LA MÉMOIRE MUTILÉE 70ème anniversaire de la libération des camps

LA MÉMOIRE MUTILÉE70ème anniversaire de la libération des camps Ce sera la honte de ces cérémonies du soixante-dixième anniversaire de la libération des camps nazies. La Pologne, organisatrice, parce que « hôte » du camp d’Auschwitz, n’a pas invité à ces cérémonies, le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, alors même que ce camp, le premier libéré, le fut par l’armée rouge de l’Union Soviétique. Cet épisode qui témoigne de l’esprit de « guerre froide » (ou chaude) qui s’empare à nouveau de l’Europe, témoigne aussi d’une volonté délibérée de réécrire l’Histoire.*L’horreur nazie de « la solution finale » industrielle, son préalable de « la Shoah par balles », ne font aucun doute pour nous qui ne sommes ni « révisionnistes » ni « négationnistes ». Ce drame à l’échelle de l’humanité toute entière a bercé notre enfance, marqué notre jeunesse et notre formation mentale. Nous nous inclinons et pleurons encore, soixante-dix ans après les faits, des larmes amères sur les innombrables victimes, et leurs douleurs indicibles. C’est du révisionnisme historique en effet que de nier cela. Et nous combattons sans ménagements ceux qui s’y avisent, bien que nous ne soyons pas certains que la loi et l’arsenal judiciaire soient de vrais bon moyens de former les consciences ni d’entretenir les braises de la mémoire. Mais, la négation de l’holocauste des juifs, n’est-ce vraiment que cela le révisionnisme historique? Non ! Il n’y a pas qu’un décryptage possible de l’histoire. Selon les nations, les classes sociales, les groupes humains auxquels on appartient, on peut en faire des lectures différentes. C’est en quoi les « lois mémorielles » qui entendent donner de certains épisodes historiques une interprétation officielle obligatoire, sont anti historiques. Mais nul ne peut, sans tomber dans les travers « du révisionnisme », nier des faits avérés dont l’occultation est de nature à fausser l’interprétation des épisodes de l’Histoire. Or, c’est ce qui advient de nos jours avec l’interprétation officielle de « la solution finale » hitlérienne. Nous ne parlons pas là du « négationnisme » à la Faurisson, dont notre préambule a montré combien nous en étions éloignés, mais d’une autre forme de révisionnisme historique, peut-être plus insidieuse, mais non moins néfaste et condamnable. Celle qui, en se focalisant sur « la Shoah » oublie tant les autres circonstances environnementales de l’hitlérisme et de la seconde guerre mondiale, quelle rend ces évènements inintelligibles. L’ascension d’Hitler au pouvoir, la seconde guerre mondiale, la solution finale de la question juive », tout cela s’expliquerait par la folie d’un homme et son antisémitisme obsessionnel. La part individuelle des hommes à l’Histoire est certaine pour autant que l’on comprenne que l’Histoire invente les hommes dont-elle a besoin. Hitler, instrument de l’accomplissement de l’histoire porte une responsabilité écrasante. Pour autant il n’était pas seul, Il s’est agi d’un peuple tout entier, que dis-je, de plusieurs dizaines de peuples d’Europe, de centaines de milliers d’hommes et femmes. De même, s’est-il agit du seul système politique qu’était « Le nazisme Allemand ? ». Que nenni ! Il s’est agi d’un système politique certes, mais plus généraliste, « le fascisme » décliné sous diverses formes dans toute l’Europe, en Hongrie, en Italie, en Espagne, en Croatie, etc. et dont l’hitlérisme ne fut que la déclinaison germanique. Et cette seule remarque suffit à souligner toute l’insanité des interprétations « Shoaistes » de ce chapitre de l’Histoire et de l’irrecevabilité de tous « les apocalypses Hitler » et autres lectures du même tonneau. Non, la deuxième guerre mondiale n’a pas été faite dans le but unique de l’extermination des juifs d’Europe. Cette focalisation historique autour de la Shoah, sert aujourd’hui ceux qui veulent tétaniser les consciences, et transmettre la culpabilité des générations passées aux générations actuelles afin de faire taire toute critique de la politique Israélienne, au prétexte que l’Etat d’Israël est un « Etat Juif » (descendant) des victimes de la Shoah.. Elle sert aussi les Pouvoirs » occidentaux qui préfèrent dissimuler certains aspects par trop éclairants et accusateurs de la réalité historique. Les circonstances qui ont conduit à la seconde guerre mondiale et à la mise en œuvre de « la solution finale de