KERRY JETTE LE MASQUE(Republié*) Réagissant apparemment à l’interview accordée jeudi 11 février par le Président Assad à l’Agence France Presse, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a déclaré : « Si Assad ne remplit pas les obligations assumées, et que les Iraniens et les Russes ne lui font pas faire ce qu’ils ont promis (…) les membres de la communauté internationale ne resteront pas certainement à l’observer comme des idiots ». « Obligations assumées » ? John Kerry ment effrontément. L’accord de « cessez le feu » signé jeudi par les Russes et les Américains l’a été à l’exclusion des parties syriennes. C’est-à-dire que ni le gouvernement syrien ni les rebelles n’ont convenu ni signé quoique que ce soit et ne sont donc tenu à quoique ce soit, et donc pas « d’assumer aucune obligation ». Quant à l’injonction : si « les Iraniens et les Russes ne lui font pas faire ce qu’ils ont promis », elle illustre avec un cynisme sans égal la vision que le chef de la diplomatie américaine se fait des rapports internationaux et avec quels égards « les maitres de l’Empire » traitent du droit et de la souveraineté des nations. Mais ce n’est pourtant pas là le plus important. L’important dans cette réaction c’est que Kerry a dérapé laissant entrevoir les véritables intentions et le double jeu de l’Amérique. En cas d’échec du plan de cessez-le-feu avait-il dit, « l’apparition en Syrie de « forces terrestres supplémentaires n’était pas improbable. ». A qu’elles forces-armées terrestres songeait-il ? Si l’on en juge par le fait que son chef le Président américain, avait lui, exclu peu avant l’immixtion de troupes US en Syrie ce ne peut donc être que celles des alliés régionaux de l’Amérique, l’Arabie et la Turquie bien sûr, vous l’avez deviné. Et ils tenteront de faire croire tout de même que l’Amérique n’est pour rien dans la nouvelle étape de la guerre qui se fomente. Alors dans ces conditions, est-ce vraiment surprenant si le Conseil de Sécurité de l’ONU, réuni le 19 février à la demande de la Russie a rejeté le projet de résolution de cette dernière appelant au respect de la souveraineté de la Syrie ? La France et les USA s’y sont opposés. Dans le cas d’intervention Turque ou Saoudienne, l’existence d’une telle résolution mettrait les puissances occidentales dans la situation de devoir condamner leurs alliés pour le viol de ladite résolution. Or ceux-là se réservent le droit au contraire de saluer et soutenir de telles interventions dont ils sont les véritables commanditaires. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Samedi 20 février 2016Cet article qui avait disparu des écrans le 22 février a la suite d’une manipulation malencontreuse de notre hébergeur été republié le 23 février.
