UN PEU D’EAU … BÉNITE DANS LE VIN DE LA SAOULERIE OFFICIELLE

UN PEU D’EAU … BÉNITE DANS LE VIN DE LA SAOULERIE OFFICIELLE Au journal de 20 heures, hier sur « France 2 », David Pujadas a voulu semble-t-il mettre un peu de mesure dans l’unanimisme de commande. Tous les Français ne sont pas allés manifester dimanche, tous les Français ne sont pas « Charlie ». « Bon sang, mais c’est ben vrai ça ! »i. Reviendrait-il à la raison ? 1 – Tous les Français en effet ne sont pas allés manifester dimanche passé. Nous avons fait dans ces colonnes, une analyse de la participation physiquement possible et avons montré que les chiffres annoncés par la presse « enthousiaste » étaient pour le moins sur évalués, probablement d’un bon tiers. Un million sept cent milles à Paris ? S’était plus vraisemblablement neuf cent milles ou un million. Quatre millions et demi dans tout le pays ? S’était plus vraisemblablement Trois. Bon, ne mégotons pas. Trois ou quatre et demi, où est le problème ? Dans tous les cas l’émotion était grande et les manifestations gigantesques. Nous prendrons ces deux chiffres comme une fourchette des possibles. Considérons les manifestations comme une sorte de scrutin pédestre. Il y a en gros 45 millions d’électeurs en France. Si donc les manifestations ont réunis trois millions de personnes comme nous le subodorons, cela fait un taux de participation au « scrutin » de 6,6 %. Mais nous l’avons dit ne mégotons pas, prenons pour réel le chiffre de quatre millions et demi, dans ce cas cela fait un « taux de participation » de 10.%. Pour un scrutin pédestre, ce sont quel que soit le cas des taux de participation énormes. Mais cela, avec 90 à 93,3 % d’abstention, laisse de la place pour la mesure et la modération. Bien sûr, parmi les quarante-un millions d’électeurs qui se sont abstenus, beaucoup, la quasi-totalité croyons-nous, partageaient pourtant la même émotion et la même colère que les « votants à pieds ». Mais ils n’ont pas participé aux manifestations pour les raisons les plus diverses. Travail, astreintes, maladies, vieillesse, impossibilité physique, désaccord avec l’Union nationale, refus de manifester avec ceux qui sont cause des maux populaires, refus de s’identifier pour autant à « Charlie » refus de justifier le blasphème ou l’acharnement anti musulman, refus de valider les discours belliciste et la politique internationale agressive de la France, refus de manifester dans les pas du roi de Jordanie ou de Benyamin Netanyahou, etc. et bien d’autres probablement qui nous échappent. Dans tous les cas largement de quoi s’interdire de focaliser sur le succès des manifestations si l’on ne veut pas être aveugle de la réalité. 2 – Tous les français ne sont pas Charlie. A l’appui de cette affirmation enfin réaliste David Pujadas nous propose de regarder un petit reportage. Des Français qui condamnent tout autant que les autres les attentats, le terrorisme, la mort des journalistes, défendent la « liberté de la presse » et la « liberté d’expression, mais qui disent leurs raisons de ne pas vouloir « être Charlie ». C’est bien. Mais une limite toutefois. La quasi-totalité des témoins interrogés dans ce reportage sont des arabes ou de confession musulmane. C’est réducteur. La grande majorité de ceux qui ne sont pas Charlie, dont on ignore l’importance car ils étaient réduits au quasi silence, mais qui sont très probablement la majorité réelle, écrasante des Français, ne sont ni d’origine arabe, ni musulmans. Leurs raisons de se prévenir de céder au « réflexe de Panurge » sont multiple et n’ont rien à voir ni avec des racines ethniques ni « la foi ». Elles tiennent par exemple à leur refus de mêler leurs voix à celles « des trombines guerrières, à leur désapprobation, au-delà de la question de la liberté d’expression, de l’acharnement anti-Islam de Charlie Hebdo, à leurs conscience que la liberté d’expression qui n’est pas celle d’insulter, n’est pas non plus celle d’offenser. Nous nous adressons là aux hommes et femmes qui ont déjà vécu assez longtemps pour se prévaloir d’une certaine expérience. Ne vous est-il jamais arrivé dans le cours de votre existence, de tenir dans une assistance, des propos libres à votre sens, qui manifestement offensaient, sans que vous l’ayez souhaité, un ou plusieurs de vos auditeurs ? Que fîtes-vous en ce cas ? En avez-vous « rajoutez une couche » ? Nous, nous nous excusons et passons au plus vite à autre chose. David Pujadas allongeait donc hier le vin avec l’eau de la raison. Voilà-t-y pas que le Pape François, s’en est mêlé aussi, y versant un grand verre d’eau bénite. A treize heures le reporter qui en faisait état, pour un peu aurait insulté le Pape. Au 20 heures, David Pujadas lui, cite et laisse couler au plus vite sans en signaler la portée dans le contexte présent. Ça s’appelle faire le dos rond. Or le propos du Pape a la tonalité d’un désaveu glacé pour tous le branle-bas médiatique et le positionnement des autorités françaises dans cette affaire. Jugez-en vous-même. Le Pape : « Je crois que ces deux droits humains sont fondamentaux: la liberté religieuse et la liberté d’expression. Vous êtes français non? Alors, allons, Paris: parlons clairement!… On ne peut pas cacher une vérité aujourd’hui: chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement, et nous voulons tous faire ainsi. Deuxièmement, on ne peut pas offenser, faire la guerre, tuer au nom de sa religion, c’est-à-dire au nom de Dieu. Ce qui se passe maintenant nous surprend, mais pensons toujours à notre histoire: combien de guerres de religion avons-nous connues! Pensez seulement à la nuit de la saint Barthélemy! Comment comprendre cela? Nous aussi nous avons été pécheurs sur cela, mais on ne peut pas tuer au nom de Dieu, c’est une aberration. Tuer au nom de Dieu est une aberration. Je crois que c’est le principal, sur la liberté religieuse: on doit le faire avec la liberté, sans offenser, mais sans imposer ni tuer. La liberté d’expression à présent. Non seulement chacun a la liberté, le droit et aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun: l’obligation! Si nous pensons que ce que dit un député ou un sénateur – et pas seulement eux mais tant d’autres – n’est pas la bonne voie, qu’il ne collabore pas au bien commun, nous avons l’obligation de le dire ouvertement. Il faut avoir cette liberté, mais sans offenser. Car il est vrai qu’il ne faut pas réagir violemment, mais si M. Gasbarri , qui est un grand ami, dit un gros mot sur ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing! C’est normal… On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi! » Dans l’avion, entre le Sri Lanka et les Philippines, le pape François répondait aux questions des journalistes dont une portait sur Charlie Hebdo. Propos recueillis par l’agence romaine I.Media . (5source « le Home Figaro ») Conclusion. IL a bien de la chance Monseigneur Jorge Mario Bergoglio. D’être le Pape François premier, car sans cela il se serait probablement retrouvé en garde à vue avec Dieudonné, pour apologie du terrorisme. Vendredi16 janvier 2015.

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