MAINS ROUGES Vendredi sur « France 2 », l’émission de Frédéric Taddeï « Ce soir ou jamais » posait la question : « Contre Daesh doit-on s’allier avec le diable ? ». Le pacte avec le diable est nécessaire » réponds « Le Monde ». Et hier soir, samedi ; Laurent de la House posait à son tour la question selon la même problématique. « Contre Daesh faut-il s’allier avec le Diable ? » Mais n’aviez-vous pas compris comme moi que « Daesh » s’était le Diable ? La question pour le moins aurait dû être formulée ainsi : « contre le Diable faut-il s’allier avec le Diable ? » Mais sous cette forme chacun aurait vu que quelque chose ne collait pas dans la problématique. Le Diable c’est le diable et il ne peut y en avoir qu’un. Si Nicole est possédée par le Diable, l’exorciste de service ne posera jamais la question « Contre le Diable Lucifer dois-je m’allier avec le Diable Nicole ? ». Nicole même possédée n’est que la victime du Diable et non le Diable elle-même. Bachar al Assad attaqué par le Diable Daesh se défend « comme un beau Diable » pourrait-on dire, cela fait bien sûr du dégât, comment pourrait-il en aller autrement ? Mais Assad combattant le Diable ne saurait-être Diable lui-même. Le problème c’est « Daesh », le Diable c’est « Daesh ». La véritable question était donc la suivante : « Contre le Diable faut-il s’allier avec Bachar Al Assad ? » Contre Daesh faut-il s’allier avec le Diable » est une inversion coupable de la problématique qui en dit long sur l’intention malsaine de nos médias à la solde. La question ainsi mal posée, quel est l’objectif véritable poursuivit ? L’objectif c’est de Justifier l’injustifiable. Donner du sens et de la cohérence à la criminelle position officielle de la France. La question ainsi mal posée a pour dessein de démontrer que l’inqualifiable position de notre « diplomatie » serait dictée par les impératifs de « la morale politique ». De qu’elle morale politique « diable » peut-on créditer la France ? Alors que la politique syrienne de la France se caractérise en vérité depuis le début de l’affaire par un « machiavélisme » sans borne qui ferait honte à l’auteur « du prince ». Morale la position politique de La France ? La dérive qui a conduit celle-ci à devenir depuis, et pour cause, la grande amie de l’horrible monarchie Saoudienne pourvoyeuse des groupes djihadistes et des coupeurs de têtes qui ensanglantent le Moyen-Orient, infirme cette proposition de manière irréfutable. Jean-Pierre Chevènement lui, qui dénonce le « mythe » des printemps arabes » et qui est partisan de la collaboration avec le régime de Bachar Al Assad dans la lutte contre « l’État Islamique », pourquoi se croit-il obligé de concéder à la thèse officielle « que oui, Assad est un horrible dictateur. » En mai 68 en France, le Général De Gaulle alla voir le Général Massu à Balen-Baden, et les chars de Massu se disposèrent autour de Paris. Si la situation avait dégénéré en bataille armée, croyez-vous que les chars seraient restés inactifs ? De Gaulle, qui s’était défendu de vouloir à 70 ans entamer une carrière de dictateur, se serait trouvé dans la peau d’un tyran sanguinaire. Pas un seul pouvoir, lorsqu’il est attaqué militairement, ne capitule sans combat, et il est aisé de le cataloguer alors de « sanguinaire, de dictateur, d’assassin de son peuple ». Lorsqu’il y a combat, agression armée soit-elle justifiée ou pas, la responsabilité du sang versé est partagée entre les « attaquants » et les « défendeurs ». François Hollande lui-même, la référence morale de la politique internationale (c’est tout au moins ce qu’il prétend) ne ferait pas mieux. Imaginez un seul instant que des groupes armées attaquent le pouvoir, veuillent limoger par la force le président et renverser la 5ème République. Que se passerai-t-il ? Hollande croyez-vous, abandonnerait le pouvoir en laissant ces groupes armées prendre possession des palais et lieux de pouvoir de la République, au prétexte qu’il est un « démocrate » et « qu’il ne versera pas le sang du peuple ? » Allons balivernes ! Cessez messieurs de vous moquer de nous. Le Président Assad, la République Syrienne Baasiste, l’équilibre politique de la Syrie ont été attaqués par des bandes armées commanditées par le Qatar et l’Arabie Saoudite, encouragés et soutenus par les USA le Royaume Uni et la France. Alors certes la confusion a été entretenue un temps, car une véritable opposition politique s’était aussi laissée embarquée dans l’aventure, emportée par l’idée d’un prétendu embrasement révolutionnaire démocratique du Moyen-Orient sous le souffle chaud du printemps arabe » venu de Tunisie. Mais très rapidement, comme ça avait été déjà le cas en Libye, la prétendue révolution est apparue pour ce qu’elle était vraiment, une agression extérieure maquillée en guerre civile, pilotée par les puissances impérialistes occidentales. Le régime légal Syrien a fait front, c’est défendu, c’est battu avec obstination. Alors oui, beaucoup de sang a été versé, beaucoup de souffrances et de destructions en ont résulté. Mais qui est responsable vraiment ? Les agresseurs ou les agressés ? Qui est ou qui sont le, ou les dictateurs ? Celui qui résiste au nom de l’intégrité de son territoire et de l’indépendance politique de la Syrie, ou ceux qui veulent détruire le pouvoir syrien qui ne leur agrée pas pour le remplacer par un autre à leur convenance ? Qui est dictateur Bachar al Assad Président légal de Syrie ou celui qui depuis le Palais de l’Élysée à Paris intime l’ordre au Président Syrien de partir et décide à la place du Président légal d’un pays étranger indépendant et à la place de son peuple, que c’est un organisme « pipeau », inventé de toute pièce est baptisé « CNS » qui est à ce jour dépositaire de la légalité syrienne à la place du gouvernement légal. Très sincèrement, tentez amis lecteurs de répondre à la question : sur lequel des deux doit retomber la responsabilité du sang versé ? Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 4 octobre 2015.
