DÉSOLÉ, MAIS CETTE FOIS, CE SONT LES POTS DE SARKO QUI ONT RAISON Ce n’est pas de gaité de cœur que nous nous résignons à dire cela tout haut. Mais nous avions averti, et nous avons eu déjà plusieurs occasions de le prouver, nous ne nous résoudrons jamais à dire que tel ou tel à tort, fut-il le diable en personne, quand nous savons pertinemment qu’il a raison. Notre positionnement sur cette question ne date pas de ce jour, il remonte même à fort longtemps. Nous avons écrit en 1986 déjà, dans notre plaquette « Social Bonapartisme et classe ouvrière » à propos du caractère néfaste de ce que Raymond Barre avait nommé alors « la confusion des genres ». Depuis, le raccourcissement du mandat présidentiel à cinq ans (quinquennat) et la mise en concordance du calendrier électoral (l’élection Présidentielle devant précéder les élections législatives et celles-ci avoir lieu dans la foulée immédiate de la première), ont mis fin aux errements des périodes dites de « cohabitations » et perpétuée, tant bien que mal, la survie des catégories politiques « droite/gauche ». Pourtant, malgré tout, piégée par « la pensée unique », la confusion des politiques n’a fait que croitre. Tant, que le crédo du FN sur le thème « UMPS » est probablement devenu l’idée politique la mieux partagée de France. Nous avons souvent dit et écrit que cette proximité des politiques de droite et de gauche, était la cause de la démobilisation de l’électorat ouvrier et de la démoralisation populaire, et le meilleur terreau pour la prospérité du FN ; C’est à cette raison, bien que totalement à contre-courant, que nous avions refusé en 2002 de voter Jacques Chirac au deuxième tour des élections présidentielles. Sans ce positionnement de « toute la gauche » Jacques Chirac n’en aurait pas moins était élu, avec 58, 51 ou même 48 % des suffrages. Ce que redoutaient alors les « caciques », ce n’était pas tant le risque nul, pour des analystes sérieux, de victoire de Jean-Marie Le Pen, que la déstabilisation durable des institutions de la 5ème République qui en résulterait d’un score relatif du candidat du RPR, premier parti d’alternance. Le mouvement d’union républicaine d’alors, dont les résultats électoraux prouvèrent l’inutilité pour l’usage déclaré, servit en vérité, quand l’élimination de Lionel Jospin, l’autre candidat de l’alternance, mettait à mal le système institutionnel, à le faire rebondir dans l’instant en le plébiscitant, en la personne de Jacques Chirac. C’est à cette raison que nous avons maintes fois suggéré dans moult articles, à Jean-Luc Mélenchon et au « Front de Gauche », de tracer une voie alternative en totale rupture avec le PS. Car donner à penser que l’on reste en lien, dépendant de ce parti par cette filiation « d’une gauche » qui trahit les intérêts populaires, c’est ce condamner à l’échec assuré. Pourquoi voudriez-vous en effet que des électeurs qui exècrent dès-lors le PS, « la gauche libérale » qui les trompe depuis si longtemps, portent leurs suffrages sur le « Front de Gauche » aussi longtemps qu’ils seront convaincus qu’en définitive, au bout du compte, ceux-ci se retrouveront encore dans l’escarcelle du PS pour poursuivre toujours la même politique. Persister dans cette voie c’est donner le sentiment aux électeurs qu’ils sont « piégés » et contribuer à leur démobilisation ou à leur colère, c’est creuser un peu plus le lit de l’avènement du FN. C’est à cette raison encore que nous avons refusé de nous ranger au pas de l’oie dans « l’Union Nationale » de ces derniers jours, qui en aspirant à agglomérer les français de toutes conditions dans un magma politique informe, ouvre encore plus grande l’avenue du pouvoir au FN qui devient ainsi la seule alternative, obligatoire. Alors, quand le bureau politique de l’UMP dit « ni ni » parce qu’il refuse de pousser un peu plus avant l’assimilation et la confusion « des genres », pour en revenir à la formulation ancienne de Raymond Barre, Quand il refuse de ressusciter « la cohabitation » et de « l’institutionnaliser » sous la forme nouvelle d’une « Union Nationale » anti FN, comment pourrions-nous faire autre chose que de lui donner raison. Bien que la solution simpliste « tous ensemble contre le FN » puisse paraitre à certains la meilleure façon de lui faire barrage, nous maintenons et réitérons notre propre position. C’est au contraire le retour à la claire séparation des genres, la mobilisation vraiment à gauche de l’électorat, le retour aux valeurs de la lutte, qui sont les véritables remèdes à l’actuelle ascension du FN Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Mercredi 4 févier 2015.
