SALE TEMPS POUR OBAMA

SALE TEMPS POUR OBAMA Nous voilà au seuil d’une nouvelle semaine. Vous savez tout le mal que nous pensons de la politique internationale des États-Unis, de leurs visées d’hégémonie planétaire, de leurs complots et manigances. Aussi n’avons-nous pas la moindre envie de souhaiter que la semaine qui commence leur soit meilleure que celle qui s’achève. Or, elle a été exécrable pour l’exécutif Américain, pour le Président Obama en particulier la semaine passée. Sur toile de fond d’intervention soutenue de l’aviation Russe en Syrie, avec laquelle Poutine et ses amis Iraniens ont ravi l’initiative à la coalition occidentale, plusieurs évènements en cascade se sont enchainés ses derniers jours, qui précipitent le fiasco de la politique internationale des USA. Au nombre de ceux-ci il faut bien sûr compter tout d’abord la récente conférence de Vienne qui acte en quelque sorte la prise de « leadership » de la Russie dans le dossier Syrien. Les USA et la France, confortés dans cette attitude par Israël et les monarchies arabes, avaient jusque-là refusé la participation de l’Iran, pourtant un des acteurs principaux du dossier, aux réunions internationales traitant du conflit en Syrie. L’Iran était donc pour la première fois présente à Vienne en la personne de son ministre des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, et cela en soi constitue un revers important pour le « cartel impérialiste occidental » et une nouvelle victoire de la diplomatie russe. Avant cela, il convient de noter au nombre des mauvaises nouvelles qui s’amoncellent pour l’oncle Sam, l’intervention de l’ayatollah Hassan Rohani, Président de la république islamique d’Iran, que les occidentaux présentent comme un modéré et dont ils se sont fait un allié de circonstance dans le dossier du nucléaire iranien. Celui-ci, le 17 septembre, à la tribune de l’Assemblée Générale de l’ONU, a dénoncé ce qu’il a appelé « le terrorisme des États-Unis » et qualifiée « d’acte terroriste, les invasions militaire américaine en Afghanistan et en Irak, ainsi que le soutien des USA au « régime sioniste qui oppresse le peuple palestinien ». Les États-Unis, chassés d’Iran par la grande porte de la révolution iranienne, pensaient pouvoir y faire leur retour par la petite fenêtre de l’accord sur le nucléaire. Mais les dirigeants iranien les ont vu venir de loin avec leurs « lourds talons de fer ». L’intervention d’Hassan Rohani cadre parfaitement avec le recadrage » souhaité par Ali Khamenei, guide suprême de la révolution iranienne qui avait déclaré le 17 août : « Les responsables américains cherchaient, à l’aide de l’accord nucléaire, à trouver un chemin pour s’infiltrer dans le pays, mais nous bloquerons ce chemin, de manière déterminante. Nous ne permettrons ni l’intrusion économique, ni l’intrusion politique, ni l’intrusion culturelle. » Voilà donc qu’à la demande du gouvernement légal et du Président Bachar Al Assad, l’aviation russe s’installe puissamment à Lattaquié et bombarde les positions des mercenaires islamistes radicaux qui depuis 4 ans ont mis la Syrie à feu et à sang. Une coordination militaire est mise en place entre la Syrie, la Russie, l’Iran et l’Irak, au grand Dam des américains qui voient avec terreur, l’Irak se tourner lui aussi vers la Russie. Or l’Irak persiste et signe malgré la mauvaise humeur ouvertement affiché de l’oncle Sam. Il envisage d’autoriser la Russie à bombarder les positions de l’EI sur son territoire. Là les USA marquent clairement leur agacement. Si l’Irak autorise les bombardements russes, les États-Unis arrêteront leur aide militaire à l’Irak. Pas de quoi impressionner semble-t-il le gouvernement Irakien qui autorise les frappes russes. Alors Obama tente de revenir « dans le jeu » il enverra des troupes au sol, des « conseillers » en Irak, pour collaborer