REPRENONS NOS ESPRITS. Ce serait le « plus grand évènement » de ce genre, de toute l’histoire de notre pays. C’est nous semble-t-il, aller un peu vite en besogne que de le dire, et faire peu de cas de la manifestation du 13 février 1962 en réaction au massacre du métro Charonne. Il faut dire que cette fois, le pouvoir politique qui appelait à la manifestation était « juge et parti ». Lorsqu’il y a quelques mois par exemple, « le Front de Gauche » appela à une manifestation « pour une révolution fiscale » le 1er décembre 2013, les organisateurs décomptèrent 100 000 manifestants au moins là où les services du ministère de l’intérieur n’en avaient vu que 7 000. Pareil désagrément ne pouvait se produire cette fois, et chacun, est tenu de prendre pour réel les chiffres que nul ne conteste. Nous n’y étions pas, comme vous savez. Y aurions-nous été, à raz de macadam, et n’étant pas plus sorcier que les autres, nous n’en aurions pas su d’avantage sur la participation réelle, et aurions été réduits à nous esclaffer : « c’est fou ce qu’il y avait de monde » Nous n’avons aucune intention de contester les chiffrages officiels. Nous n’en avons ni les moyens techniques, ni les raisons politiques. Nous n’y étions pas car nous l’avons dit, se profile derrière une récupération politique et une manipulation d’opinion, auxquelles nous ne voulions pas apporter notre contribution. Mais nous partageons par ailleurs l’émotion de nos concitoyens qui ont pris part à ces manifestations, et savons que dans leurs grande majorité ils n’ont voulu exprimer que cela et que pour le reste ils sont victimes et ne pouvons leur en faire grief. Nous ne voulons donc pas contester les chiffres, nous aspirons seulement à invoquer l’esprit de mesure là où ne parle que celui de l’enthousiasme aveugle, et les bornes de la « raison » là où s’envole la phraséologie de l’esprit lyrique. Les bornes de la raison sont celles des réalités physiques indépassables. Il y a des espaces qui s’expriment en surface, et une capacité à les occuper qui se décline en « densité ». Nous sommes donc allés sur Wikipédia et autres Sites internet rechercher la surface de la place de la République, les longueurs des avenues la réunissant à la place de la Nation par trois itinéraires, ainsi que celles d’autres rues et avenues environnantes de la place de la République. A défaut de renseignements plus précis nous avons estimé à trente mètres les largeurs des boulevards et Avenues (de la République, Voltaire, Filles du Calvaire/ …. : Beaumarchais, du temple, Saint-Martin et Magenta, Richard Lenoir. A 12 mètres celles des rues Amelot, Faubourg du temple, Léon Jouhaux.) Nous sommes disposés à affiner encore nos calculs et donc preneurs de toutes informations techniques complémentaires que vous pourriez nous apporter. Ces bases étant posées, concernant la définition des espaces, parlons de la méthode que nous avons appliquée concernant les calculs de densité. Nous avons imaginé, des espaces occupés par une foule compacte stationnaire de 6 personnes au mètre carré. Croyez-nous, cela est à la limite du possible. Il s’agit alors de personnes au « touche à touche », « esquichées comme des sardines », comme on dit à Marseille, ne pouvant pas marcher. Une telle réalité n’existe dans les faits que de courts instants, par exemple sur les plates-formes des voiture du métro ou du RER et sont à la limite du supportable. Mais admettons, c’est une hypothèse mathématique, qu’il en était ainsi. La foule s’est massée depuis plusieurs heures sur la place de la République et dans tous les espaces environnants, boulevard Magenta, rue Léon Jouhaux, Boulevard Saint Martin, Boulevard du Temple, Boulevard des filles du calvaire, rue Amelot, Boulevard Voltaire, Avenue de la République, ……. Sur toute la surface de la place de la république 3, 4 hectares, du boulevard Voltaire 8,5 hectares, de l’avenue de la République 4,8 hectares, des boulevards filles du calvaire/ …./Beaumarchais ….., de la rue Amelot, de l’avenue du temple (sur 300 mètres) 0,9 hectare ….., du Bouleverd Saint Martin jusqu’à la porte Saint Martin 1,2 hectare, du Boulevard Magenta jusqu’à Jacques Bonsergent 0,9 hectare. Soit un total de 20 à 22 hectares environ, tous ces espaces réunis auraient contenu : 1 million 200 à 1 million 320 000 000 personnes. Cela donne un plafond à ne pas dépasser si on souhaite rester sérieux. Mais la réalité doit être modulée par bien d’autres facteurs. Le mobilier urbain tout d’abord. Statuts, barrières, colonnes Morris, bancs, lampadaires, arbres, fontaines, réduisent la densité admissible. La marche ensuite. Sur la place de la République, lieu officiel de rassemblement, les gens ont afflués et ce sont pressés de longues heures. La densité qui n’atteignait certainement pas celle, hypothétique, que nous avons définie, n’en était pas moins très élevée. Mais sur les boulevards, quand la manifestation se met en mouvement, il faut bien un peu de place pour mettre un pied devant l’autre, la densité au mètre carré est nécessairement plus réduite. Nous avons choisi de l’évaluer très haut tout de même, à 4 personnes par mètre carré, ce qui contraint à une marche fort lente et en canard en cognant régulièrement les talons de votre prédécesseur. Dans ce cas les mêmes espaces que nous avons définis auraient contenus 950 000 personnes environ, considérant que la densité maximum a subsisté très longtemps place de la République. Puis une autre idée nous est venue. Il doit bien exister des méthodes officielles de décomptage des manifestations. Nous nous sommes rendus sur Wikipédia et nous avons trouvé une fiche « Comptage de foule » « La tâche …Elle est plus difficile et moins précise lors d’évènements pour lesquels l’entrée n’est pas contrôlée, prenant place par exemple dans la rue ou dans un parc. Il s’agit alors d’estimer le nombre de personnes présentes dans la foule selon sa superficie et sa densité. » Surface et densité, il s’agit, vous le constatez, de la même méthode que nous proposions de manière profane. « La police et les syndicats utilisent des méthodes comparables pour compter les manifestants, en se basant sur la longueur du défilé, la largeur des rues, le nombres de personnes par rangée et la vitesse à laquelle elles avancent….Mais certains critères diffèrent selon le compteur. Ainsi, les syndicats choisissent généralement de prendre en compte les personnes présentes sur les trottoirs, mais pas la police qui considère cet espace comme traditionnellement réservé au service d’ordre encadrant le cortège. » Nous avons-nous, compté la totalité des espaces disponibles, comme occupés par des manifestants. « Police et syndicats utilisent également différents chiffres de référence pour la densité de la foule. D’après le syndicat Force ouvrière, … la police compte une personne par mètre carré alors que les syndicats comptent une personne et demie sur un mètre carré dans un cortège serré. » Une personne par mètre carré pour la police, Une et demi pour les syndicats, et cela dans un cortège dit serrés ? Nous en avons compté 6 en situation stationnaire et 4 en situation de marche. Vous voyez que nous n’avons pas été mal intentionné, au contraire. A la sauce traditionnelle « préfecture de police », ou « syndicale » la manifestation de dimanche 10 janvier aurait du être décomptée à 200 ou 240 000 pour la police, et 300 ou 360 000 pour les syndicats. CONCLUSIONS : 1 – Notre étude démontre l’impossibilité des chiffres annoncés qui devraient être réduits d’au moins un bon tiers. 2 – A l’évidence pour rendre compte de la participation aux manifestations d’avant-hier les services de la préfecture n’ont pas appliquées leurs propres règles. Mardi 12 janvier 2015.
