ALEXIS TSIPRAS A MOSCOU L’ÉTONNANT SILENCE DES LOUPS. La meute insatiable des loups de la finance européenne lorgne la proie avec voracité. Ils ont décidé de la dépecer. On les a entendus chanter le refrain faux de la fraternité européenne aux lendemains de la victoire électorale de SYRIZA. Puis les jours passants le ton est monté crescendo. Le nouveau gouvernement Grec semblait pris au piège, contraint de se dédire, de s’humilier et de trahir ses promesses à défaut de faire plier les décideurs européens. Ont les tiens « haut et court » pensaient peut-être ceux-ci. Alors les chants sinistres et les glapis de joies ont commencés. Ils se délectaient déjà de la dépouille de la Grèce. Et puis, tout à coup silence. Un silence pesant, plus sinistre peut-être que les hurlements précédents. Plus de nouvelles, plus de commentaires, plus rien. Que se passe-t-il ? Rien ! Mais encore ? Peu de chose ! Seulement entendu avant-hier, sur une chaine de télé, un commentaire décalé sur le bilan des deux premiers mois du gouvernement de la gauche radicale Grecque. Il aurait renié tous ses engagements, trahit toutes ses promesses, il se serait couché devant la dictature de la finance européenne. Le paradoxe de ce commentaire ce n’est pas les rodomontades qu’il exprime, ce sont les silences qu’il consigne. Ils savent bien sûr ils savent, mais ils ne disent pas, cela les inquiète trop et les angoisse même, Alexis Tsipras est attendu aujourd’hui même, mercredi 8 avril, à Moscou pour une visite officielle de quatre jours durant laquelle il rencontrera Vladimir Poutine. Et de quoi sera-t-il donc question croyez-vous ? La Grèce, la tête dans la lunette de la guillotine européenne ne pouvait faire que profil bas. Elle ne pouvait pas défier trop tôt son bourreau, craignant qu’il ne lâche le couperet. Elle a fait mine de se plier aux exigences indécentes de ses créanciers, le temps de se sortir de cette situation périlleuse, un temps très court qu’elle entend mettre à profit pour se chercher une alternative. Il ne faut pas dit-on « se lâcher des mains que l’on ne se tienne des pieds ». Le voyage du premier ministre Grec à Moscou pourrait précisément lui offrir les moyens de sa politique. Alors, quand des annonces concrètes seront faites qui témoigneront d’une coopération Athènes/Moscou, de dispositions financières et commerciales alternatives qui redonneront du souffle à la Grèce et les moyens au gouvernement de faire face au dictat européen, vous entendrez à nouveau la meute hurler a la trahison de SYRIZA qui met l’Europe en péril et à « l’intolérable l’ingérence » de Poutine dans les affaires européennes. Or leurs hurlements ne seront que de peu d’effets. Et qu’ils y prennent garde leur intransigeance s’il la maintienne, pourrait bien s’avérer «contreproductive. Si elle ne veut pas assister à termes à des renversements d’alliances géostratégiques qu’elle aurait elle-même provoquées, car l’exemple de la Grèce pourrait-être suivi par d’autres, l’Europe devra bien se résoudre à mettre beaucoup d’eau dans son vin. Alors c’est la Grèce qui chantera peut-être, et les peuples avec elle. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 8 avril 2015.
