L’ORACLE Si les « web sites » d’informations et d’investigations politiques étaient classés selon la pertinence de leurs analyses et de leurs prospectives il ne fait aucun doute que « La voie des sans voix » figurerait au « top-dix » des meilleurs mondiaux. Nous mettions en garde le 6 septembre 2015 ceux qui « se réjouissaient … d’un changement de ligne de François Hollande qui se proposerait de conduire des raids contre Daesh en territoire Syrien. » « Prenez garde, grands naïfs, – écrivions-nous alors (« Les revoilà avec leurs gros sabots ») – il ne s’agit nullement d’un changement de ligne mais au contraire la confirmation de la volonté réitérée d’aller toujours dans la même direction à la poursuite des mêmes buts : le renversement du régime Syrien de Bachar el Assad. » Et nous expliquions : « La prétendue opposition Syrienne démocratique dont plus personne ne parle d’ailleurs, ne peut et pour cause occuper le terrain dont Daesch serait chassé. Or, dans l’esprit des dirigeants occidentaux, le nôtre en tête, ces territoires sont « des territoires libérés » qu’il n’est pas question de laisser à Bachar Al Assad le soin de reconquérir. Alors il faudra bien aller nous-même en prendre possession et les « sécuriser ». Nous enfoncions le clou deux jours après, le 8 septembre, commentant la conférence de presse de rentrée du chef de l’État : « François Hollande en effet a annoncé … « des vols de reconnaissance de « LA SYRIE ». La Syrie, et non pas les seules zones contrôlées par l’EI (Daesh). Des survols donc du territoire syrien, en violation des conventions internationales et de la souveraineté de l’État Syrien. La traque de Daesh est clairement un prétexte à faire un pas supplémentaire dans le sens d’une intervention militaire directe contre le régime légal syrien. (Hollande, les lourds sabots de l’impérialisme ») Et encore le 16 septembre (« Au pied du mur syrien ») « On va survoler la Syrie, on va attaquer « Daesh », mais on ne veut pas s’allier avec celui qui depuis quatre ans combat « Dasch » et ses semblables sur le terrain. Plus même, on ne veut pas que l’action contre « Daesh » apparaisse comme une aide apporté au régime légal. C’est dire que l’on ne veut pas que celui-ci tire profit de l’affaiblissement de « l’EI » en reprenant le contrôle des territoires que « Daesh » évacuerait sous la pression militaire occidentale. C’est dire que l’on veut bien chasser « Daesh » des parties du territoire syrien dont il s’est emparé, mais que l’on ne veut pas rendre celles-ci à l’autorité du pouvoir légal. Que faut-il pour cela ? Il faut qu’une autre « force amie » prenne le contrôle de ces territoires. Or, chacun l’a bien compris, la prétendue opposition syrienne « démocratique » ou « modérée », l’ALS et le CNS, créatures de la France et de BHL ne sont en vérité que des vues de l’esprit, des concepts vides et des sigles sans substance, à ce titre totalement inaptes à contrôler quoique que ce soit,Alors qu’elle solution ? L’option restante est que les puissances occidentales envoient leurs propres troupes, prendre le contrôle des territoires que « Daesh » devra évacuer. La guerre à « Daesh » apparait déjà sous ce rapport comme un prétexte pour s’immiscer directement dans le conflit Syrien. » Enfin, le 1er octobre, nous précisions : « La coalition sous égide des USA mène des frappes sur les positions de l’EI, depuis plusieurs mois déjà, de son propre aveu sans effets tangibles. Il faudrait des troupes au sol, non seulement pour bouter hors « Daesh », mais aussi pour s’emparer du contrôle des territoires dont ils entendent chasser ceux-ci, sans les rendre à Assad dont ils réclament la destitution. A défaut d’opposition « modérée » comme ils disent, (c’est quoi une opposition modérée armée ?) et qui n’est en vérité qu’un fantasme crée et entretenu par eux, ils ont essayé récemment de former eux même des mercenaires censés donner du corps physique à l’ectoplasme de leurs rêves. C’est un échec. Alors il va falloir aller au charbon, à moins qu’ils n’y envoient à leur place des troupes coloniales, « des braves zouaves Saoudiens. » « D’une manière ou d’une autre il faudra un certain temps pour justifier auprès des opinions, monter et piloter une quelconque intervention terrestre occidentale ou arabe »(« UNE GRANDE LONGUEUR D’AVANCE : POUTINE LUI, A DES TROUPES AU SOL. ») Eh bien nous y voilà. Des bruits couraient depuis plusieurs jours à ce sujet. L’annonce officielle en a été faite hier 30 octobre 2015. « Syrie: Obama autorise les forces spéciales. Les États-Unis vont envoyer un petit contingent de forces spéciales dans le nord de la Syrie pour participer sur le terrain à l’effort de guerre contre le groupe Etat islamique, a indiqué aujourd’hui un responsable américain.«Le président a autorisé le déploiement d’un petit effectif de forces d’opérations spéciales américaines dans le nord de la Syrie», a confié ce cadre de l’administration américaine » (Le figaro.fr). C’est de la sorte que commença l’engagement américain au Viet-Nam, avec l’envoi de « conseillers militaires » pour soutenir le régime fantoche de Saigon alors capitale du sud Viet-Nam Or, dans le même article déjà cité (« Au pied du mur Syrien ») nous mettions en garde également sur les conséquences d’un tel engagement : « La prise de contrôle de territoires syriens par des forces armées occidentales constituerait donc en soi le début de l’intervention massive occidentale contre la Syrie de Bachar Al Assad. La solution a dit Hollande c’est la fin de Bachar Al Assad. La prise de contrôle de territoires syriens par des armées occidentales ne serait en vérité qu’une étape stratégique dans la guerre totale de l’Occident au régime légal syrien. » « Au stade où nous en sommes, nul ne peut dire si les USA et leurs alliés viendront à bout d’imposer leur férule au Moyen-Orient et au Monde. Mais ce que l’on peut affirmer d’ores et déjà c’est que « les puissances infernales » sont à présent au pied du mur syrien, où va se jouer, sous peu, une bataille décisive pour l’avenir du monde. » Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Samedi 31 octobre 2015.
