IRAN/ARABIE SAOUDITE : LA GUERRE QUI VIENT DE LOIN (2ème volet)

IRAN/ARABIE SAOUDITE : LA GUERRE QUI VIENT DE LOIN (2ème volet) (republié*) Alors que vient d’avoir lieu officiellement, le 16 janvier 2016, la levée des sanctions internationales, consécutive à la signature en juin dernier d’un accord sur « le nucléaire Iranien », la guerre voulue par l’occident, n’a peut-être jamais été si proche. C’est ce que nous avons voulu dire dans le premier volet du même titre (« Iran Arabie Saoudite une guerre qui vient de loin. ») : paru le 13 janvier 2016 : « La guerre en Syrie n’est en quelque sorte que « la mise en bouche » d’une guerre annoncée de longue date, bien plus grande et dangereuse pour l’avenir du monde, celle que les USA et Israël entendent qu’ON » fasse à l’Iran. » Et nous remarquions : « Presse, médias, spécialistes de tous poils et chancelleries se répandent en conjectures. La « gueule enfarinée », les dirigeants impérialistes occidentaux feignent de n’y être pour rien, ils découvrent avec « horreur » le danger de cette guerre imminente. Ils s’en émeuvent : « La communauté internationale » ainsi qu’ils se sont baptisées pour ne pas dire leur vrai nom, n’a pas intérêt à cette guerre, affirment-ils sans sourciller, et œuvre à faire retomber les tensions, tentent ils de nous faire accroire. Or, la vérité est inverse. Cette guerre programmée vient de loin*. Cela fait plus de vingt ans que les USA et Israël travaillent d’arrache-pied à la fomenter. A maintes reprises, et encore récemment, Israël n-a-t-il pas menacé de déclencher seul des frappes aériennes sur l’Iran si ses alliés occidentaux tardaient encore à passer à l’action ? A maintes reprises la maison Blanche a dû tempérer les ardeurs guerrières de Benyamin Netanyahou. Non pas que la Maison-Blanche rechigne à faire cette guerre, mais selon sa doctrine du moment elle n’entendait pas la faire elle-même, préférant en déléguer la charge. Et c’est « aux arabes, enfin unis pour le pire derrière l’Arabie Saoudite, sous le drapeau de l’Islam sunnite », que l’oncle Sam entend faire ce cadeau empoisonné. » Alors que nos médias occidentaux et nos responsables politiques tentent de nous enfumer, force est de constater que d’autres, comme nous, ont les idées claires tout de même et les voient venir avec « leurs gros rangers ». Les dirigeants Iraniens en font partie, ils ne sont pas dupes des discours lénifiants et savent discerner les réalités dans le fatras des assertions de la propagande mensongère. Nous en voulons pour preuves les récentes déclarations de Monsieur Mohammad Javad Zarif ministre des Affaires étrangères qui a noté que la levée des sanctions contre l’Iran allait engendrer de nouveaux problèmes. Donnant à entendre que la crise actuelle des relations irano/saoudiennes, était au nombre de ceux-ci. « Les actions agressives de Riyad sont dictées par la peur de voir l’Iran revenir sur la scène internationale. » « Mr Sabbah Zanganeh, spécialiste iranien du Proche-Orient, ex-conseiller du ministre des Affaires étrangères et membre de la commission de la Défense au parlement iranien (Majlis) entre 1980 et 1985, a livré sa vision des choses, que voici, à l’agence « Persian sputnik » : « L’Iran s’est soustrait au contrôle et à l’influence des Etats-Unis et des pays occidentaux, ce qui n’a pas tardé de provoquer l’hostilité des médias occidentaux à son égard »….. Au lieu de combattre le terrorisme, l’Occident a encouragé ce dernier en vue de créer un front commun contre l’Iran sous prétexte de défendre les musulmans sunnites…… « L’hostilité à l’égard de l’Iran n’a pas disparu. Le programme nucléaire de Téhéran n’a été qu’un prétexte (souligné par nous. ndlr) pour encourager ce phénomène politique en Occident et en Arabie saoudite. »… « Il ne fait aucun doute que les Etats-Unis continueront à soutenir leur allié saoudien dans ses attaques contre l’Iran. (Souligné par nous ndlr) Des provocations contre