AU PIED DU MUR SYRIEN Les USA, chef de file du « club sélect » des pays impérialistes occidentaux, ont pris il y a quelques années la direction d’opérations dont l’objet était d’assurer le leadership Américain sur la planète, entre autre en redessinant la carte politique du grand Moyen-Orient. La guerre contre l’Irak en fut l’acte inaugural. Puis en 2011, instrumentalisant la situation induite par la révolution Tunisienne, sous l’étendard de « la démocratie » fut déclenchée une grande campagne de subversion, baptisée « printemps arabe » dont le but était de se débarrasser de tous les régimes et chefs d’États hostiles au leadership américain. Au nombre de ceux-ci, les régimes laïcs des Baas Irakiens et Syrien, la Jamahiriya du Colonel Kadhafi, et La République Islamiste (Chiite) d’Iran. Exploser les Républiques Issues du partage Sykes-Picot et de l’aire de la guerre froide et de la décolonisation, balkaniser le Moyen-Orient pour mieux le soumettre et le dominer. Voilà quel était le dessein. Mais l’offensive occidentale est « tombée sur un os » ou plus exactement elle est allée droit dans le mur : la Syrie, fermement soutenue par la Russie l’Iran et la Chine. La Syrie c’est le point où ses dernières puissances ont placé la limite que l’Occident ne devait pas franchir Stop-là ont-elles signifié à maintes reprises et de diverses façons. D’abord par plusieurs vétos russo-chinois au « Conseil de sécurité de l’ONU », ensuite par l’intercession de la diplomatie russe dans l’affaire de l’arsenal chimique syrien pris comme prétexte à une intervention aérienne occidentale. Enfin en invitant l’Occident à composer avec le régime de Bachar Al Assad pour combattre « l’EI » (Daesh) Or les puissances occidentales s’obstinent, ne veulent rien entendre des patients appels à la raison des diplomaties Russe Chinoises et Iraniennes. Elles s’entêtent et réitèrent leur exigence du départ de Bachar Al Assad. Les USA parce qu’ils ne veulent pas renoncer si vite à leur projet prométhéen du nouvel ordre mondial sous leur coupe. La France parce que le maintien au pouvoir de Bachar El Assad sonnerait pour elle, qui depuis trois ans ne cesse de vouloir mettre celui-ci à la porte, comme un cataclysme diplomatique. Après les sommations et injonctions de quitter le pouvoir faites par des chefs d’États étrangers au chef de l’État syrien, après les menaces de le traduire devant le TPI, après plusieurs attentats contre sa personne et sa garde rapprochée, après les provocs à l’arme chimique devant justifier une intervention occidentale directe, mais qui ont fait long feu, après les accusations de bombardements au chlore ou à la barrique explosive, voilà que le flot migratoire engendré par la politique criminelle de l’impérialisme occidental, sert à celui-ci le moyen de tenter de retourner les opinions et de relancer son offensive directe contre le gouvernement légal de la Syrie. On va survoler la Syrie, on va attaquer « Daesh », mais on ne veut pas s’allier avec celui qui depuis quatre ans combat « Dasch » et ses semblables sur le terrain. Plus même, on ne veut pas que l’action contre « Daesh » apparaisse comme une aide apporté au régime légal. C’est dire que l’on ne veut pas que celui-ci tire profit de l’affaiblissement de « l’EI » en reprenant le contrôle des territoires que « Daesh » évacuerait sous la pression militaire occidentale. C’est dire que l’on veut bien chasser « Daesh » des parties du territoire syrien dont il s’est emparé, mais que l’on ne veut pas rendre celles-ci à l’autorité du pouvoir légal. Que faut-il pour cela ? Il faut qu’une autre « force amie » prenne le contrôle de ces territoires. Or, chacun l’a bien compris, la prétendue opposition syrienne « démocratique » ou « modérée », l’ALS et le CNS, créatures de la France et de BHL ne sont en vérité que des vues de l’esprit, des concepts vides et des sigles sans substance, à ce titre totalement inaptes à contrôler quoique que ce soit, Alors qu’elle solution ? L’option restante est que les puissances occidentales envoient leurs propres troupes, prendre le contrôle des territoires que « Daesh » devra évacuer. La guerre à « Daesh » apparait déjà sous ce rapport comme un prétexte pour s’immiscer directement dans le conflit Syrien. Voilà le sens de la déclaration