AU SECOURS DE « BEACHELLE », LA DÉCHÉANCE MORALE DE MANUEL VALLS « La fonction fait l’homme, elle le transcende. » C’est ce que certains pensaient, espérant cinq ans en vain qu’elle transforme un Ostrogot en Président. Ceux-là durent se résigner quand, postulant un deuxième mandat, Sarkozy avoua qu’il avait consacré le premier à « apprendre le métier ». Il en va de même de la fonction de premier ministre. On serait en droit d’attendre qu’elle transcende les hommes qui en sont investis. Ce n’est décidemment pas le cas. Dans l’une et l’autre posture, des individus de vile composition, plutôt que transcender mettent à jour leurs failles. Le piège auquel ils ne résistent pas et qui s’avère être un puissant révélateur de la réalité, est de se croire tout à coup, parce qu’investis du pouvoir politique, plus intelligents et plus savants qu’ils ne sont en réalité. Alors, ils s’enhardissent dangereusement, se vivent en directeur de conscience de la nation et en redresseurs de torts, roulent des épaules ou jouent du menton, et, comme il se doit, « se plantent », un jour ou l’autre, lamentablement. C’est ce qui est advenu à Manuel Valls qui a voulu, Lors d’une interview dimanche sur I-Telé/Europe 1/Le Monde, se frotter à Michel Onfray : « Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle droite dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’Horloge, le Grèce, (…) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères », a aventuré le Premier ministre. Pauvre, pauvre Manuel. Pourquoi faudrait-il, au prétexte des réserves que suscite l’œuvre d’Alain De Benoist, que l’on décerne un satisfécit à celle de Bernard Henri Lévy ? Parce que Bernard Henry Lévy est son ami ? Ça ne garantit en aucun cas la valeur morale de celui-ci. Ça questionne plutôt sur celle de Manuel Valls. Parce que Bernard Henry Lévy est de « Gauche », c’est lui qui le dit ? Il est bien le seul ! Non il n’est pas le seul, Manuel Valls confirme. Mais chacun sait que Manuel Valls manque cruellement d’expertise pour juger de la « gauche ou de la droite ». Lui-même ne prétends-t-il pas être « de gauche » qui fait une politique ultra libérale ? Alain de Benoist était le philosophe de « la nouvelle droite », mais Bernard Henry Lévy lui, est en France, l’ambassadeur plénipotentiaire des « néocons » et de l’AIPAC. « Une nouvelle droite » aussi, celle de l’empire planétaire américain. Bernard Henry Lévy est comme ces insectes ou coléoptères qui commencent leur vie sous une forme et la poursuive sous une autre entièrement différente. Quand sa larve sortit de terre elle était probablement légèrement rosée avec quelques pigmentations rouges. Ce qui trompa les entomolo-polititologues qui le classèrent à « gauche ». Mais quand il eut achevé sa métamorphose quand il échappa à la chrysalide de « sa folle jeunesse » il s’avéra que le dandy était tout blanc, en dehors et en dedans. Sa conversion, ou à vrai dire sa métempsychose a eu lieu il y a bien longtemps déjà, au temps où Richard Nixon soutenait les « contras », baptisés « combattants de la liberté » en lutte contre le gouvernement Sandiniste au Nicaragua. C’est à cette époque déjà lointaine que Bernard Henry Lévy a définitivement trahit les idéaux de gauches, qui avaient dit-on été son moule, pour se consacrer totalement, à la défense de la politique agressive de l’impérialisme anglo-américain. Et c’est par le chemin de Sion qu’il s’en vint faire allégeance à « la nouvelle Rome ». Quand la « Judéité » s’empara de sa raison, quand par la défense inconditionnelle d’Israël il se retrouva lui-même dans la peau d’un allié de l’Amérique impériale. Depuis, et cela fait donc 30 ans au moins que « Béachelle » (B. H.L.), c’est son acronyme « people », le « philosophe blanc de blanc », qui n’a plus de rouge que le sang qui l’éclabousse, n’a cessé de prêcher la guerre partout sur la planète. Il soutenait ouvertement l’action de l’administration américaine et de la CIA, pour renverser le régime sandiniste, il eut l’occasion à plusieurs reprises longtemps avant 2012, de militer pour que l’occident bombarde Tripoli, il s’est ingéré dans l’affaire du Darfour qui n’est en vérité qu’une manigance Américano Israélienne pour dépecer le Soudan, il est intervenu directement pour inciter Sarkozy à décider l’intervention militaire de la France en Libye et l’assassinat de Kadhafi, il en a fait tout autant avec François Hollande pour pousser à la guerre contre la Syrie et Bachar Al Assad, on l’a vu récemment encore sur les barricades de la place Maidan à Kiev soutenir le coup d’État fasciste qui allait précipiter l’Ukraine dans la partition et la guerre civile. Bernard Henry Lévy, est donc l’ami de Manuel Valls ? Grand bien leur fasse. Un ami tant cher, au point même que « Coup-de-menton » le petit catalan hargneux se croit tenu de voler au secours de ce « philosophe de la guerre de la haine et du sang », lorsqu’un autre philosophe, tellement plus respectable, lui décoche une « banderille » ?. Alors, que croyez-vous que fasse vraiment Manuel Valls de la sorte ? Qu’il prenne efficacement la défense de son ami si cher ? Non point. Il ne fait que révéler au monde l’état de bassesse morale et politique où il a lui-même chu. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix .fr. Jeudi 12 mars 2015.