Téhéran sont également possible. » Vous le constatez, cette appréciation des choses est étonnamment proche des propres analyses de « la voie des sans voix », que nous maintenons et réitérons depuis de longues années. Mais en ce cas, lorsqu’on adopte ce point de vue, comment pourrait-on maintenir que le conflit en gestation, entre l’Iran et l’Arabie Saoudite relève d’une problématique strictement Irano-saoudienne, comme d’aucun voudrait l’accréditer ? En vérité ce conflit ne résulte pas même, tout au moins pas seulement, de la concurrence entre les deux pays pour le « leadership régional. Il est encore moins le produit des tensions inter religieuses qui ne sont que prétexte et outil d’enrôlement des foules. Il est en réalité le résultat d’un long travail de maturation et de sape entrepris depuis « belle lurette » par les chancelleries occidentales, au premier rang desquelles celles des USA et l’Israël. Israël oui bien sûr! Nous savons que certains lobbys et médias tentent de décrédibiliser et de tourner en dérision l’idée même de ce tandem maléfique « USA/Israël ». Mais dans le cas d’espèce le rôle et la place occupé par Israël dans l’exacerbation des tensions iranophobes, n’est guère contestable. Nous ne reviendrons pas sur la trop longue liste des faits qui l’atteste, nous nouslimiterons à rappeler le récent discours hystérique de Benyamin Netanyahou prononcé le 8 mars devant le congrès américain (Voir : « LE VRAI SENS DU DISCOURS HYSTÉRIQUE DE NETANYAHOU « –LVDSV, 9 mars 2015) et les très récentes sorties provocatrices du ministre israélien de la Défense, monsieur Moshe Yaalon qui lors d’une conférence organisée par l’Institut d’études de sécurité nationale d’Israël à Tel-Aviv, le 19 janvier 2016, a déclaré «En Syrie, entre Daesh et l’Iran, je choisis Daesh, ils sont bien moins puissants». Hillary Clinton, quant à elle, en campagne pour les présidentielles aux États-Unis vient de déclarer : « Au cours d’une conférence organisée par le think tank américain Brookings Institution, «Je présenterais une invitation au Premier ministre israélien pour qu’il vienne aux États-Unis (…) afin de travailler à renforcer et intensifier énormément notre relation sur les questions militaires», ajoutant qu’elle désire amener les relations israélo-américaines «à un niveau supérieur». » S’exprimant par la suite sur le dossier iranien, la candidate aux élections présidentielles a estimé que l’option militaire ne devrait pas être «exclue» dans les négociations avec Téhéran. Selon elle, le pays fait déjà montre d’un «comportement provocateur» et pourrait violer l’accord sur le nucléaire qui a été conclu avec les États-Unis. » (source RT en français) On le voit donc, la guerre Iran/Arabie Saoudite qui se profile n’est autre qu’une guerre par délégation, comme fut la guerre Iran/Irak dans les années 80, manigancé et attisée depuis de longues années par les puissances occidentales. Telle est la toile de fond. Mais ça n’explique pas tout. Depuis plus de vingt ans que n’ont cessés les discours agressifs de l’Occident contre l’Iran, plusieurs scénarios ont été envisagés en fonction des circonstances et l’humeur du moment : La déstabilisation du régime par l’opposition intérieure, Les frappes aériennes massives d’Israël sur les installations sensibles de la République Islamique, La guerre de représailles d’une coalition américano occidentale prenant prétexte d’un soi-disant programme nucléaire militaire de l’Iran, etc. La « grande manip » du prétendu printemps arabe, ne fut à cet égard que le dernier des scénarios mis en œuvre qui devait en liquidant le régime baasiste en Syrie isoler complètement l’Iran du monde arabe et l’ouvrir à l’agression occidentale Mais Bachar Al Assad a résisté et l’intervention de l’aviation russe à ses côtés a définitivement rebattues les cartes de ce conflit. Il n’est dès lors plus question d’envisager la chute du régime baasiste dans un avenir plus ou moins