de François Hollande lors de sa conférence de presse de rentrée, selon laquelle il n’y aura de solution du problème Syrien qu’avec la chute de Bachar Al Assad. Voilà le sens de la campagne de propagande actuelle qui veut nous convaincre que la majorité de l’opinion française est favorable à une intervention de troupes au sol (en Syrie ?). Voilà le sens mal dissimulé des ambiguïtés criminelles savamment entretenues : « décision de vols de reconnaissances de la Syrie » et non pas des seules zones contrôlées par « l’EI », ambiguïté entretenue par les instituts de sondages, quand ils interrogent nos concitoyens, « seraient-ils favorables à une intervention au sol de soldats français dans le cadre d’une coalition internationale pour libérer la Syrie (sic).Voilà pourquoi on décide des vols de reconnaissance en territoire syrien après avoir juré ses « grands Dieux » que l’on interviendrait pas en Syrie, Voilà pourquoi on décide des « frappes », le jour même où le parlement parle pour rien et deux jours seulement après avoir dit que ce n’était pas envisagé. Voilà pourquoi on laisse entendre depuis hier que l’on pourrait opter bientôt pour une intervention de troupes au sol. Voilà le sens de l’appel de François hollande lors de la même conférence de presse à la formation d’un gouvernement « d’Union nationale » en Syrie. Le nouveau plan machiavélique d’agression occidentale contre la Syrie, apparait ici, dès lors, clairement. Comme ils avaient inventé le CNS de toute pièce la France avec et BHL créeront ce prétendu gouvernement d’union nationale, (sans Assad, sans le Baas, sans les alaouites, sans une moitié de la Syrie), et c’est ce gouvernement de fantoches de leur cru qui prendra officiellement le contrôle des territoires cédés par « Daesh », et en vérité sous le contrôle militaire de l’Occident. * Le régime légal syrien sous la direction de Bachar Al Assad et les hordes barbares, sous diverses apparences et appellations, sont aux prises depuis quatre ans. Les barbares de « Daesh » se sont emparés du contrôle d’une large part du territoire Syrien. Le but de la guerre contre « Daesh », au sens du régime légal, est la reconquête des territoires qui ont échappés à sa légitimité et la reconstitution de l’intégrité territoriale de la Syrie. Si, sous couvert d’un « fantochematique » gouvernement d’Union nationale à leur solde, les armées occidentale chassent « Daesh » et prennent à la place de celui-ci le contrôle des « territoires libérés », et quand bien même aucun incident ne se serait encore produit avec l’armée régulière, cette seule occupation/partition de la Syrie, constituerait en soi une agression inqualifiable contre ce pays, un « casus belli » auquel le gouvernement syrien et ses soutiens ne pourraient se dérober. La prise de contrôle de territoires syriens par des forces armées occidentales constituerait donc en soi le début de l’intervention massive occidentale contre la Syrie de Bachar Al Assad. La solution a dit Hollande c’est la fin de Bachar Al Assad. La prise de contrôle de territoires syriens par des armées occidentales ne serait en vérité qu’une étape stratégique dans la guerre totale de l’Occident au régime légal syrien. Alors la Syrie et ses alliés qui les voient venir avec leurs gros sabots, se mettent en défense, se préparent activement à cette nouvelle phase de la guerre qui leur est imposée. Tandis qu’Américains, français et britanniques ajustent leurs dispositifs, la Russie l’Iran et la Chine préparent aussi le leur. Qui songerait à les en blâmer. C’est alors que les pyromanes impérialistes crient au feu. Il semblerait qu’à leur sens les Syriens devraient, comme les agneaux du seigneur à l’holocauste, se faire égorger sans protester ? La Syrie, la Russie, la Chine et l’Iran devraient elles se coucher et capituler sans combat devant les maitres autoproclamés du monde? Au stade où nous en sommes, nul ne peut dire si les USA et leurs alliés viendront à bout d’imposer leur férule au Moyen-Orient et au Monde. Mais ce que l’on peut affirmer d’ores et déjà c’est que « les puissances infernales » sont à présent au pied du mur syrien, où va se jouer, sous peu, une bataille décisive pour l’avenir du monde. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 16 septembre 2015.
