ATTENTION LE FN ARRIVE !

ATTENTION LE FN ARRIVE ! Il advient ce qui était écrit écrit dans les sondages ? Certes, mais cela n’est qu’un épiphénomène. Écrit surtout dans la réalité politique française. Le succès électoral du « Front National » ne tient pas qu’au « génie politique » de ses dirigeants, ni même à « la colère » ou à « la bêtise » du peuple qui le porte. Il est le produit avant tout de la perversité du système politique de la cinquième République. Il en une sécrétion. En quoi consiste ce système arcbouté sur la primauté de l’exécutif elle-même fondé sur l’attribue monarchique d’un président élu au suffrage universel, et sur « l’alternance politique » ? Elle consiste en une dictature au service du capital financier. A la manière des plantes carnivores elle piège, cannibalise et digère toute contestation. Alors, cela est très bien certes du point de vue de la stabilité politique » en temps de paix et du point de vue de « la quiétude » tant prisé par les bourses et les milieux d’affaires. Mais quand nous voilà rendu dans une terrible guerre sociale et économique où il s’agit avant tout de « rentabilité des entreprises », d’optimisation du taux de profit, de dividendes toujours plus gros pour les actionnaires, quand ces priorités impliquent « la désindustrialisation » « l’entretient d’un chômage de masse » la destruction des acquis sociaux, la récession drastique du revenu salarial, et donc la montée du mécontentement social, il faut bien que celui-ci, sous une forme ou sous une autre, par une voie existante ou ad hoc, trouve les moyens de son expression. Ils ont réussi pendant quarante ans à piéger l’expression politique dans les tenailles mortifères de l’alternance droite gauche, à marginaliser tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre, à détruire toute expression politique autonome de la classe ouvrière. Alors bien sûr, pendant plusieurs décennies ils se sont gargarisés et réjouis de leurs succès. Le Parti communiste n’était plus que l’ombre famélique d’un lointain passé, la contestation sociale se délitait et le nombre de journées chômées pour fait de grève reculait significativement, les syndicats collaboraient ou étaient désertés, l’extrême gauche marxisante était réduite à un quasi néant, mise totalement hors circuit. Ceux qui avaient choisi croyait-il, de faire exister la contestation « dans les murs », y virent même un temps la confirmation de leur grande perspicacité. Oui mais, cette opposition « de gauche » interne, qu’importe son étiquette, agit en vérité comme une pièce du système, c’est elle qui produit les fausses phéromones de gauche nécessaires à attirer la proie dans le piège. Elle a pour fonction ultime de donner à croire encore que le PS est autre chose que ce qu’il est en réalité. Alors, que reste-t-il ? La droite radicale et nationale. Et comme elle reste la seule offre anti système elle essaime et prospère. N’ont-ils pas l’air bien empruntés tous les professeurs et donneurs de leçons anti FN, tous les objecteurs de conscience républicaine. Ils tancent Les électeurs dont ils ont chaque fois mieux « compris de message » et stigmatisent le bon peuple dont « ils comprennent bien sûr les colères ». Ils l’exhortent à se mobiliser et à mieux voter la prochaine fois. C’est-à-dire à voter pour eux dont les électeurs précisément viennent de leur dire qu’ils ne voulaient plus, ou pour l’autre « leur cher adversaire » que les électeurs ont rejeté tout autant. Aveuglement ? Autisme ? Trisomie ? Non, rien de tout cela, « système » seulement. Système dictatorial, fermé, obtus et brutal. Ils sont près à tous les arrangements tactiques, ils en appellent à la république à la laïcité, au drapeau, au principe creux des frontons de nos mairies. Ils en appellent à la peur, recette éculée de 88 « attention le FN arrive ! » Ils sont disposés même pour certains à se faire « Hara-kiri ». Tout ça pour « faire barrage au Front National ». Mais pour la même raison ils ne sont jamais disposés à lâcher quoique que ce soit, la moindre parcelle de leur politique antisociale, impérialiste et suicidaire. Si l’avènement du FN leur faisait aussi peur qu’ils prétendent, n’est-ce pas cette politique, responsable du marasme actuel, qu’ils s’empresseraient de réformer illico afin de retrouver le cœur et la confiance du peuple ? Symptomatique l’intervention sur France 2 de Nicolas Sarkozy au lendemain du premier tour des régionales. Il épingle Marine Le Pen et le programme « antiéconomique » du Front National. Et que leur reproche-t-il entre autre ? D’y avoir inscrit le retour à la retraite à soixante ans, et de se flatter de l’avoir lui reculé à 62. Eh oui ! Bien sûr ! Chacun l’a bien compris. N’était-ce pas le meilleur angle d’attaque contre le FN pour regagner à la droite « républicaine » les voix des électeurs populaires ? Ces gens-là nous prennent pour des poires ! Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 9 décembre 2015.

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