la question Juive », s’enracinent profondément dans la première guerre mondiale et dans les conditions du règlement de celle-ci. La première guerre mondiale fut engendrée par une dispute impérialiste, France, Angleterre, Allemagne, pour le partage du monde, les possessions coloniales, en Afrique tout particulièrement. Or la défaite de l’Allemagne laissait en quelques sortes cette question entière. Pire même, puisque la France et l’Angleterre victorieuses faisaient dès lors leur loi en Europe et dans le monde. Pire, car il y eut les abominables traités de Versailles, de Saint Germain, de Trianon et j’en passe, qui démembrèrent l’Empire austro-Hongrois, l’Empire Ottoman, Humiliait l’Allemagne (et même l’Italie, pourtant dans « le camp des vainqueurs »), et faisait peser sur elle un fardeau terrible. Il y eut pour finir ce chapitre, l’inique occupation Française de la Ruhr (Janvier 1923, Août 1925) qui précipita l’Allemagne dans la faillite économique et la Famine. Il y avait-eu en 1917 la révolution Russe « des ouvriers et des paysans ». L’impact de celle-ci avait précipité la démoralisation des troupes allemandes sur le front de l’Est et préparé les conditions de la révolution Allemande de novembre 1918. C’est pour juguler celle-ci que les sociaux-démocrates Allemand ayant volé au secours du capitalisme chancelant fondèrent la République de Weimar et conclurent dans l’urgence l’armistice de 1918. Cette circonstance explique la haine que de nombreux allemands, à l’arrière, vouèrent dès lors à ce qu’Hitler appela plus tard « la honte de novembre », à la République de Weimar son héritière, à la Social-démocratie son maitre d’œuvre, à la révolution ouvrière d’inspiration marxiste, à la révolution Russe qui avait engendré tout cela, et aux Bolchéviks et « Judéo-bolcheviks » qui en étaient des acteurs essentiels. L’Hitlérisme, sécrétion du « revanchisme » Allemand, n’est pas venu comme cela, par la seule haine du Juif. Le juif, dans les années vingt était surtout haï comme « Judéo-bolcheviks. Les juifs en effet étaient extrêmement nombreux dans les organisations ouvrières, les syndicats, les partis révolutionnaires, l’internationale communiste qui venait d’être crée sous l’impulsion de la révolution Russe. C’est ainsi à la chasse « aux Judo-bolcheviks » plus qu’à celle des Juifs eux-mêmes que se lança d’abord le régime Hongrois de l’Amiral Horty, mis en place avec l’aide de la France, sur le sang de la révolution socialiste de Bella Kun. Nier, oublier, cette association pathétique l’association dans le martyre du Juif et du Bolchevik, qu’il soit cause de l’ignorance ou de la perversité, est dans tous les cas une insulte à l’Histoire dont elle interdit l’intelligence. L’Hitlérisme, sécrétion du « revanchisme » Allemand, n’est pas venu comme cela, par la seule haine du Juif. Fidèle au Principe de « Dual containment » qui fondait sa politique européenne, l’Angleterre de Lloyd Georges et Chamberlain, voyait d’un mauvais œil la puissance sustentée de la France et l’abaissement de l’Allemagne, consécutif à la première guerre mondiale. C’est pourquoi, chacun le sait, sans en avoir pris peut-être l’exacte mesure, l’Angleterre et les États-Unis (l’industriel Ford par exemple) prirent une part non négligeable au relèvement économique de l’Allemagne et à son réarmement. D’où la honte des accords de Munich (1938). Puis, la Machine de guerre allemande se mettant en marche, et contrainte par le jeu des alliances, l’Angleterre, sous l’impulsion de Churchill changea de politique ce qui la conduisit, en accord avec la France, a déclarer la guerre à l’Allemagne, (septembre 1939), à la suite de l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht. La guerre était déclarée mais n’avait pas lieu. La France et l’Angleterre restaient l’arme au pied. Ce fut ce que l’on appela la « drôle de guerre ». Or, celle-ci s’explique aussi. Les puissances occidentales et l’Église vaticane, voulaient instrumentaliser le Reich hitlérien comme une machine de guerre contre « le communisme », contre l’Union Soviétique. C’est pourquoi ils voulaient laisser les mains libres à Hitler qui par son expansion à l’Est jalonnait sa route de Moscou. Certains se sont interrogé parfois, pourquoi les américains, les Anglais, le Vatican, qui étaient informés des sévices faits aux juifs, ne volèrent pas à leur secours. Ça n’était pas leur problème du temps, il ne fallait pas enrayer là la machine de guerre