LA PAUVRETÉ RECULE ? PAS LE CYNISME ET LE MAUVAISE FOI. (Grandes manœuvres électorales)

LA PAUVRETÉ RECULE ? PAS LE CYNISME ET LE MAUVAISE FOI (Grandes manœuvres électorales) S’était le clou de l’information hier 22 septembre 2015, dont nos médias audiovisuels et la presse écrite ont fait des gorges chaudes. Selon une étude de l’INSEE « LA PAUVRETÉ DIMINUE ET LES PLUS RICHES GAGNENT MOINS ? ». Le nombre des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté serait passé de 8 780 000 à 8 600 000, soit 14 au lieu de 14,3%. Quant au niveau de vie des personnes « les plus riches » (sic), à partir de 3100 euros mensuel et plus, il aurait diminué de 1,8 %. Et ils osent se réjouir avec de tels chiffres et décerner des satisfécits aux pouvoirs publics et au président de la République, pour lequel ce serait « une très bonne nouvelle ». ADT est sceptique, ou pire même, ne parait pas y croire du tout.« Chiffres de l’INSEE: la pauvreté recule. Vous y croyez ? » Interroge-t-elle. « Aujourd’hui, l’INSEE publie les chiffres sur les niveaux de vie en 2013. Ils évoquent une diminution du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté.Difficile à croire lorsque l’on est quotidiennement sur le terrain. » « 14 %, le taux de pauvreté est en baisse de 0,3 point par rapport à celui de 2012 (14,3 %, corrigé à la hausse de 0,4 point). Pour l’association ATD Quart Monde, « il s’agit surtout d’une diminution mathématique ». « Une baisse de 0,3 % ne peut pas se constater sur le terrain, les pauvres n’ont pas du tout vu leur situation changer », a-t-elle réagi dans un communiqué. » rapporte « Le Point ». « L’intensité de la pauvreté a également légèrement diminué (-0,3 %), en raison de la revalorisation de certaines prestations destinées aux plus modestes (RSA et allocation logement) : le niveau de vie médian des 8,6 millions de personnes pauvres a ainsi augmenté pour se rapprocher du seuil de pauvreté, correspondant à 60% du niveau de vie médian de la population (1000 euros de revenus par mois). » (Les échos) O, 3 %, y avez-vous songé, c’est 3 °/°° (trois pour mille). Rapporté au revenu annuel de 10 730 euros par ans en dessous duquel vivent 8 6OO OOO français, cela fait 32,19 euros annuels, soit 2,68 euros par mois. Et c’est une moyenne. Tous n’ont pas touché « ce pactole ». Certains ont touché probablement un peu plus, d’autres moins pour lesquels la pauvreté c’est encore aggravée. Mais pour ceux qui ont touchés ces 2 euros 70 mensuels supplémentaires ou même un peu plus, qu’est ce qui a vraiment changé ? Rien ! Si j’avais moi, l’outrecuidance de claironner sur un ton réjoui : « la pauvreté est en recul les pauvres ont gagné 2 euros 70 de plus », vous me regarderiez j’en suis sûr avec mépris et aurez envie de me mettre « votre poing dans la gueule ». C’est entièrement normal, c’est un réflexe humain naturel. C’est exactement l’envie qui me prend quand je lis certains articles de presse (celui d’Alain Duhamel par exemple sur lequel nous reviendrons tout à l’heure.) qui prennent les statistiques de l’INSEE et les commentent sans le moindre esprit critique. C’est l’envie qui me prend à l’endroit des dirigeants de L’INSEE, institut à prétentions scientifiques, qui fait là la démonstration qu’il n’est en vérité qu’une officine de propagande au service des gouvernants. Car lorsque l’on a constaté l’insignifiance des chiffres sur lesquels se fonde la prétendue démonstration, l’on-n’a pas épuisé le sujet. Tout d’abord, on remarquera que « la réduction des inégalités » dont ils font tant de cas repose plus sur l’appauvrissement relatif de certaines couches de la population que sur l’accroissement du revenu des plus pauvres. Ça leur « fait une belle jambe » aux pauvres que certains soient moins riches s’ils ne le sont pas d’avantage. L’astuce est dans le choix de l’échantillonnage social. Ils mettent en opposition « les plus modestes » et « les plus riches » le seuil de classification étant de 3100 euros mensuels, c’est là que commence « les plus riches » selon l’INSSEE. Or ce chiffre englobe au-delà des vrais riches, ceux qui ne font que gagner à peu près correctement leur vie par l’exercice d’un vrai travail : les vraies classes moyennes, les professions libérales, les commerçants, les moyens fonctionnaires. Ceux-là ont subi de plein fouet le choc de la pression fiscale, et ce qui permet de tirer la statistique à la baisse et produire l’illusion de la réduction des inégalités. La vérité, est autre. Cependant que les salaires stagnent ou reculent et la pression fiscale s’alourdit sur les petits et moyens, les revenus du capital explosent et la pression fiscale épargne les grandes fortunes et les revenus du capital. Ce n’est pas au « 10 % » des « plus riches » (c’est-à-dire ceux qui peuvent vivre encore décemment) qu’il fallait opposer les chiffres de la pauvreté, mais aux 3 ou 2 pour cent des riches véritables, ceux qui à eux seuls possèdent plus de 80 % du patrimoine français. Et là, les conclusions en aucun cas n’auraient pu être les mêmes. L’appauvrissement de la grande masse (les faux riches de l’INSEE compris) au profit de quelque- uns auraient sauté aux yeux de manière flagrante. Mais bon, qu’on ne s’y méprenne pas, cette pratique frauduleuse de nos gouvernements n’est pas chose nouvelle. « La pauvreté recule-t-elle vraiment ? » interrogeait déjà Laurent Jeanneau dans « Alternatives Économiques n° 308 de décembre 2011 ». « Selon le gouvernement, la pauvreté aurait reculé en France entre 2006 et 2009. Une manipulation statistique….. » Et oui, nous approchions alors du scrutin présidentiel de 2012 et toute manipulation était bonne à prendre pourvu qu’elle serve à justifier le gouvernement et le président. En ce mois de septembre 2015, nous approchons du scrutin des régionales de décembre. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 23 septembre 2015.

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