CONTROVERSE AVEC MONSIEUR JACQUES SAPIR

CONTROVERSE AVEC MONSIEUR JACQUES SAPIR Économiste, directeur d’études (professeur) à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris, où il dirige le Centre d’Étude des Modes d’Industrialisation (CEMI-EHESS). Monsieur Jacques Sapir est aussi professeur associé à l’École d’Économie de Moscou. Il vient de publier sur le site russe en français « fr.sputniknews.com », auquel nous empruntons sa biographie, un article intitulé : « Les grands retournements de la politique française », qu’il introduit de la sorte : « La politique française a connu, depuis les tragiques attentats du 13 novembre, une évolution rapide. Elle produit des résultats qui sont si spectaculaires que l’on peut parler, à son propos, d’un « grand retournement ». Chacun peut lire l’intégralité de celui-ci sur le Site Web mentionné. Nous ne partageons pas le point de vue de monsieur Sapir. Nous avons certes enregistré certains infléchissements tactiques conjoncturels de la politique internationale de la France consécutifs aux attentats du 13 novembre, mais nous contestons l’idée qu’il s’agit d’un réel « retournement » de celle-ci. Nous pensons-même plutôt le contraire, qu’ils sont la marque de la même obstination obsessionnelle de la France. Une simple adaptation tactique à la nouvelle donne imposée par l’irruption de la Russie sur le terrain militaire syrien. Nous avions déjà dit cela dans notre article du vendredi 20 novembre Intitulé « NON, LA POLITIQUE SYRIENNE DE LA FRANCE N’A PAS CHANGE », que nous venons de publier en commentaire à l’article de Jacques Sapir sur le Site de « sputniknews ». N’étions-nous pas assez clairs ? Alors voici quelques précisions. L’aviation Russe assure la couverture aérienne et la préparation du terrain pour l’armée régulière Syrienne sous l’autorité de Bachar Al Assad. L’objectif évident n’est pas seulement de faire « mal » à Daesh ou tout autre, c’est de reconquérir les territoires confisqués par la rébellion. C’est ce qu’a d’ailleurs affirmé récemment, lors d’une interview accordé à la chaine de télévision nationale italienne (RAI), le Président Assad quand il a commenté l’accord de Vienne. En disant « qu’il ne saurait y avoir d’élection générales en Syrie avant que tous les territoires confisqués par les groupes rebelles ne soient revenus sous l’autorité du gouvernement légal » C’est ce que viennent de réitérer, à leur manière, le Président Poutine et Ali Khamenei le guide suprême de la révolution Iranienne qui se sont rencontré hier et qui affirment : « Personne ne peut et ne doit imposer de l’extérieur au peuple syrien des formes quelconques de gouvernance de leur Etat ou dire qui doit le diriger. Ce n’est qu’au peuple syrien d’en décider » rejetant de la sorte, et sans appel « … la mise en œuvre d’une transition politique à Damas. » selon Virginie Robert, qui s’exprime dans « Les Échos » L’EI et les autres groupes rebelles chassés de Syrie, et l’unité territoriale de la Syrie reconstitué, il ne s’agirait pas d’une simple victoire sur l’EI, mais d’une cuisante défaite pour la coalition arabo-occidentale. La perspective ouverte par l’intervention russe a comme conséquence inévitable la « mise hors-jeu des puissances Occidentales qui se sont appuyées sur « la rébellion et les groupes islamistes radicaux recrutés par leurs amis saoudiens et qataris. Cela d’autant plus surement que les évènements ont mis en lumière l’inexistence opérationnelle de « l’opposition dite modérée », et qu’ils ne disposent pas d’autres troupes au sol pour prendre possession des territoires « libérés » par l’EI. L’intervention russe a complètement rebattues les cartes, au point que les occidentaux, donc la France, qui a mené le jeu jusque-là (à titre délégataire il est vrai), sont tout à coup en situation d’être boutés hors de Syrie et peut-être même d’Irak, avec leurs créatures diaboliques. Il leur faut revenir à tous prix dans le « jeu », c’est pourquoi chassée par la porte de derrière la France » se réintroduit par la fenêtre des WC. Les attentats du 13 novembre à Paris lui en ont donné l’occasion et le prétexte. Il ne s’agit donc pas, n’en déplaise à Jacques Sapir, d’un quelconque « retournement » de la politique française mais bien de s’accrocher coute que coute au terrain afin de garder une part au moins de son pouvoir de nuisance. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mardi 24 novembre 2015.

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