avec les chiites et les kurdes. Et, presque du tac au tac,le porte-parole du premier ministre irakien Haïder al-Abadi réplique : « L’Irak n’a pas besoin d’opérations terrestres des troupes américaines sur son territoire et n’a pas demandé aux États-Unis de les mener. » Au demeurant cette perspective d’engagement au sol, même limitée, ne parait pas faire l’unanimité dans les camps des alliés de l’Amérique. « Le nouveau premier ministre australien Malcolm Turnbull a rejeté la proposition de projeter des unités terrestres en Irak et en Syrie. Plus tôt, le Canada avait annoncé son retrait de l’opération aérienne en Syrie. (CNS News) C’est alors que François Fillon s’esclaffait le 30 octobre : « libéré par les USA l’Irak applaudit la Russie ». Libéré par les USA ? Mais libéré de quoi diantre ? Brisé surtout, cassé, mutilé, assassiné, partitionné, l’Irak n’a pas été libéré par les USA, il a été réduit en servitude. Et c’est là peut-être qu’il va prendre sa revanche, son propre destin en mains, se libérer de la tutelle féroce de l’Amérique. La Turquie, un des acteurs extérieurs principaux du drame Syrien qui, à l’instar de la France, faisait son crédo du départ forcé de Bachar Al Assad, assouplit sa position admettant que ce départ pourrait-être différé au terme d’une période de transition. . En août, le président Abdel Fattah al Sissi s’était rendu en Russie où il avait rencontré Vladimir Poutine. Les deux chefs d’Etat « avaient alors lancé un appel en faveur dela formation d’une coalition contre le terrorisme au Moyen Orient. » Or, « prenant le contrepied des Occidentaux qui accusent Moscou de ne pas concentrer ses attaques aériennes sur l’État Islamique, le ministre égyptien des affaires étrangères Sameh Choukry a félicité, samedi 3 octobre, la stratégie russe qui devrait selon lui permettre d’enrayer la propagation du terrorisme et contribuer à porter un coup fatal à l’EI. ». ( ……) Les propos du ministre égyptien confirment ainsi le réchauffement des relations entre Le l’Égypte et la Russie. Or celui-ci suppose un assouplissement de la position du Caire à l’égard de Bachar Al Assad que l’Égypte s’était jusque-là « efforcée de ne pas soutenir publiquement pour ne pas froisser son allié, l’Arabie Saoudite». Dans le même temps les autorités Afghanes paraissent vouloir se dégager de la tutelle américaine trop pesante et rééquilibrer leurs alliances en faisant appel à la Russie : « le président afghan Ashraf Ghani a demandé à Moscou de lui livrer de l’artillerie, des armes légères et des hélicoptères Mi-35, annonce le quotidien américain The Wall Street Journal, citant des haut placés russes et afghans. » (CNSNews).Le sénateur républicain John Mc Cain s’en indigne. « Les autorités afghanes s’adressent à la Russie en quête d’aide militaire car le président américain Barack Obama s’est trop concentré sur les moyens de limiter son implication en Afghanistan. » ( Reuters). Et, cerise sur le gâteau, sur l’autre théâtre d’opération, celui d’Europe centrale, le premier ministre serbe Alexandre Vucic est allé en Russie pour signer un contrat militaire sans précédent. « Un tel réarmement de l’armée serbe ferait échouer tous les plans visant à intégrer la Serbie à l’Otan, car cela retirerait de facto la république du système commun de réarmement élaboré par l’Alliance pour les nouveaux arrivants et créerait un système de défense antiaérienne autonome dans la région. De plus, l’approvisionnement de la nouvelle armée serbe serait orienté sur le système russe de munitions et de pièces détachées, ce qui exclut le passage de Belgrade aux normes de l’Otan en termes de calibres et d’unification des approvisionnements. » Remarque SputnikNews. Quel sale temps pour Obama Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 4 novembre 2015.

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