SALOPE DE MER Un enfant est retrouvé comme un poisson mort échoué sur une plage. L’image « glace les sangs ». C’est terrible ! C’est horrible ! Les médias occidentaux s’en emparent et s’emballent : c’est la révélation de l’horreur qui éclabousse la conscience universelle. Les dirigeants occidentaux se redressent sur leurs ergots, cernent les responsabilités, désignent en filigrane les « responsables », pas eux bien sûr, et délivrent des sentences moralisatrices. Un enfant mort sur une plage ? Voilà des semaines et mêmes des mois que les naufrages d’immigrés se multiplient en méditerranée. Plusieurs milliers d’êtres humains, des hommes, des femmes, et bien sûr quelques centaines d’enfants ont déjà péri noyés. N’était-ce pas cela la véritable horreur face à laquelle ils sont restés de marbre ? Un camion dans lequel on retrouve 70 cadavres entassés en état avancé de décomposition, n’était-ce » pas encore un témoignage suffisant de l’horreur ? Fallait-il vraiment pour l’identifier et s’en émouvoir enfin qu’un cadavre d’enfant échoue sur une plage ? Quand après tout cela, ces milliers de victimes, tous ces évènements dramatiques ou horribles qui se multiplient depuis des mois, il faut aux médias et aux dirigeants occidentaux l’image d’un enfant mort sur une plage, pour hurler enfin à l’horreur et à l’insoutenable, ceux-ci qui se posent en conscience du monde et s’efforcent de prouver leur humanité ne réussissent à faire que la preuve du contraire, celle de leur cynisme sans borne et de la barbarie qui les anime. Car Aylan qui était-il ? Un enfant Syrien de Kobané ? Un petit gosse innocent deux fois victime, de la guerre et de la mer. Il fuyait les feux de la guerre allumés et entretenus depuis plus de 4 ans par ces mêmes chefs barbares de l’Occident impérialiste, il fuyait les barbares de l’EI, leurs hommes de mains, sustentés et entretenus indirectement par eux-mêmes et directement par leurs alliés et amis les Monarchies arabes du golfe. Il fuyait leurs crimes et leurs horreurs Ils ont mis depuis 12 ans, le Moyen-Orient à feu et à sang. A cheval sur le mensonge éhonté des armes de destruction massives de Saddam Hussein ils ont tué celui-ci et explosés l’État et la nation irakienne. A cheval sur le mensonge d’une prétendue révolution ils ont assassiné le colonel Kadhafi, armé et soutenu militairement le coup d’État qui a détruit la Libye. A cheval sur le mensonge de « la révolution » ils ont congédié Hosni Moubarak et remis le pouvoir politique en Égypte aux mains d’une terrible dictature militaire. A cheval sur le mensonge des attaques chimiques et de la barbarie supposé de Bachar El Assad, ils soutiennent politiquement, financent et arment toutes les hordes barbares du Moyen-Orient à l’aide des quelles ils assaillent le régime légal du BAAS Syrien. Et le « mensonge amiral » qu’ils ont enfourché pour conduire tous ces raids destructeurs dans tout le Moyen-Orient est celui d’un prétendu « printemps arabe » et de la lutte pour « la démocratie ». Tout ça pour finir, imparable test de vérité, par sacraliser les plus horribles et les plus réactionnaires des monarchies du monde dont ils sont devenus les meilleurs amis. Pouvait-on commettre un crime plus grand contre l’humanité que celui d’accoquiner dans l’action la barbarie et la démocratie ? Ce qu’ils avaient baptisé « printemps » d’un nom respirant la renaissance et la vie restera dans l’histoire sous un autre fleurant le sang et la mort : « la Saint Barthélémy arabe ». Or, voilà que ceux-là même qui ont pris tant de soins à assurer la sécurité du séjour doré sur la côte d’Azur » du roi commanditaire des barbares qui opèrent en Syrie, en Irak, en Libye et ailleurs, s’alarment d’un petit cadavre humain retrouvé sur une autre plage de « la grande bleue ». Salope de mer! Pour un peu elle l’aurait servi directement dans l’assiette d’or du roi d’Arabie grand ami de François Hollande. Ne pouvait-elle l’engloutir à jamais comme elle en englouti des centaines d’autres ? L’eau bleue de la méditerranée ne pouvait-elle se refermer sur lui comme le mouchoir avec lequel ils étouffent leurs leur conscience au fond de leurs poche. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Samedi 5 septembre 2015.
