’être réécrite » claironne « Le Figaro » et Pierre Gattaz, président du MEDEF, est mécontent bien entendu. ET DU FOIN POUR LAURENT BERGER Afin de faire bouger les lignes Valls nous a servi quelques amendements au projet initial. Recul ? Réécriture, Détricotage ? Dialogue ? « Nouveaux départ » ? Ou feinte ? C’est selon les sensibilités ou desseins de chacune des parties, avons-nous dit. Une autre des parties intéressées ce sont les syndicats dit « réformistes » (en vérité contre-réformistes »). Et comme de bien entendu pour ceux-là il s’agit aussi « de recul de réécriture, et même de « nouveau départ ». Eux aussi, en effet, ont intérêt à servir la soupe au gouvernement pour s’auto-justifier. Le gouvernement n’a-t-il pas « reculé » grâce à eux ? Les autres « braillent » pour le retrait qu’ils n’obtiendront pas, mais la CFDT elle est « efficace », elle a fait des prières et « Dieu le maitre » les a entendu et a « réécrit » son projet selon les doléances de la CFDT. C’est une victoire de la CFDT a commenté hier soir David Pujadas. Mais qu’elle victoire ? Qu’elle victoire peuvent-ils jamais obtenir ceux qui ne livrent aucun combat ? La part de la CFDT dans cette affaire ne relève pas des pratiques ni du vocabulaire de « la lutte » mais de ceux de la collusion et du « deal » ! La CFDT n’est pas dans le rapport de forces, elle est dans un jeu de rôle. Berger a seulement fait l’âne pour avoir du foin et Valls lui en a servi juste ce qu’il en faut pour qu’il cesse de braire. La CFDT, selon David Pulas, aurait obtenu des concessions sur les points qui font blocages ? Mais blocage de qui de quoi ? Si l’on prend la contestation : les signataires de la pétition, la CGT, La CFDT, Le CAL et L’UNEL, etc. il n’y a pas de points de blocage, il y a un projet dont ils ne veulent pas, dont ils exigent l’annulation. Blocage donc pour les syndicats dits réformistes ? Mais comment pourrait-il s’agir de blocages pour des gens qui sont les serviteurs zélés du pouvoir politique et la cinquième colonne du MEDEF dans le mouvement syndical et qui ne demande qu’à se coucher ?Mais il y a nous, une autre partie intéressé par les manœuvres de Valls, et nous ne sommes pas dupes. Non, l’opération mise en scène, autour, envers et avec la complicité la CFDT n’a rien d’un recul devant la contestation qui monte, ni ne suppose la moindre reconnaissance par le gouvernement « que son projet de loi ne passe pas », comme l’écrit ce jour notre camarade Caroline de Haas. Certes, « c’est grâce à nous » que les choses ont bougé et que Manuel Valls a dû s’emparer lui-même de la gestion du dossier. C’est la conséquence de notre engagement s’il doit se livrer à de telles manœuvres dilatoires. Mais celles-ci pour l’instant ne signalent aucun doute de la part du gouvernement, il ne s’agit pas encore de « recul », il s’agit de « dribble » ou de « feinte » : de son rangement en « ordre de combat. Nous l’avons obligé à bouger, alors oui nous sommes en mesure de le faire capituler. Mais, pour en venir à bout, pour le contraindre à retirer son projet, on ne fera pas l’économie d’une véritable bataille sociale, d’un réel « bras de fer ». Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mardi 15 mars 2016.

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