« SI TU ME JUGE JE ME SUICIDE ! »

« SI TU ME JUGE JE ME SUICIDE ! » Le suicide est regrettable, lorsqu’il s’agit de l’acte désespéré d’un malade sous l’emprise de ses angoisses ou de sa démence passagère. Il est également lorsqu’il résulte d’une injustice, d’un acharnement arbitraire d’un mal-être social, qui pourrait-être évité par une société moins inégalitaire, plus juste ou plus fraternelle. Dans les autres cas, et à la condition expresse qu’il n’y précipite pas les autres, c’est un droit d’autant plus inaliénable de l’homme qu’en l’espèce celui qui l’exerce en décide par lui-même et entièrement seul. Le procès n’avait pas commencé, il était encore « présumé innocent ». Ce qu’il redoutait, ce ne pouvait donc être la rumeur publique ni le jugement moral de ses concitoyens, qui sont des réalités déjà anciennes dont il s’était accommodé jusque-là, mais bien les révélations du procès et le verdict qui le conclurait. Jean Germain a choisi de ne pas comparaitre devant la justice des hommes, c’est son droit le plus strict et c’est probablement, enfin, une chose chez lui de nature à nous inspirer du respect. Manuel Valls, qui n’est pas de la même trempe que nous, s’est dit bouleversé par la disparition de « son ami ». » Dis-moi qui sont tes amis je te dirai qui tu es ! » Bien sûr tous les politiciens véreux qui redoutent de devoir rendre des comptes un jour ou l’autre, vont s’émouvoir de sa disparition. Ils ont déjà commencé. Ils accusent l’acharnement des journalistes et des juges. Si cela pouvait inciter ces derniers à les « lâcher » un peu, Ce qu’ils revendiquent en vérité, ce n’est pas la seule présomption d’innocence, ce n’est pas la protection de « l’immunité parlementaire », c’est l’impunité totale Imaginez, Balkany, Sarko, Cahuzac et Guéant pourraient souffler un peu si les juges prenaient peur tout à coup d’être accusés de les pousser au suicide. Mais que les juges se tranquillisent : lorsqu’il s’agit de la libre disposition de sa propre existence, de l’auto-justice que s’appliquent des crapules avérées, ou de la volonté d’échapper à l’opprobre ou à la justice des hommes, le suicide s’apparente au droit sacré des individus à choisir de mourir dans la dignité pour ceux qui le peuvent encore, dans l’indignité pour ceux pour lesquels il est déjà trop tard. Il n’appartient pas à l’opinion publique de se lamenter sur le sort de ceux qui l’ont ainsi choisit, ni aux juges de suspendre leurs actions sous la pression de ce chantage odieux. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mardi 7 avril 2015.

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