MÉTAPHORE RURALE, LE GRAND PLANTAGE DE MANUEL VALLS Manuel Valls se démène comme un beau diable. Il ratisse la campagne « l’EXPRESS.fr », écrit « laboure ». C’est exagéré. Le labour prépare la semence et assure l’avenir de la récolte. Mais en matière « d’élections départementales », le simple bon sens l’indique, il est trop tard pour la semence, à fortiori pour la récolte. Donc, le premier Ministre grattouille la campagne électorale, par ci par là, de manière désordonnée, et tentant d’imiter le geste auguste du semeur en jouant du menton à la manière des dictateurs, il sème à tous vent mauvais. Mais que sème-t-il ? Il n’a pas même pris la peine de sélectionner sa semence, il ne sème que l’ivraie. La ruralité souffre. Elle souffre de quoi la ruralité ? Elle souffre de la chute du revenu agricole, de la mort des exploitations, de la montée en puissance de l’agriculture industrielle, de la mort des commerces, de la fermeture des écoles et des services publics, etc. Et que dit Manuel Valls ? Que le gouvernement va prendre des mesures pour enrayer cette évolution, qu’il va interdire la fermeture des classes, des postes, des petits hôpitaux et petites maternités, qu’il va prendre des dispositions, des incitative valorisantes, pour lutter contre les déserts médicaux, la fermeture des gares, des petites perceptions, des gendarmeries, des tribunaux d’instance, qu’il va légiférer pour limiter le pouvoir destructeur des grandes surfaces et redonner de l’air au commerce local, qu’il va encourager le développement d’un secteur agricole de qualité rouvrant des perspectives à l’exploitation agricole familiale ?NON ! Il ne dit rien de tout cela. Il dit seulement qu’il va Tripler le nombre des « maisons de services au public » et promet la fin « des zones blanches pour le téléphone 2G et 3G ». Or de telles annonces sont complétement contre productives, les électeurs de la ruralité ne sont pas dupes. Certes la fin des « Zones blanches » peut faire plaisir aux usagers locaux ou en transit, mais en quoi est-elle un moyen de lutte contre la désertification des campagnes ? Quant au « Maisons de services au public (attention à la nuance, service « au public » et non pas « service public »), leur sens est tout à l’opposé de la lutte contre la désertification des campagnes et le mal vivre des populations rurales, puisqu’il s’agit, non pas de lutter contre la disparition des services publics, mais au contraire de « les accompagner » et donc de les encourager. Manuel Valls est donc allé « semer » dans l’Aisne. Il y a semé la désolation, il récoltera des sauterelles. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Samedi 14 mars 2015.
