LA FRANCE, BANDIT INTERNATIONAL Çà y est donc, c’est la décision finale, la France ne livrera pas les navires « Mistral » à la Russie. Qu’importe le prétexte, ça n’est qu’un prétexte. Ce qui est important dans cette affaire c’est la rupture unilatérale d’un contrat commercial par la France, c’est le dédit, c’est la honteuse inobservance de la parole donnée. Une violente et infamante manifestation d’inimité à l’égard de la RussieLe monde des affaires et des transactions, depuis la nuit des temps, et probablement avant la lettre, est fondé sur le contrat, c’est-à-dire l’engagement réciproque de deux personnes physiques ou morales, dites « les parties au contrat ». Et le retard ou le défaut toujours possible, lorsque un ou plusieurs des termes du contrat ne sont pas respecté, de l’une des partie, est toujours assorti de clauses de « dédommagements ». Le défaut, Il s’agit le plus souvent de délais de paiement ou de livraison, il peut s’agir aussi de vice de qualité par exemple, rarement de l’inexécution totale, à fortiori volontaire, d’un contrat. L’inexécution lorsqu’elle a lieu est le plus souvent la cause d’une faillite ou de mise en liquidation d’une entreprise contractante.Ce n’est pas le cas dans l’affaire des « Mistral ». L’entreprise Française, CNS, a exécuté sa part du contrat, les navires sont construits et en état de marche. C’est l’État français qui a décidé unilatéralement de ne pas livrer les marchandises à l’acheteur. C’est probablement une première dans l’histoire du commerce mondial, c’est en tout cas une injure faite à la Russie.La France se dédie, gageons que cela lui sera fort dommageable pour la suite dans le commerce de l’armement, un grand nombre de pays hésitant à s’engager dans des contrats gigantesques avec les entreprises d’un pays qui peut ainsi renier sa propre parole entre la date de la signature d’un contrat et celle de son exécution. Exemple, les « rafales » vendus à l’Inde. Le contrat n’est pas encore signé, l’Inde qui avait envisagé un temps d’en acheter trois fois plus a déjà réduit ses prétentions car elle souhaite un transfert de technologie. On devine donc que la réalisation du contrat des 26 premiers avions est subordonnée à l’obtention de garanties quant à ce transfert ultérieur. Mais qu’elle assurances véritable peut avoir l’Inde, traitant avec un pays sans foi ni parole, que ce transfert aura bien lieu ? Or, certains hauts responsables indiens étaient déjà peu favorables à la signature d’un contrat avec la France. L’épilogue de l’affaire des navires Mistral » ne va-t-il pas enlever la décision finale de l’Inde de ne pas signer ce contrat ?La France se dédie, elle invoque pour se justifier des raisons politiques, l’implication de la Russie dans la situation en Ukraine, dont personne jusqu’ici n’a apporté le moindre début de preuve. Mais c’est pire même, car si nul n’est capable de faire la preuve d’une ingérence Russe en Ukraine, la preuve des ingérences occidentale, Américaines, Européennes, françaises, et de l’OTAN, dans le coup d’État du Maidan et toute la suite, sont, elles, multiples et avérés.La France se dédie enfin. C’est une honte pour notre pays, une calamité pour sa crédibilité commerciale, une infamie de plus pour sa diplomatie. Mais ce n’est pas tout La France pourrait se dédire et tenter tout de même d’afficher un minimum de dignité, en assumant dignement les conséquences de son dédit dont la responsabilité lui incombe entièrement. Mais ce n’est pas le cas. Elle va plus loin et se vautre dans la fange en osant faire à la Russie la proposition malhonnête que voilà : « on vous rembourse les 825 millions d’euros que vous avez déjà payés et on résilie le contrat ». Pas de pénalités de dédie, pas de dédommagements. On résilie le contrat ? Cela équivaut à dire que celui-ci n’a jamais existé. Mais une telle chose n’est pas possible. Résilier un contrat, cela peut se faire certes mais avant le début de son exécution, pas à la fin, pas plusieurs années après sa signature quand on a fait perdre beaucoup de temps à la Russie qui aurait construit elle-même ou aurait fait construire par d’autre les navires porte hélicoptères dont elle avait besoin.Une telle proposition fait honte à la France et aux français. La France dit à la Russie on vous rembourse votre mise et on résilie le contrat. On croirait avoir atteint là le fond des abysses de l’ignominie internationale. Or, ce n’est pourtant le cas, l’infamie ne se limite pas à cela. Voilà le fond. La proposition ignoble en soi est de surcroit assortie d’une condition : « que vous donniez votre accord préalable, sans lequel la France ne peut pas revendre les navires à un autre acheteur ». La France ne remboursera (sans autres dédommagements) à la Russie, l’argent que celle-ci a versé pour une transaction que la France refuse d’exécuter, que lorsque la Russie aura donné son accord préalable à la revente des navires. La méthode relève du banditisme international.Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 16 mai 2015.
