FRANÇOIS REBSAMEN, PALME DE L’IGNOMINIE AU FESTIVAL DE CANNES. NOUS AVONS VU : « LA LOI DU MARCHE » Certes il y a le jeu de Vincent Lindon, qui dit-on lui colle à la peau. Nous en convenons, il n’a pas volé son prix d’interprétation. Cela convenu autorisez nous tout de même à insérer un bémol dans la partition. L’homme est inquiet, soucieux, maussade. Il joue cela à merveille. Mais son jeu est un peu monocorde tout de même. Même dans les pires moments de l’existence, il n’est guère d’être humain, fut-il d’un naturel renfrogné, qui n’a pas ses petites joies et ses éclats de rire. Pas le personnage principal de ce film. Ce film manque d’intrigue, de ressort. Il n’est pas tourné comme un conte mais comme un témoignage, sa valeur relève plus du documentaire que de la fiction. Témoignage, tout y est, c’est poignant. La meurtrissure de la perte d’emploi, l’angoisse des lendemains, les humiliations de l’entretien d’embauche ou du stage de mise à niveau pour la rédaction d’un « CV », pour « mieux se vendre », les absurdités d’une institution plus préoccupé à dissimuler des chômeurs dans des stages qu’à la recherche d’une véritable solution d’emploi. Le ridicule du « système » quand un conseiller bancaire propose au pauvre type sans emploi et sans salaire de contracter une assurance décès pour sécuriser l’avenir de ceux qu’il aime. Tout y est, il y a même plus, c’est trop. Cet homme aurait pu avoir des enfants « normaux » qui auraient souffert de la situation de leur père. Il n’a pas d’emploi pas de salaire, peur du lendemain, du risque de la marginalisation, et cerise sur le gâteau, misérabilisme dégoulinant, le récit l’affuble en plus d’un fils lourdement handicapé. Ça n’apporte rien au sujet, s’est même hors sujet. C’est une grave erreur de scénario. Vous l’avez compris, nous ne considérons pas ce film comme un chef d’œuvre. Juste un témoignage cinématographique de ce qu’est au quotidien la barbarie capitaliste. Mais, serait-ce la façon du festival de Cannes, du monde du cinéma, de dire son indignation et sa réprobation quand l’inimitable monsieur Rebsamen, Ministre du travail en titre (du chômage en vérité) décide d’accroitre les brimades à l’encontre des chômeurs, d’infliger comme une double peine, les meurtrissures de l’humiliation à ceux qui sont déjà victime du système. ? Alors oui nous partageons tout de même beaucoup et remercions toute l’équipe du film et le Jury du festival qui a mis l’accent dessus. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Mercredi 3 juin 2015.