proche. Il faut composer avec cette nouvelle réalité. La guerre prochaine Iran/ Arabie Saoudite est en ce sens la réponse du « berger à la bergère » qu’adressent les USA à la Russie et à l’Iran. La diagonale du fou A l’été 2013, par l’intercession diplomatique de la Russie qui proposa la mise sous contrôle international de l’arsenal chimique syrien les USA et la France furent privé du prétexte d’une intervention militaire imminente massive en Syrie. La réplique «en forme de représailles » des États-Unis, fut tout à fait inattendue. En encourageant le coup d’État de la place Maidan à Kiev, ils prenaient la Russie à revers, menaçant directement ses positions sur la mer Noire. En intervenant avec leur aviation en Syrie, en soutien aérien des troupes au sol que constitue l’armée légale syrienne, la Russie, n’a pas seulement pris la main dans le conflit syrien et la lutte contre Daesh. Elle a déclenchée la contre-offensive générale du régime qui doit aboutir à chasser hors les groupes djihadistes et à reconstituer l’intégrité territoriale et l’unité de la nation syrienne. Cela ne laisse que peu de marge à l’action déstabilisatrice des USA et de ses alliés arabes. Lutter véritablement contre Daesh ? C’était dès lors apporter sa contribution à la victoire militaire de Bachar Al Assad. Ne pas le faire c’était se discréditer définitivement à l’égard de l’opinion publique internationale. Alors les USA s’efforcent-ils de se réintroduire dans le jeu macabre syrien, en tentant de contrôler la « zone Kurde » pour la partitionner et ainsi reconfigurer leur guerre à Bachar Al Assad et à la République laïque syrienne. C’est un réajustement à la marge, tout à fait aléatoire de surcroit car il les met en délicatesse, sur la question kurde, avec la Turquie, leur alliée et membre de l’OTAN. Mais la véritable réponse des USA est ailleurs. Elle est dans le regain de tension entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Allumer la Guerre Iran Arabie Saoudite, telle est la réponse stratégique des USA au coup de maitre de Poutine en Syrie. C’est pourquoi, contrairement à l’avis de nombreux pronostiqueurs politiques, décidément bien naïfs ou ignares, qui pensent que cette guerre n’est pas faisable parce qu’ « en cas de conflit armé avec l’Iran, l’Arabie saoudite n’a aucune chance de remporter la victoire. » comme l’écrit le magazine en ligne « Oilprice », nous pensons nous au contraire qu’il y a malheureusement de fortes probabilités que cette guerre se produise dans les semaines ou mois à venir. Ce qui induit certains pronostiqueurs en erreur c’est qu’ils se fourvoient sur le sens de la signature récente de l’accord sur le nucléaire Iranien et en déduisent un peu vite que les USA ont « mis le cap sur un rapprochement avec l’Iran » au détriment de l’Arabie Saoudite. En conséquence de quoi Riyad ne pourrait plus « compter sur le soutien militaire de Washington qui n’a aucune envie de faire la guerre à l’Iran. » (Magazine en ligne OilPrice). Or ils se trompent totalement sur ce point comme nous venons de le démontrer, puisque cette guerre c’est Washington qui la veut et milite pour depuis près de vingt ans. Qu’il nous suffise en guise de conclusion d’ajouter cette dernière remarque de conjoncture. La chute des prix, déjà si bas, que va engendrer le retour de l’Iran sur le marché pétrolier est un facteur supplémentaire d’accroissement des tensions entre les deux pays. Le budget de l’Arabie Saoudite, qui voit fondre ses réserves financières, est en déficit croissant. On se souvient que c’est une situation équivalente, le « Dumping » pétrolier organisé par le Koweït qui poussa à « la faute » l’Irak aux abois en 1990. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Jeudi 28 Janvier 2016. * : Cet article disparu des écrans le 22 février à la suite d’une manipulation de notre hébergeur a été remis en ligne le 23 février.

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