ÇA SUE LE MENSONGE ET LA MANIPULATION La cote de popularité de François Hollande a fait un bond spectaculaire titre « Le Figaro ». « Monte en flèche », titre un autre organe de presse. « Après les attentats du 13 novembre, la cote de confiance de François Hollande et de son Premier ministre sont en hausse. Elle bondit de 20 points à 35% pour le président et de 11 points à 43% pour Manuel Valls, selon un baromètre TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro Magazine réalisé après les attaques et diffusé ce mardi 1er décembre. » 20 points ?… 35 % d’opinions favorables ?… C’est déjà énorme, inespéré à coup sûr, et plus certainement encore « fabriqué » Pourtant, un autre institut de sondage et un autre organe de presse renchérissent encore : « La cote de François Hollande a bondi de 22 points en un mois pour atteindre 50% d’opinions positives, son meilleur score depuis juillet 2012, selon le tableau de bord Ifop/Fiducial pour Paris Match et Sud Radio réalisé après les attentats du 13 novembre. ». Eh oui, c’est ainsi que ça fonctionne le mensonge, au plus il est gros et au plus il est sûr qu’il en restera quelque chose. Malicieux tout de même, « les Echos », c’est la mode, s’en fait l ‘écho. Ou plus exactement se fait l’écho des deux sondages ensembles qui ainsi mis cote à cote inspirent un sourire narquois au lecteur attentif. « La cote de confiance de François Hollande fait un bond sans précédent de 22 points en novembre pour s’établir à 50% d’opinions favorables dans un sondage Ifop-Fiducial diffusé mardi, tandis que le baromètre TNS-Sofres OnePoint le crédite d’une hausse de 20 points à 35%. » C’est bien sûr impossible, c’est de l’enfumage d’opinion, et il faut être payé cher pour donner foi à de pareilles sornettes. Que la côte de popula rité du président de la République en exercice est augmentée de 1 ou 2 points, cela serait encore concevable. Il y a une frange de l’opinion très sensible aux manifestations d’autorité du pouvoir politique. Mais 20 ou 22 ponts c’est impossible, c’est carrément abracadabrantesque. Cela signifierait qu’il y a dans notre pays 12 millions d’imbéciles capables de changer d’opinion et de jugement chaque fois qu’ils changent de chaussettes. Nous l’avons déjà dit à plusieurs occasions dans le passé, les instituts de sondages se font une opinion bien peu reluisante des français qu’ils jugent tellement ignares et versatiles, et suffisamment bêtes pour gober leurs balivernes. Pourquoi cela est-il impossible ? 1 – D’abord, comme nous venons de le dire, parce que nous nous faisons une opinion bien plus valorisante de nos concitoyens et refusons de croire qu’ils puissent ainsi être aussi volatiles dans leurs jugements. 2 – Ensuite, parce que les chiffres donnés par les instituts de sondages eux-mêmes, sont tellement éloignés les uns des autres qu’ils suffisent à démontrer l’impéritie de ceux qui les produisent. Il est clair que le choix des « échantillons » et la formulation des questions seuls, expliquent de telles différences. Mais si les marges sont tellement différentes, 15 points, d’un sondage à l’autre, n’est-ce pas la preuve que l’on peut leur faire dire ce qu’on veut ? Et dans ces conditions, quel crédit accorder aux sondages et aux sondeurs en général ? 3 Parce qu’il n’y a aucune raison sérieuses qui sous-tendent et puissent expliquer un tel mouvement de l’opinion. Les attentats de Paris, 130 morts ? Mais pourquoi voudriez-vous que cette horreur se traduise par une hausse de la popularité du Président et du Premier ministre ? Pourquoi le voudriez-vous, d’autant plus que la politique internationale de l’équipe Hollande, Fabius, Valls, et sa responsabilité dans la croissance du danger terroriste, a été largement ciblée ces temps-ci, depuis le FN jusqu’au Front de gauche en passant par François Fillon et Jean-Pierre Chevènement. Ajoutez à cela les inquiétudes que soulèvent le flot migratoire actuel, et le sentiment de danger qu’inspire l’importance du phénomène djihadiste dans notre propre pays, Le chômage toujours en hausse catastrophique, les restos du cœur cette année encore plus assaillis que jamais par la misère endémique dont ces gens sont responsables. Les hausses annoncées des tarifs de l’énergie et des autoroutes, des taxes sur les carburants, des impôts locaux. Pas vraiment de quoi « r’aimer » le Duo Hollande Valls. Et puis, n’est-ce pas un aveu de la tare de ces sondages que de dire dans le même temps que ce retour en grâce du Président et du chef du gouvernement n’aura aucune incidence sur les choix des Français aux prochaines élections régionales ? Comment cela se pourrait-il, sinon à considérer que le mouvement de l’opinion – celui-là de fond et de longue date – que traduira ce scrutin, confirme non pas le retour en grâce mais au contraire la disgrâce profonde et irréversible du pouvoir. Quel que soit le cas de figure en matière de répartition des sièges et de présidence de régions, une chose parait au moins certaine, le Front National enregistrera lors de ce scrutin des scores historiques qui propulseront Marine Le Pen à la place de « Challenger » crédible pour la Présidence de la République en 2017. Et pourquoi donc ? Qu’est-ce que cela traduit ? Certainement pas la confiance renouvelée des français à l’endroit du couple exécutif, mais au contraire leur grande et définitive défiance. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 2 décembre 2015.
