GRECE: L’APPEL AU PEUPLE

GRECE: L’APPEL AU PEUPLE Alexis Tsipras, le premier ministre grec confronté au blocage de l’Europe qui entend mettre la Grèce à genoux, a décidé la tenue d’un référendum le 5 juillet prochain. Il s’agit d’un référendum, mais c’est déjà plus que cela. C’est un appel à la révolte, à la mobilisation, à la prise en charge par le peuple grec de son propre destin. Les appels précédents au soutien au gouvernement n’avaient donné que des résultats mitigés, une large fraction du peuple étant perplexe, dérouté, ayant le sentiment d’avoir déjà été trahit. Avec le référendum, le gouvernement grec signifie clairement que non seulement il n’a pas trahit, mais qu’il appelle le peuple à se disposer au combat à ses côté. Car, qu’il s’agisse de faire plier la commission européenne ou qu’il s’agisse d’une sortie de la zone euro, la séquence historique qui s’ouvre ainsi pour la Grèce est un véritable combat. Voilà plusieurs mois que de négociations en rencontres et en nouvelles négociations, le nouveau gouvernement grec semblait tergiverser, hésiter, voire être perdu face à la difficulté de la situation. Voilà des semaines et des mois que l’on nous annonçait ses capitulations partielles, et voilà quelques jours que l’on était sûr de sa capitulation totale. J’ai entendu un reporter de « France 2 », il y a quelques jours à peine, qui annonçait que la Grèce n’avait plus d’autre choix que d’accepter le diktat de Bruxelles. L’annonce du référendum est un démenti cinglant à tous ceux qui faisait peu de cas de la Grèce, du peuple grec et des engagements du gouvernement qu’ils voulaient humilier. Bruxelles ne veut pas céder à la Grèce. Elle le pourrait. Mais elle redoute que d’autres pays, tels le Portugal, l’Espagne ou l’Italie ne suivent la même voie remettant en cause définitivement la doctrine économique qui est la sienne. Elle a pris se faisant le risque d’une sortie de la Grèce de la zone euros, qui fragilisera celle-ci. Elle a pris ce risque car elle est persuadée que le jeu en vaut la chandelle. Sortie de la zone euros la Grèce retournera à la drachme qui subira une forte dévaluation. L’économie Grecque rentrera dans une période de marasme. Et la commission européenne table sur l’idée que la situation catastrophique qui en résultera sera alors sa meilleure arme de dissuasion pour prévenir d’autres États de suivre le même chemin. Mais la commission européenne « se plante » sur toute la ligne. Un) Débarrassée du boulet de la dette, l’économie grecque, certes secouée par la sortie de l’euro et la terrible dévaluation de la drachme, pourra mettre le cap sur sa reconstruction. Deux) dégagée de la tutelle de la BCE et du FMI, la Grèce recouvrant son indépendance pourra diversifier ses partenariats, elle le fera, elle en a déjà pris le chemin, avec la Russie, la Chine et les BRICS. Mais une telle évolution aura d’autres conséquences, celles de modifier les engagements géopolitiques et stratégiques de la Grèce. Voilà quels sont les enjeux véritables auxquels le gouvernement grec ne pouvait se disposer sans avoir épuisé toutes les possibilités d’une solution négociée dans le cadre de l’UE. Voilà un possible tournant dans le destin national de la Grèce, que le gouvernement grec ne pouvait négocier sans s’assurer au préalable du soutien sans faille du peuple grec. Le calcul cynique de la commission européenne, pourrait ainsi se révéler être une véritable Bérézina pour « L’Europe », « L’OTAN », et l’Empire d’Occident dirigé par les USA. En en appelant au peuple grec et à son histoire, auquel il demande de refuser l’humiliation, Alexis Tsipras a joué une carte majeure. C’est lui qui a mis de la sorte la commission Européenne devant un terrible dilemme. Craignant le scénario catastrophe que pourrait induire son intransigeance, il est encore possible que la commission européenne se ravise in-extrémis. Une nouvelle réunion doit avoir lieu. La commission européenne qui fanfaronnait il y a quelques heures encore, persuadée qu’elle était de mettre la Grèce à genoux, pourrait encore se raviser et proposer un plan « B » incluant une annulation partielle importante ou totale de la dette grecque. A défaut, Le tournant historique que la Grèce amorcera ainsi pourrait bien se révéler être l’acte fondateur d’une révolution européenne. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 29 juin 2015.

Please follow and like us:
0
Tweet 20
Pin Share20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Instagram
Retour en haut