PRESSE, MÉDIAS : UNE CONDUITE HONTEUSE

PRESSE, MÉDIAS : UNE CONDUITE HONTEUSE Le mensonge permanent, professionnel, du système médiatique et de la presse, ne se loge pas que dans ses menteries directes. Il peut prendre la forme du « parti pris », du « deux poids deux mesures », il se loge aussi dans la manière de délivrer l’information, dans la sélection des sujets, dans le choix des manchettes, dans la manière de focaliser ou d’éluder, et dans les silences quelques fois aussi. Dans le contexte actuel de « crise » et de politique d’austérité, d’exaspération des peuples, de tensions internationales, de « crise ukrainienne » et de sanctions économiques réciproques, la visite du nouveau premier ministre grec à Moscou avait une signification particulière. La rencontre Tsipras Poutine était sans nul doute l’évènement international majeur de ces derniers jours, qui méritait d’être traité avec attention et sérieux. Ce qui peut résulter de cette visite d’État ne nous concerne-t-il pas tous au plus haut point ? Les suites qu’elle peut avoir ne sont-elles pas de nature à « impacter » l’Union européenne et la zone euros, donc les citoyens captifs que nous sommes de ces entités ? N’est-elle pas de nature à modifier profondément à terme les ententes et flux économiques, à modifier même ultérieurement les équilibres géostratégiques actuels ? C’est bien ce que craignent pourtant des responsables politiques allemands et européens qui ont laissé paraitre leurs craintes « que la prochaine visite en Russie du premier ministre grec Alexis Tsipras et sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine ne sapent l’unité de l’Union européenne sur la crise ukrainienne. » « Le maintien du consensus au sein de l’UE est un élément déterminant pour trouver une solution politique » a déclaré devant les journalistes Gernot Erler, coordinateur du gouvernement fédéral pour la coopération sociétale avec la Russie, l’Asie centrale et les pays du partenariat oriental. » « A la veille de la visite du chef du gouvernement grec à Moscou, M.Erler a appelé l’UE à l’unité sur tout ce qui concerne la crise en Ukraine. « L’Union européenne n’aura de l’influence et ne sera prise au sérieux que si elle parle d’une seule voix », a estimé le responsable, prévenant que Moscou pourrait essayer de diviser l’UE et d’exercer une influence sur des pays tels que la Grèce, la Hongrie et la Bulgarie. » « Pour sa part, la députée Gerda Hasselfeldt, qui représente au Bundestag l’Union chrétienne sociale (CSU, conservateur), a déclaré dans une interview à Die Welt que la visite à Moscou du premier ministre grec menaçait la solidarité européenne. « La Grèce fait partie de l’Union européenne. Et l’Union doit faire preuve de cohérence face à la Russie, en parlant d’une seule voix. Le gouvernement grec doit être conscient de toute la gravité de la situation en Europe », a indiqué Mme Hasselfeldt, ajoutant que M.Tsipras ne devait pas instrumentaliser sa visite à Moscou pour obtenir d’avantage d’argent de la Russie. » (Source, fr.sputniknews.com » citant l’agence Reuters)) « Piqué au vif, l’UE n’a pas tardé à réagir. Le président du Parlement européen Martin Schulz, interrogé ce week-end par le journal allemand « Hannoversche Allgemeine Zeitung », a demandé à Tsipras de « ne pas mécontenter ses partenaires européens » en risquant de rompre l’unanimité de l’Union européenne vis à vis de la Russie.Dans une interview au Rheinische Post, le ministre allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, a préféré minimiser les conséquences de cette visite : « Je ne peux imaginer que quiconque à Athènes soit prêt à tourner le dos à l’Europe pour se jeter dans les bras de la Russie », a-t-il déclaré. » (Site web de « France 24 » avec AFP) Pourtant nos médias occidentaux ont passé l’évènement à la trappe. Deux phrases seulement mercredi soir au journal de 20 heures de « France 2 », et ce matin, comme une « provoc » pour laisser transparaitre son dépit, sur « France Inter », on parlait du déblocage d’une nouvelle tranche de liquidité et du remboursement hypothétique de la dette grecque, mais pas un mot sur la visite en cours d’Alexis Tsipras à Moscou ni de sa rencontre avec le Président Poutine. Les journalistes se plaignent quelque fois d’être mal aimés, du mépris qui entoure leur profession. Qu’ils commencent donc par se conduire dignement s’ils veulent gagner en dignité et en respect. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Jeudi 9 avril 2015.

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