Hitlérienne, il fallait lui donner le temps d’accomplir sa besogne d’égorgement de l’Union Soviétique. On s’est étonné, on s’étonne parfois encore du silence de l’Église vaticane et du pape Pie XII, pourtant parfaitement informés. Mais ceux qui s’étonnent en vérité sont déjà dans le mensonge et le dénie. Car la politique de l’Église, ce ne fut pas celle du silence mais celle de la complicité, totale et active. C’est le nonce Pacelli, (futur Pie XII) qui par l’entremise du parti « Zentrum » et de son chef « Von Papen », négocia la nomination d’Hitler à la Chancellerie en échange d’un « concordat » entre l’Allemagne hitlérienne et le Vatican. Par maints évènements, en Croatie, en Espagne, en Italie, en Hongrie, en Ukraine, où partout les partis catholiques étaient impliqués, la responsabilité directe de l’Église est avérée. L’Église en effet avait sa part à la deuxième guerre mondiale, elle vit elle aussi, dans la machine de guerre Allemande l’instrument de la « colère divine » qui allait égorger « les sans Dieu ». C’est pourquoi elle aussi se taisait car elle voulait donner le temps à Hitler d’accomplir sa « mission divine ». Le Pape François récemment, réagissant, aux Philippines, aux attentats terroriste en France, a évoqué les péchés d’intolérance de l’Église, la Saint Barthélémy, l’inquisition… Il a omis celui-ci, la grande croisade anti communiste athée, que fut la deuxième guerre mondiale au sens de l’Église. L’Hitlérisme, sécrétion du « revanchisme » Allemand, n’est pas venu comme cela, par la seule haine du Juif. L’antisémitisme datait de bien avant. Il était une plaie qui rongeait depuis des siècles la conscience européenne ? L’antisémitisme a d’abord un fondement religieux la haine voué « au peuple déicide » qui a tué « le seigneur Jésus-Christ ». Nous ne nous étendrons guère sur cet aspect. C’est lui toutefois, il convient de le dire, qui est le substrat sur lequel a pris corps l’antisémitisme moderne de l’époque industrielle L’antisémitisme moderne à rejaillit sur le fumier du substrat religieux, comme exutoire aux maux et humiliations engendrées par la civilisation industrielle. Deux circonstances environnementales fortes expliquent la place prise dans l’histoire par l’antisémitisme nazie : celle de la tradition encrée dans le sentiment religieux, dont Luther lui-même s’était fait l’écho et le propagateuravec son ouvrage « Von den juden und irhen Lügen », Celle de la poussée révolutionnaire et du bolchévisme auquel les Juifs par leur engagement massif, avait une part importante. Voilà les raisons pour lesquelles la négation de l’union indéfectible du Juif et du communiste dans la « martyrologie » des deux décennies entre guerres qui ont préparées le lit de la seconde guerre mondiale, est le préalable indispensable à la négation des dégâts qu’ont engendrés les idéologies contrerévolutionnaires et anticommunistes. Voilà pourquoi, tous ceux qui portent cette responsabilité là et l’assument d’une certaine manière encore aujourd’hui, s’accommodent tellement de la focalisation sur le seul martyre des Juifs qui leur permet de brouiller, voire d’occulter tout le reste. L’impérialisme américain fondé sur la légende de « la libération » et de la « Liberté », la France qui sait trop sa responsabilité indéniable dans le rebond du « revanchisme allemand », conséquence de ses humiliations et de son arrogance, Le Royaume-Uni qui sait sa félonie dans le réarmement de l’Allemagne et son instrumentalisation comme machine de guerre anti soviétique, l’Église qui sait sa complicité active dans ce qui était pour elle une sainte croisade contre « les sans Dieu », toutes ces forces ont des intérêts particuliers, se conjuguent et se coalisent pour réécrire l’Histoire en niant leurs responsabilités. Simple opération de chirurgie esthétique de la mémoire. Mais comme il arrive quelquefois en matière de chirurgie esthétique, l’intervention qui devait réparer ou embellir, apaiser les souffrances, provoque la blessure la plus grave, les dégâts les plus horribles, les plus intolérables. C’est ce qui advient avec cette volonté moderne de réécrire l’Histoire. Elle livre aux générations présentes et futures, une mémoire mutilée La mémoire façonnée par un traitement de chirurgie esthétique de l’Histoire, ce n’est plus la « mémoire », c’est de la propagande Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Mardi 25 janvier 2015

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